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Nous continuons avec vous notre voyage au coeur de la  collection Vérité des mythes, qui vous offre en ce moment  une entrée pour l'exposition Titanic pour deux ouvrages de la collection achetés.

Après  Les lamelles d'or orphiques et la fin du monde, place au théâtre !

 

 

 

 

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Lucie Thévenet, Le personnage du mythe au théâtre, La question de l’identité dans la tragédie grecque, Paris, Les Belles Lettres, 2009, 366 pages, 35,50 €. 

 

« Quand le théâtre contemporain parle de la crise du personnage, de sa déconstruction, il n'est pas inutile de se pencher sur sa constitution à travers l'exemple fondateur de la tragédie grecque, pour y interroger la prétendue unicité du personnage.
C'est l'objet du livre de Lucie Thévenet. Il met au jour la tension qui, chez Eschyle, Sophocle et Euripide, se crée entre les différents éléments du mythe et le passage à la scène, puis, de pièce en pièce, dans les parcours que dessinent les réemplois des mêmes personnages mythologiques et les échos de leurs trajectoires.
Dans le labyrinthe du moi, un fil directeur : lire les passages dans lesquels le personnage énonce sa propre identité, avec l'idée que la parole sur l'identité personnelle, affirmée ou niée selon le type de scène, renseigne sur la construction du personnage, dans son trajet du mythe au théâtre, jusque dans l'élaboration de sa dimension tragique même. »

 

 

 

Note de la librairie :

 

Cet essai se distingue par l’éclectisme des sources convoquées : au-delà du corpus traditionnel des grands tragiques grecs et des professeurs en dramaturgie que furent Homère et Aristote, l’auteur s’appuie également sur les éditions des fragments parvenus jusqu’à nous comme sur les commentaires des plus grands spécialistes du théâtre antique.

Outils aussi précieux qu’utiles, des index permettent de se repérer aisément parmi la richesse des références et de se reporter instantanément aux passages exacts de l’ouvrage abordant les identités protéiformes de tel ou tel personnage.

 

INTRODUCTION- Extrait :

 

« La fascination toujours renouvelée pour les figures qui peuplent la mythologie antique trouve une expression particulière dans le passage à la scène, qui procure au public la satisfaction sensible de voir et d’entendre les personnages légendaires. La tragédie grecque nous offre ainsi la possibilité d’aller à la rencontre de ces « personnages-statues » qui hantent notre imaginaire et le constituent. Pourtant, le passage à la scène, en animant ces personnages-statues, leur confère aussi, et nécessairement, une existence particulière, comme dans tout traitement littéraire ou artistique. Il faudrait ainsi considérer le personnage tragique comme l’émanation, l’avatar possible d’un personnage-référent qui lui préexiste, et avec qui il entretient une relation d’interaction subtile et paradoxale : il lui sert de modèle, mais dans le même temps, il se trouve chaque fois modifié, altéré, par cette nouvelle émanation de lui. Médée ne sera plus jamais la même après la Médée d’Euripide. Le personnage de tragédie se situe ainsi au coeur d’influences et de références diverses, à la fois héritier de ce qui le précède, et précurseur de ce qui lui succède, comme une sorte de chaînon nodal de sa propre existence. » p. 10

 

 

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Pascal Thiercy,  Aristophane. Fiction et dramaturgie, Paris, Les Belles Lettres, 2007, 410 pages, 19 illustrations noir et blanc, 37,60 €.

 

« Les comédies d'Aristophane furent présentées dans des conditions très particulières, celles des concours dramatiques athéniens du Ve siècle avant J.-C. Lors de la composition de ses pièces, le poète devait tenir compte des contraintes du réglement et des possibilités offertes par la mise en scène : acteurs, solistes, décors, machines. Aristophane sut se plier à ces exigences pour faire triompher ses œuvres, tout en inventant une technique dramaturgique aussi précise que discrète : ses pièces présentent ainsi une structure très cohérente et forment une œuvre d’une indiscutable unité.
La fiction scénique d’Aristophane, souvent teintée de grotesque, toujours fondée sur un raisonnement de type syllogistique, fait appel à des structures dramaturgiques qui assurent une densité remarquable à la composition. Les héros comiques, qui évoluent dans ce monde où les valeurs courantes sont systématiquement inversées, s’intègrent à ces structures ; ils suivent même souvent un itinéraire initiatique qui leur permet d’accéder à la clairvoyance ou à la puissance, tout en restant étroitement liés à la réalité athénienne qui se déploie à l’arrière-plan. »

 

 

 

Note de la librairie :

 

Lire Aristophane, c’est connaître l’Athènes du Ve siècle, écrivait Platon. Si le livre de Pascal Thiercy est bel et bien une mine d’informations sur les mœurs et les habitudes de la Cité, il s’intéresse moins aux « coulisses » politiques et démagogiques décrits et le plus souvent dénoncés par Aristophane qu’à ce qui se déroule au « premier plan », sur la scène même du théâtre. Le lecteur est d’abord plongé dans la réalité matérielle d’une représentation avant d’être invité à découvrir ce qui fait le vrai génie de l’auteur : l’unité de chaque comédie, une action dramatique toujours maîtrisée, la variété des personnages, l’originalité de la composition…

 

 

Extrait :

 « Au Ve siècle av. J.-C., les auteurs comiques d’Athènes déclarèrent une guerre véhémente à l’esprit nouveau qui envahissait la Cité, et essayèrent de le tuer par le ridicule. Le plus illustre d’entre eux fut Aristophane, qui tenta dès ses premières pièces de remédier par le bon sens et par le rire à la crise très réelle dont il était le témoin, estimant que le salut d’Athènes résidait dans l’attachement au passé et aux vertus ancestrales. Il était d’ailleurs loin d’avoir tort, car si l’on considère les meneurs politiques qui succédèrent à Périclès, on peut estimer qu’Aristophane avec son Marchand de boudin était un véritable prophète.

Les préoccupations de la jeunesse, les ravages de la guerre et de la peste, la manie des dénonciations et des procès, l’influence néfaste des courants de pensée nouveaux introduits par les Sophistes, les modes pernicieuses littéraires ou artistiques, la mauvaise gestion des affaires et l’aventurisme des démagogues, la dégénérescence du sens civique et morale des Athéniens, l’appauvrissement général d’une population réduite à la misère, en un mot le malaise qui accompagne toutes les grandes époques de transition, tout cela avait assombri l’âme des Athéniens. Aristophane entreprit de dérider ses contemporains par des comédies dont ils faisaient les frais avec les maîtres du jour. Les événements politiques et sociaux, les idées et les mœurs, les nouveautés poétiques et orchestiques, tous les goûts de l’époque se révélèrent une mine inépuisable d’allusions et de plaisanteries de toutes sortes, et donnèrent naissance à une œuvre comique incomparable. » p. 366

Gaëtan Flacelière.


 

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