Incipit:

« Ô Amérique, contrée bénie dont un chant qui est presque un deuxième hymne national exalte les vastes horizons et les vagues d’ambre des champs de blé, a-t-on jamais vu au monde tant d’hommes riches et puissants payer et tolérer tant d’édifices parfaitement détestables à leurs yeux ?
Franchement, j’en doute. Tous nos enfants vont en classe dans des bâtiments semblables à des entrepôts de pièces détachées pour machines à polycopier. Personne, jusqu’aux membres des commissions scolaires qui ont commandité le bâtiment et approuvé les plans, ne saurait dire comment on en est arrivé là. L’essentiel est d’éviter d’avoir à fournir des explications aux parents. »

 

 

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Tom Wolfe, Il court, il court, le Bauhaus, traduit de l’américain par Claudia Ancelot, Paris, Les Belles Lettres, 2012, 131 pages, 13 €. Vient de paraître.

 

 

Oui, il court, il court, le Bauhaus. Et nul ne sait où s’arrêtera l’invasion de ce style international, abstrait et incolore. Parce que la beauté est inséparable d’un certain art de vivre, Tom Wolfe (créateur avec Norman Mailer ou encore Truman Capote du « Nouveau Journalisme »),  s’attaque avec une férocité tonique à cette nouvelle scolastique, dénonçant ses dévots, ses clercs et ses dieux.

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