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Laurence Gauthier, Jacqueline Zorlu, Paris en latin, Paris en latin. Legenda est Lutetia. Grands et petits secrets des inscriptions latines dans la capitale, Parigrammes, broché, 176 pages, 11.90€.

 

 

C'est bien à tort qu'on dit du latin qu'il est une langue « morte » tant il s'écrit et s'expose sur les murs de Paris. Le promeneur peut le constater aisément : nombreux sont les monuments parisiens ornés d'inscriptions plus ou moins longues, aux frontons ou dans les recoins, à l'intérieur comme à l'extérieur. On apprendra ainsi pourquoi la Louve allaitant Romulus et Remus a pris ses quartiers dans un petit square, quelles sont les qualités valant à Louis XVI un monument à sa gloire, comment Louis XVIII utilisa dans un but politique la dévotion que le peuple vouait à Henri IV, quel fut le rôle des ingénieurs dans l'érection de l'obélisque de la Concorde... Décrypter ces curiosités, éclairer quelques mystères, méditer l'ambivalence de certaines inscriptions ou savourer leur résonance profonde, tels sont les plaisirs auxquels est convié le promeneur.

 

 


« Les catacombes

La mort parle latin.

1, avenue du Colonel Henri-Rol-Tanguy (14e)

[…]


OMNE CREDE DIEM TIBI DILUXISSE SUPREMUM

(Horace, Épîtres, I, 4.)

Crois que chaque jour qui commence à luire est pour toi le dernier.


A l’entrée, un avertissement de Virgile :


UMBRARUM HIC LOCUS EST

(Virgile, Énéide, VI, 50)

C’est ici l’empire de la mort.


            L’anthologie est très variée, elle emprunte aux poètes latins – Horace, Virgile, Ovide -, aux Grecs – Homère, Anacréon -, aux philosophes – Sénèque, Cicéron – et plus encore à la Bible, Ancien et Nouveau Testament. Les textes sacrés comme les écrivains grecs sont toujours cités en latin. Notons aussi qu’il y a souvent des erreurs de gravure.


            Virgile est fréquemment mentionné parce que le voyage d’Énée dans le monde des morts, au chant VI de l’Énéide (publié en 19 avant J.-C.), a été lu comme un poème de résurrection […]. De plus, la descente dans les catacombes évoque évidemment la catabase, descente aux enfers, épreuves que traversèrent pratiquement tous les héros antiques, d’Ulysse à Énée. On célèbre ainsi l’exceptionnel courage de celui qui affronte la mort et en revient, donc la vainc. Il y déploie sa force extraordinaire, souvent aidé d’un guide divin, Hermès ou la Sibylle, car revenir d’entre les morts n’est pas chose aisée.

 

            Les poètes sont donc aux côtés des Pères de l’Église et des citations de l’Ancien et du Nouveau Testament pour ajouter à la mort une touche de mélancolie. Consolation aux vivants, réflexions sur la condition humaine, préparation du chrétien, toutes ces inscriptions veulent aider celui qui les lit à lutter contre l’effroi qui le saisit, peut-être, devant cet « empire de la mort ». (p. 90)

 


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