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Jeudi 19 juillet 2012 4 19 /07 /Juil /2012 15:59

{La semaine précédente: L'enfance du christianisme}


 

 

Orphée et l'orphisme

 

 

 

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(Orphée charmant les animaux)

 

 

Une bibliographie établie et commentée par Stéphane Marbeau.

 

 

La figure d’Orphée traverse la culture occidentale. A l’origine, les sources nous font le récit d’un Orphée aventurier et compagnon des Argonautes dans leur quête de la toison d’or. Musicien inspiré, il rythme par son chant la progression de l’expédition. Ce sont les poètes qui prennent la suite dans la constitution du mythe. Virgile et Ovide, en particulier, centrent leurs récits sur le rapport tragique qui unit Orphée à sa femme, Eurydice, morte une seconde fois lors de la tentative de celui-ci de la délivrer des Enfers. Parallèlement au mythe qui s’élabore, les historiens et géographes, Strabon et Diodore les premiers, proposent des versions moins poétiques du destin d’Orphée. Les sources, cependant, ne sont pas constituées que de témoignages et de récits et nous avons conservé trace d’hymnes  et de poèmes sacrés attribués à Orphée (et Musée).
La combinaison de ces visages multiples d’Orphée, argonaute, amant déchu et poète revenu d’entre les morts, a donné naissance à un des principaux et plus secret culte de l’Antiquité : l’orphisme. Relayé par des prêtres prônant un mode de vie en rupture avec celui de la Cité, fondé sur la reproduction allégorique de la descente aux Enfers d’Orphée et mu par la croyance en la possibilité du salut de l’âme, l’orphisme hérite des cultes à mystère et pave la voie à la révolution chrétienne à venir.

Notre bibliographie suit ces différents moments : dans un premier temps, la figure d’Orphée argonaute ; dans un deuxième temps, le mythe d’Orphée et d’Eurydice puis, dans un troisième temps, les textes sacrés attribués à Orphée. On trouvera par la suite une sélection d’essais qui étudient Orphée et l’orphisme de manière transversale et enfin un choix de sources complémentaires, pour approfondir l’investigation.

 

 

I. Orphée argonaute

 

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Pindare, Œuvres. Tome II, Pythiques, texte établi et traduit par A. Puech, Les Belles Lettres, coll. C.U.F., 2003, 222 pages, 26,40 €.

 

Présentation de l'éditeur: "La région de Delphes, dominée par le Parnasse et ouvrant sur le golfe de Corinthe, était un des plus hauts lieux de la spiritualité grecque, d'abord dédié aux puissances chtoniennes, à la terre Gê, dont l’emblème était le serpent Python. Apollon, arrivé par la mer, aurait tué le serpent et pris possession des lieux. C’est cette victoire que commémoraient les jeux pythiques. Ils se déroulaient tous les quatre ans et comportaient deux séries d’épreuves, musicales et sportives. C’est aux vainqueurs de ces concours que s’adressent les treize Pythiques.

 

Notre édition expose de manière détaillée l’histoire des jeux et du sanctuaire. La notice générale présente en outre l’histoire du recueil et de la tradition manuscrite. Chaque poème, notamment la « Première Pythique » dédiée à Hiéron de Syracuse, et qui est un des plus beaux textes de Pindare, est précédé d’une notice ainsi que du schéma métrique, et accompagné d’abondantes notes."

 

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Pindare, Pythiques , texte établi par A. Puech, traduit par Michel Casevitz, notes et préface de Michel Casevitz, Les Belles Lettres, coll. Classiques en poche, 2012, 260 pages. *A PARAITRE en aout 2012*

Orphée fait partie des compagnons de Jason lors de la quête de la toison d’or en tant que « chef de nage » : celui qui donne, par son chant,  la cadence des coups de rame à donner. La Quatrième Pythique contient la première version qui nous soit parvenue de la quête de la toison d’or par les Argonautes.

 

 

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Apollonios de Rhodes, Argonautiques. Tome I, texte traduit par Émile Delage et Francis Vian, établi et commenté par Francis Vian, Les Belles Lettres, coll. C.U.F., 1974, 473 pages, 43,70 €.

 

Apollonios de Rhodes, Argonautiques. Tome II, texte traduit par Émile Delage et Francis Vian, établi et commenté par Francis Vian, Les Belles Lettres, coll. C.U.F., 1980 (2ème édition revue et augmentée, 1993), 212 pages, 35,50 €.


Apollonios de Rhodes, Argonautiques. Tome III, texte traduit par Émile Delage et Francis Vian, établi et commenté par Francis Vian, Les Belles Lettres, coll. C.U.F., 1981, 365 pages, 41,60 €.


  Présentation de l'éditeur: "« Je rappellerai les exploits de ces héros d'autrefois qui, par la bouche du Pont et à travers les roches Kyanées, sur l’ordre du roi Pélias, menèrent vers la toison la solide nef Argô », tels sont les premiers vers des Argonautiques d’Apollonios, sans doute l’auteur épique le plus célèbre après Homère. Le poème d’Apollonios relate le fameuse histoire de Jason, « cestui-là qui conquit la toison », grâce à Médée, la sorcière de Thrace, et à Athéna, la déesse qui le protège depuis la proue de l’Argô. Si le mythe est connu, la vie du poète nous est plus obscure. D’Apollonios nous savons qu’il naquit, non pas à Rhodes, mais à Alexandrie, en 295 avant J.C., qu’il fut le récepteur de Ptolémée III Evergète, et sans doute qu’il devint le directeur de la bibliothèque d’Alexandrie. Il dut s’exiler à Rhodes, mais les raisons de cet exil ne nous sont pas connues. Ce grand érudit ne se cantonna pas à la poésie épique et écrivit des œuvres philologiques dont un Contre Zénodote et un commentaire d’Hésiode, ainsi que des récits étiologiques. Mais sa plus grande œuvre est sans nul doute Les Argonautiques, long poème épique réussissant à mêler à la tradition homérique l’érudition qui charmait le public de la période alexandrine."

Apollonios de Rhodes fait du motif de la quête des Argonautes un des poèmes épiques les plus importants de l’époque hellénistique.

 

 

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Argonautiques orphiques, texte établi et traduit par Francis Vian, Les Belles Lettres, coll. C.U.F., 1987, 318 pages, 36,60 €.


Présentation de l'éditeur: "Les théogonies, ou les récits de la création du monde, étaient dans la tradition grecque, multiples. Seul le récit d'Hésiode nous est parvenu dans sa totalité, tandis que la conception orphique, sans doute de première importance, ne nous est connue que par fragments. Orphée, dont les amours sont passées à la postérité, était aussi au centre d’un culte à mystères et d’une mythologie fort différente de celle d’Hésiode : Dionysos y était le dieu majeur et l’homme était issu des cendres des Titans foudroyés par Zeus. C’est ce savoir occulte que nous livre le poète des Argonautiques orphiques, sous la forme d’un discours d’Orphée, qui part aider Jason, à l’intention de son disciple Musée."

Présentée comme l’œuvre d’Orphée, cette version de la quête des Argonautes, proche de celle d’Apollonios de Rhodes, donne le premier rôle à Orphée.

 

 

 

II. Le mythe d’Orphée

 

 

 

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Virgile, Géorgiques, texte établi et traduit par Eugène de Saint-Denis, introduction, notes et postface de Jackie Pigeaud, Les Belles Lettres, coll. Classiques en poche, 2009, 174 pages, 9,20 €.

 

Présentation de l'éditeur: "Ce qui fait la grandeur des Géorgiques et leur éternelle séduction, c'est justement cette idée "poétique" que l’on peut régler son imaginaire et son rapport au monde dans la contemplation des lois de la Nature qui s’expriment par l’agriculture et sa productivité.
Certes, les temps ont changé depuis Virgile. Le bonheur des paysans a maintenant une vertu nostalgique. Mais la Nature n’a pas fini d’imposer ses règles avec lesquelles il faut toujours compter."

Virgile est le premier à faire le récit du mythe d’Orphée, au livre IV des Géorgiques : Eurydice meurt, Orphée descend aux Enfers et obtient, par la beauté de son chant, de ramener sa femme à la vie. Lors de la remontée du couple vers le monde des hommes, Orphée se retourne alors que cela lui avait été expressément interdit : Eurydice en meurt une seconde fois.

 

 

 Ovide, Les métamorphoses

Ovide, Les Métamorphoses, texte établi et traduit par Georges Lafaye, émendé, présenté et traduit par Olivier Sers, Les Belles Lettres, coll. Classiques en poche, 2009, 786 pages, 19,30 €.


Présentation de l'éditeur: "Les Métamorphoses d'Ovide (43 av. J.-C.-17 ap.) sont pour la poésie latine une sorte de livre des records, de longueur (11995 vers évoquant ou narrant 250 métamorphoses en quelque 150 épisodes), mais aussi de variété des genres, des styles et des procédés narratifs. Couvrant toute l'histoire du monde, du chaos originel au temps d'Auguste où écrit le poète, sorte d'œuvre-univers dont la structure labyrinthique fait un véritable et fascinant palais des mirages, « Légende dorée » ou « Vatican du paganisme », « Mille et une nuits de l'Antiquité » elles s'ouvrent sur un récit de la Genèse et s'achèvent, après un long et passionnant prêche philosophique prononcé par Pythagore (569-475 av. J.-C.), sur la promesse de divinisation de l'empereur régnant et d'immortalité du poète, après avoir offert au lecteur, sans jamais l'ennuyer, une profusion de récits épiques et de contes burlesques, édifiants, émouvants ou galants dont la postérité n'a cessé de recycler les inépuisables joyaux.
Olivier Sers a traduit Ovide, entreprise sans précédent, vers pour vers, en 11995 alexandrins classiques restituant fidèlement le phrasé et la frappe poétique des hexamètres latins. Pour la première fois le lecteur moderne des Métamorphoses est placé dans la situation même du lecteur antique."

Le récit d’Ovide suit de quelques années seulement celui des Géorgiques et fixe le canon du mythe d’Orphée et d’Eurydice. Le livre X dépeint la mort d’Eurydice et l’échec de l’expédition d’Orphée aux Enfers tandis que le livre XI est consacré aux circonstances terribles de sa mort.

 

 

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Strabon, Géographie. Tome IV, Livre VII. (Europe centrale, Balkans) texte établi et traduit par R. Baladie, Les Belles Lettres, coll. C.U.F., 2003, 345 pages.


Strabon propose au chapitre VIII sa version de la vie et de la mort d’Orphée, assassiné selon lui lors d’un soulèvement populaire en réaction à sa mégalomanie de musicien et de mystique.

 

 

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Diodore de Sicile, Naissance des dieux et des hommes (Bibliothèque Historique, Livres I et II), introduction, traduction et notes par Michel Casevitz, préface de Pierre Vidal-Naquet, Les Belles Lettres, coll. La roue à livres, 1991, 242 pages, 20,30 €.

 

 

Présentation de l'éditeur: "Composer une histoire de l'humanité toute entière depuis ses origines jusqu'à la période de rédaction de la Bibliothèque historique, tel est le projet titanesque entrepris par Diodore de Sicile au Ier siècle avant J-.C. En effet, avant Diodore, les historiens les plus brillants s’étaient cantonnés soit à une période, soit à une aire géographique donnée. La Bibliothèque de Diodore réussit le tour de force d’englober la somme des savoirs tant d’un point de vue temporel que spatial. Nulle surprise, dans ces conditions, que l’historien ait parfois tendance à compiler des informations glanées çà et là. Cette volonté de totalisation des savoirs porte en elle une conception historique bien définie : il s’agit pour l’auteur d’éduquer plus que d’informer son lecteur. La Bibliothèque historique est donc universelle, démonstrative et édifiante.

Dans l'ouverture de son Histoire universelle, qui fut la première du genre, le Sicilien Diodore emmène le lecteur dans un voyage merveilleux vers les terres des origines, l’Égypte, matrice de toute vie, l’Assyrie, l’Inde. Sur cette toile de fond prodigieuse, l’historien mythologue évoque la création du monde, la naissance des dieux et des hommes, les premiers conflits entre immortels et mortels, qui fournissent la matière d’une mythologie dont le monde entier, les Grecs en tête, se nourrira pendant deux millénaires."

 

 

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Diodore de Sicile, Mythologie des Grecs (Bibliothèque Historique, Livres IV), traduction par Anahita Bianquis, introduction et notes par Janick Auberger, préface de Philippe Borgeaud, Les Belles Lettres, coll. La roue à livres, 1997, 192 pages, 18,30 €.


Présentation de l'éditeur: "Voici la première traduction française d'un des textes fondamentaux de Diodore de Sicile (Ier siècle av. J.-C.), le quatrième livre de sa Bibliothèque historique, le premier à organiser la mythologie, telle que les Grecs se la racontaient.
On trouvera dans ce récit des aventures contées comme dans un roman picaresque, où paraissent, entre autres, Bacchus, Priape, Hermaphrodite, Héraclès, Jason et les Argonautes, les Lapithes et les Centaures, Thésée et Minos, Priam et Nestor, le chasseur Orion etc. C'est tout le "monde connu" qui est le théâtre des dieux et des héros avant que ne débute l'Histoire."

Pour Diodore, Orphée est un « comparatiste », qui  rassemble et mélange entre elles plusieurs tendances mythiques différentes et voyage autour de la Méditerranée, assemblant cultes barbares et théologie dionysiaque.

 

 

 

III. Textes sacrés attribués à Orphée

 

 

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Poème judéo-hellénistique attribué à Orphée : production juive et réception chrétienne. Texte traduit, présenté et annoté par Fabienne Jourdan, Les Belles Lettres, coll. Fragments, 2010, 312 pages, 35,50 €.
 

Présentation de l'éditeur: "Orphée, prophète païen de la révélation biblique. Tel est le portrait que les Juifs d'Alexandrie, à partir du IIIe siècle avant J.-C., dressent du cithadère que la tradition célèbre pour son chant miraculeux et son rôle dans l'introduction des mystères. Leur objectif est double : idéalement, convaincre les Grecs de renoncer au polythéisme pour embrasser le monothéisme qu'aurait prôné leur tout premier théologien ; plus concrètement, raffermir leurs propres coreligionnaires dans leur foi, en leur montrant qu'elle remonte à l'origine de cette culture grecque qu'ils admirent tant. Il leur suffit pour cela de fabriquer, à partir d'anciens vers mis sous le nom d'Orphée par les païens, un poème dans lequel celui-ci, finalement converti, chante le Dieu unique et le révèle à son disciple Musée — poème parfois alors intitulé Testament d'Orphée. Ce nouveau « discours sacré » (hieros logos) nous est parvenu, après de multiples remaniements au gré de ses citations, sous la forme de fragments de longueur inégale, par l'intermédiaire des auteurs chrétiens des six premiers siècles.
Après une étude de la littérature et de la pseudépigraphie judéo-hellénistique dans laquelle s'inscrit le poème, Fabienne Jourdan analyse sa réception chrétienne et tente de reconstruire les différentes étapes de sa composition et transmission. Elle propose ensuite une traduction et un commentaire détaillé de chacune de ses rédactions successives."

Attribués au poète Orphée, souvent remaniés, ces vers sont caractéristiques de la production littéraire juive d'Alexandrie à l'époque hellénistique. Après une étude de la littérature judéo-hellénistique dans laquelle le poème s'inscrit, Fabienne Jourdan analyse sa réception chrétienne et tente de reconstruire les différentes étapes de sa composition avant de proposer traductions et commentaires.

 

 

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Orphée, Hymnes et discours sacrés, textes traduits par Jacques Lacarrière,  Imprimerie Nationale, coll. La Salamandre, 296 pages, 24,80 €.

 

Présentation de l'éditeur: "Ces hymnes sont des poèmes chantés, des prières, des incantations, des talismans - dédiés à l'univers et ses éléments, perçus comme des divinités - et non des fragments épars d'une œuvre qui a inspiré toute la spiritualité antique et tout le lyrisme occidental."

 

 

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Les Lapidaires grecs : Lapidaire orphique, Kérygmes lapidaires d'Orphée, Socrate et Denys, Lapidaire nautique, Damigéron - Evax, texte établi et traduit par Robert Halleux et Jacques Schamp, Les Belles Lettres, coll. C.U.F., 486 pages, 49,70 €.


Présentation de l'éditeur: "Le Sur les Pierres de Théophraste est la seule trace de géologie scientifique grecque que nous ayons conservée. Non que le genre du lapidaire fut négligé, mais il recoupait plutôt des traités relatifs aux pierres précieuses et à leurs vertus magiques. Ces textes, le plus souvent anonymes ou pseudonymes, nous ont été transmis sous forme fragmentaire par des compilateurs. D'origine ancienne et lointaine, égyptienne voire mésopotamienne, ils connurent un fort succès durant la période hellénistique et occupaient, selon la tradition, deux millions de lignes à la bibliothèque d’Alexandrie.
La présente édition contient le Lapidaire Orphique, poème bien connu depuis la Renaissance, ainsi que d’autres lapidaires plus rares, Les Kérygmes orphiques, le Socrate et Denys, le Lapidaire nautique et le traité latin de Damigéron Evax. L’introduction analyse le genre du lapidaire, en distinguant notamment ses quatre grands courants, rationnel, magique, astrologique et allégorique. Chaque texte est précédé d’une notice qui éclaire une tradition manuscrite le plus souvent obscure et complexe, et qui fournit de judicieuses pistes d’interprétations. Des notes accompagnent la lecture et sont développées en fin d’ouvrage par des notes complémentaires. L’ouvrage est en outre enrichi par un index des pierres."

Cet ouvrage rassemble quelques-uns des rares textes conservés de la littérature des lapidaires. Il comprend en particulier le Lapidaire orphique, long poème en hexamètres dont la paraphrase en prose fut enrichie à l'époque byzantine.

 

 

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Le papyrus de Derveni, texte présenté, traduit et annoté par Fabienne Jourdan, Les Belles Lettres, coll. Vérité des mythes, 2003, 166 pages, 22,40 €.

 
Présentation de l'éditeur: "Découvert en 1962, le Papyrus de Derveni est le plus ancien papyrus retrouvé en Grèce continentale. Il n'a pas encore fait l’objet d’une édition officielle. Une édition officieuse est cependant parue à la fin du numéro 47 de la Zeitschrift für Papyrologie und Epigraphik en 1982. En 2002, dans le numéro 141 de la même revue, R. Janko en a donné une édition provisoire. Seule existe pour le moment la traduction anglaise par A. Laks et G. Most réalisée d’après l’édition de 1982 revue par K. Tsantsanoglou.

On trouvera ici, accompagnée d’un commentaire et pourvue d’un lexique raisonné, la première traduction française intégrale de ce texte qui propose d’abord un commentaire de certaines pratiques religieuses, puis élabore une interprétation cosmologique de ce qui serait la première version de la théogonie orphique.

L’ancienneté du papyrus, ses références à l’orphisme, ses considérations philosophiques qui permettent notamment de reconstituer un fragment d’Héraclite et la virtuosité de son exégèse, font de ce document un témoignage d’un intérêt incomparable pour l’histoire de la religion, de la philosophie et de la littérature dans l’Antiquité classique."

 

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Giovanni Pugliese Carratelli, Les lamelles d'or orphiques : instructions pour le voyage d'outre-tombe des initiés grecs, traduit de l'italien par A. Ph. Segonds et C. Luna, Les Belles Lettres, coll. Vérité des mythes, 2003, 151 pages, 18,30 €.

 

Présentation de l'éditeur: "Depuis la première moitié du XIXe siècle et encore tout récemment, on a retrouvé dans des tombes de Grande Grèce, de Crète ou de Thessalie, des lamelles d'or, très fines, datables du IVe au IIe siècle av. J.-C., qui contiennent des instructions destinées à guider, au cours de son voyage dans l’Autre monde, l’âme dûment initiée à une doctrine mystérique, initiation sur laquelle le monde antique a réussi à maintenir le secret.


Dans ce livre, où ces textes sont tous publiés et traduits, Giovanni Pugliese Carratelli fait le point sur les diverses interprétations proposées, et avance l’hypothèse qu’une bonne partie de ces documents, jusqu’ici désignés génériquement comme " orphiques ", sont intimement liés à l’école de Pythagore. Tous ces textes manifestent l’espérance d’être délivré de nouvelles expériences de vie ici-bas, mais l’auteur insiste particulièrement sur les textes où Mnémosyne, la mère des Muses, joue un grand rôle : c’est elle, et elle seule, qui permet à l’initié d’échapper au cycle des renaissances et d’atteindre à la connaissance de son origine céleste. Les hommes, en effet, issus d’un premier acte d’hybris (les Titans, ayant dévoré Dionysos Zagreus, ont été foudroyés par Zeus), sont contraints d’expier cette hybris dans le tissu de souffrances qu’est leur vie ; seuls échappent au cycle des renaissances ceux qui recourent à la philosophie (qui, comme l’enseignent les Pythagoriciens, est placée sous le patronage de Mnémosyne) ou à l’initiation aux Mystères.


Ce livre est la traduction de la deuxième édition de l’ouvrage italien, parue en 2001. A l’occasion de cette traduction, l’ouvrage a été revu par son auteur et enrichi d’indices."

Cet ouvrage rassemble l'ensemble des textes inscrits sur des lamelles d'or très fines, trouvées dans des tombes de Grande Grèce, de Crète et de Thessalie. Ils y sont déchiffrés, transcrits, traduits et interprétés. Il s'agirait d'instructions destinées à guider les âmes, initiées aux mystères, dans leur voyage dans l'autre monde.

 

 

 

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Giorgio Colli, La sagesse grecque. Tome I : « Dionysos, Apollon, Éleusis, Orphée, Musée, Hyperboréens, Énigme », Editions de l’Eclat, 1990.

 

Présentation de l'éditeur: "Le premier volume de la Sagesse grecque concerne les témoignages d’une époque archaïque dans lesquels nous chercherons les origines de la pensée grecque. Alors, les hautes figures individuelles n’ont pas encore surgi, ou n’ont pas laissé de trace historique d’une existence personnelle ; et c’est dans la sphère religieuse que nous pouvons trouver les documents de l’apparition inaugurale d’une grande expérience cognitive. En Grèce — au crépuscule des origines — la connaissance se manifeste, non pas comme technique de la maîtrise de la nature, ni comme réflexion sur la vie quotidienne, mais au contraire comme détachement du quotidien, comme intuition délirante. Et ceci prend corps dans certains mythes sur certains dieux, et les figures de Dionysos et d’Apollon apparaissent au premier plan. C’est à partir de ces témoignages que nous voulons commencer notre édition, ainsi qu’à partir de ce qui nous apporte une documentation sur la phase culminante —précisément cognitive — des mystères l’Eleusis. Viennent ensuite les documents —pour la plupart indirects —concernant la poésie archaïque qui émerge de ce fonds religieux. Poésie attribuée au nom mythique d’Orphée (et à la figure complémentaire de Musée), demi-dieu légendaire qui se présente comme chante des dieux, divulgateur de cette expérience cognitive culminante. Les documents de la poésie orphique sont très nombreux, mais proviennent malheureusement d’une tradition littéraire ultra-millénaire ; aussi il s’est agi pour ce qui nous concerne de retrouver dans la poésie orphique les témoignages que l’on pouvait considérer comme les plus anciens (à travers une analyse très complexe des recherches modernes souvent contradictoires sur cet argument). Pour clore le premier volume, nous avons rassemblé les témoignages sur les Hyperboréens, peuple mythique qui symbolise l’art divinatoire d’Apollon — dans son caractère extatique : et les premiers personnages apparaissent ici au seuil de la tradition historique (Abaris et Aristéas) ; enfin certains textes sur l’énigme archaïque, autre instrument — aux côtés de l’oracle — de la manifestation verbale de la sagesse d’Apollon."
 
Cette édition comporte une traduction partielle des fragments orphiques, entre autres traces de la pensée grecque archaïque.

 

 

 

IV. Essais 

 

 

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Visages d’Orphée (Les), éd. Annick Beague, Jaques Boulogne, Alain Deremetz, Françoise Toulze, Presses universitaires du Septentrion, Villeneuve d’Ascq, 1998, 128 pages, 12,96 €.

 

Présentation de l'éditeur: "Destiné à un large public d'étudiants et d'enseignants, cet ouvrage présente une anthologie commentée des principaux témoignages antiques relatifs au mythe d'Orphée. Cette anthologie, qui est divisée en deux ensembles successifs - la vulgate augustéenne (Virgile et Ovide) et les traditions antiques antérieures et postérieures à cette vulgate (de Pindare à Horace et de Conon à Boèce) est précédée d'une introduction méthodologique et critique offrant un état synthétique de la recherche sur le sujet et accompagnée d'outils (système typographique, glossaire et index notamment) favorisant une lecture "hypertextuelle" du dossier."

Cet ouvrage présente une anthologie commentée des principaux témoignages antiques relatifs au mythe d'Orphée. Cette anthologie, qui est divisée en deux ensembles successifs la vulgate augustéenne (Virgile et Ovide) et les traditions antiques antérieures et postérieures à cette vulgate (de Pindare à Horace et de Conon à Boèce) est précédée d'une introduction méthodologique et critique de la recherche.

 

 

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Marcel Detienne, Les dieux d’Orphée, Gallimard, coll. Folio histoire, 2007, 234 pages, 7,50 €.


Présentation de l'éditeur: "L'Orphée de Marcel Detienne n'est pas celui, de loisir, qui chante le voyage d'hiver des Argonautes, ni celui qui descend aux Enfers, mais un Orphée qui vit absolument séparé de ceux et de celles qui naissent citoyens programmés, dressés à s'entre-tuer autour de leurs autels ensanglantés. Orphée dénonce le meurtre et le sang versé. Cette violence est celle de la vie quotidienne, visible dans les histoires des dieux et des déesses que se plaisent à écouter ses contemporains dans les banquets, dans les joutes poétiques comme dans des gestes aussi simples que planter un olivier, dresser la table ou faire l'amour. Il faut à Orphée une vie sans concessions, mais aussi des dieux radicalement différents. Alors, pour l'historien sagace et attentif, se lève un coin de la mythologie grecque, celle qu'Orphée voyait, en dissident extrême."

Marcel Detienne propose ici une analyse du mythe d'Orphée à travers son rapport aux dieux : ceux que le héros honore et ceux qui l'honorent, Apollon et Dionysos les premiers.

 

 

Jourdan, Fabienne - Orphée et les chrétiens, vol 1

 

Fabienne Jourdan, Orphée et les chrétiens : la réception du mythe d'Orphée dans la littérature chrétienne grecque des cinq premiers siècles, Vol 1 : « Orphée, du repoussoir au préfigurateur du Christ », Les Belles Lettres, coll. Anagôgê, 2010, 486 pages, 45,70 €.

 

Présentation de l'éditeur: "À la fin du IIe siècle après J.-C., la figure d'Orphée subit une étonnante métamorphose : le chantre des dieux grecs devient une préfiguration du Christ. Le motif d'un tel rapprochement n'est pas la descente aux Enfers, tant exaltée au Moyen Âge et à la Renaissance. De manière plus inattendue, il s'agit du chant, ce chant qui, d'après la légende, charme animaux sauvages, arbres et pierres. Loin de lui prêter uniquement le rôle de repoussoir, séducteur des seuls « chênes et rochers » et instigateur de cultes impies, Clément voit en lui un fascinant précurseur : le chant est symbole de la Parole efficace. Le Christ, qui incarne cette Parole, est alors dépeint non seulement comme le chanteur, mais comme le chant d'ordre supérieur qui achève le miracle : il régénère les bêtes les plus sauvages, les hommes, et leur accorde jusqu'à l'éternité. Dispensatrice du salut, vrai Mystère et authentique révélatrice de Dieu, la Parole sublime le chant d'Orphée dont elle découvre a posteriori les trois vertus : être source de métamorphoses, être fondatrice des mystères et annonciatrice du Dieu unique. C'est ainsi qu'elle le désigne comme son insigne préfiguration.
Le Protreptique est l'ouvrage unique où s'opère pleinement cette mutation. Dans son exhortation aux Grecs à embrasser la religion nouvelle, Clément recourt aux images familières à ses destinataires, les passe au crible de sa critique et les christianise pour transmettre insensiblement les principes de sa foi. L'appropriation chrétienne du chantre païen est inséparable de ce projet. Le premier volume d'Orphée et les Chrétiens analyse le contexte polémique de son apparition et examine les processus rhétoriques, les thèmes et motifs littéraires, philosophiques et théologiques mis en œuvre pour la réaliser."

Dans le Protreptique, Clément d'Alexandrie (v. 150-215) exhorte les Grecs à embrasser le christianisme en recourant aux images et au vocabulaire des traditions païennes. Il dresse d’Orphée un portrait paradoxal et dynamique : du repoussoir parfait du Christ, celui-ci devient en effet progressivement son précurseur. Du chant orphique à la Parole du Christ, Fabienne Jourdan propose dans ce premier tome une analyse littéraire du mythe et de sa réinterprétation chrétienne.

 

 

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Fabienne Jourdan, Orphée et les chrétiens : la réception du mythe d'Orphée dans la littérature chrétienne grecque des cinq premiers siècles, Vol. 2 : « Pourquoi Orphée ? », Les Belles Lettres, coll. Anagôgê, 2011, 477 pages, 45,70 €.


Présentation de l'éditeur: "Dans le Protreptique, Clément d'Alexandrie dépeint le Christ comme un nouvel Orphée et transforme par là le chantre thrace en préfiguration de son Seigneur. Sa démarche est unique: de tous les auteurs chrétiens du début de notre ère, il est le seul à proposer un tel rapprochement, et ce afin d'inviter les païens à embrasser la religion nouvelle. Ses pairs ne manquent pourtant pas de citer Orphée et les poèmes qui lui sont attribués. Quels buts poursuivent-ils? C'est à cette question que le deuxième tome d'Orphée et les Chrétiens tente de répondre. Il examine pour cela systématiquement comment les auteurs chrétiens des cinq premiers siècles traitent du personnage et de son œuvre. Se dégagent ainsi trois attitudes polémiques non exclusives: pour les uns, il s'agit de s'attaquer directement au poète et à ses vers en vue de dénoncer le paganisme et ses émules hétérodoxes; pour d'autres, au contraire, de les mettre en valeur, mais toujours afin de discréditer les traditions grecques; pour un dernier groupe, enfin, de les présenter comme de véritables modèles qui chantent en accord avec le message biblique autant qu'avec la pensée « droite ». L'ouvrage montre la manière dont les textes chrétiens associent ces trois attitudes et interroge les raisons du choix d'Orphée, plutôt que d'un autre poète théologien, à la fois comme cible privilégiée des invectives contre le paganisme et comme modèle idéal de conversion."

Ce second volume analyse plus généralement la réception du mythe d'Orphée dans la littérature chrétienne grecque des cinq premiers siècles. Il apparaît alors que les auteurs chrétiens s'emparent du personnage de trois manières : les uns s'attaquent au poète et à son œuvre en tant que symbole d’un paganisme honni, d'autres le mettent en valeur pour mieux discréditer les traditions grecques, certains enfin le présentent comme un véritable modèle, en accord avec le message biblique.

 

 

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Laurence Vieillefon, La Figure d’Orphée dans l’antiquité tardive. Les mutations d’un mythe, De Boccard, coll. De l’archéologie à l’histoire, 2004, 268 pages, 50 €.


Présentation de l'éditeur: "Orphée est resté - de tout temps et depuis ses origines grecques - un objet de fascination pour ses aventures, terrestres et infernales, comme pour ses composantes plus mystiques et donc mystérieuses. Son rôle durant l'Antiquité tardive est primordial, à la jonction entre la vision païenne et la vision chrétienne, entre l'Antiquité et le Moyen Age. Cette figure de la mythologie gréco-romaine offre en effet la particularité, unique et encore inexpliquée, d'être aussi populaire dans les milieux païens que dans la communauté chrétienne, durant cette période de mutation politique, sociale, artistique et religieuse que sont les IVe-VIIe siècles de notre ère. Loin des images romantiques d'Orphée et Eurydice, c'est le musicien charmant les animaux qui est alors abondamment et uniformément représenté sur une grande variété de supports : mosaïques de villas romaines, tissus coptes, parois de sarcophages, murs de catacombes chrétiennes, reliefs funéraires, gemmes, céramiques, ivoires et même deux synagogues juives ... Il est aussi souvent cité et commenté dans les textes tardifs les plus représentatifs : ceux des philosophes néoplatoniciens et ceux des Pères de l'Eglise. Tandis que l'enquête navigue de l'orphisme archaïque au christianisme en formation, du ciel à la terre, du paradis à l'enfer, le héros se révèle peu à peu un être polymorphe et atypique, à la fois musicien, théologien, mage, pacificateur : peut-être une image paradigmatique et universelle de l'homme divin, nouvel idéal spirituel de l'Antiquité tardive."

Dans ce livre, Laurence Vieillefon étudie le traitement de la figure d'Orphée dans l’iconographie et la littérature de l’Antiquité tardive et analyse les différents aspects que ces documents ont choisi d’en privilégier.
 

 

 

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John Block Friedman, Orphée au Moyen Age, Cerf / Editions universitaires de Fribourg, 1999, 300 pages, 35 €.
 

 

Présentation de l'éditeur: "On sait qu’Orphée occupe une place importante dans la mythologie et la religion gréco-romaines. Ce qu’on savait moins, jusqu’à une époque récente, c’est qu’Orphée n’a jamais complètement disparu de la culture occidentale. Ce livre s’interroge sur les raisons de cette survivance et étudie les métamorphoses de la figure mythique au cours du Moyen Âge. Le vaste tableau que l’auteur propose couvre mille cinq cents ans d’histoire occidentale et embrasse des domaines aussi variés que la littérature patristique, l’archéologie paléochrétienne, la philosophie médiévale latine et la littérature anglaise du Moyen Âge."

John Block Friedman s'interroge dans ce livre sur la survivance méconnue de la figure d'Orphée et étudie les métamorphoses du mythe au cours des quelque dix-huit siècles qui sépare le judaïsme hellénisé de la Renaissance écossaise, de l’art paléochrétien à la philosophie médiévale.

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Orphisme et Orphée, Philippe Borgeaud éd., Droz, Genève, 1991, 296 pages, 44,67 €.

 

Ce volume réuni quinze communications par les meilleurs spécialistes de l’orphisme et d’Orphée. Au sommaire des textes en français, on y trouvera notamment une étude sur Damascius et l’orphisme, une autre sur le rapport entre la littérature orphique et les rites bacchiques ou encore une mise en perspective de « l’Orphée des ethnologues ».

 

 

 

V. Sources complémentaires
   
 

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Aristophane, Les Grenouilles, texte introduit et traduit par Pierre Judet de la Combe, Les Belles Lettres, coll. Classiques en poche, 2012, 314 pages, 13,50 €. *NOUVEAUTE*
 

 

Présentation de l'éditeur: "Que peut faire d'autre le dieu du théâtre, Dionysos, quand la mort d'Euripide l'a privé de tout plaisir, sinon se déguiser en Héraclès et aller chercher son auteur favori aux Enfers ? Commence une quête qui va confronter le dieu fantasque aux dures réalités du monde des ombres : des grenouilles qui le célèbrent dans un grotesque chant moderniste, un monstre puant, des coups. L'art ne sert alors à rien.
Chez les morts, Dionysos doit arbitrer un conflit entre Eschyle et Euripide. Aristophane offre aux spectateurs un concours tragique qui n'a jamais eu lieu, puisque Euripide a commencé sa carrière juste après la mort d'Eschyle. Le combat analyse des poétiques opposées et montre leurs ridicules : l'art sublime d'Eschyle, qui produit de la réalité grandiose, mais abrutit les spectateurs ; ou au contraire l'art d'Euripide, qui prétend enseigner le langage et la dialectique aux Athéniens, mais qui, trop subtil, les rend inefficaces et fourbes.
Dionysos choisit Eschyle : Athènes, tout près d'être défaite dans sa guerre avec Sparte (hiver 405), a besoin d'un auteur qui rappelle un âge ancien et meilleur. Le vieil Eschyle remonté sur terre servira à dénoncer le présent. C'est la comédie qui décide, souverainement, de ce que vaut la tragédie et des besoins politiques de la cité."

Dans Les Grenouilles, Aristophane fait notamment la parodie, aux Enfers, de la cosmogonie orphique et de ses disciples.
 

 

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Boèce, La consolation de philosophie, introduction, traduction et notes de Jean-Yves Guillaumin, Les Belles Lettres, coll. La roue à livres, 200 pages, 16,30 €.
 

 

Présentation de l'éditeur: "La Consolation est un texte unique dans l'antiquité, un mélange de 39 proses et 39 poésies, où une figure allégorique, Philosophia, s’adresse à son élève (Boèce) et lui apporte la consolation de son enseignement (évidemment une présentation du monde de type néo-platonicien). Ce dialogue est l’oeuvre d’un haut personnage romain chrétien, sénateur et patrice, emprisonné et accusé de haute trahison, alors qu’il attendait la mort, vers 524 après J.-C.. Cette situation « d’urgence » et d’imminence de la mort (pensons à celle de Socrate), démenti par la belle sobriété du texte, est devenu un modèle pour la philosophie, dernier rempart de la beauté et de la méditation, symbole de résistance à l’oppression et de méditation sur la condition humaine.
La Consolation de Philosophie devait devenir l’un des ouvrages fondamentaux du Moyen Age, à côté de ceux de St Augustin, de St Benoît et de Bède le vénérable. C’est évidemment aussi un lointain modèle de la Divine Comédie de Dante. Boèce est un parfait représentant de la haute culture italienne de l’époque, déchirée entre sa fidélité à une tradition classique tenace (les satires grecques ou latines, la philosophie grecque, les consolations de Cicéron, Ovide ou Sénèque) et les réalités politiques de son temps, celui de l’Empereur Justinien (occupation par les Goths, la persécution des chrétiens, attrait d’un Orient encore brillant de sa vie culturelle).
Boèce, après des études approfondies, qui l’avaient mis en contact avec les sources grecques néoplatoniciennes, avait conçu un vaste projet d’acclimatation de la culture grecque en Occident par le moyen de traductions latines des grands textes philosophiques et scientifiques de l’Antiquité : c’est pourquoi il est révéré par tout le Moyen Age, qui lui doit sa connaissance des textes aristotéliciens et de leurs commentaires néo-platoniciens.
La présente traduction, inédite, est due à un spécialiste de Boèce ; elle tient compte des très nombreux travaux modernes (édition du texte latin chez Loeb en 1973)."

Boèce propose une lecture allégorique du mythe d’Orphée, en particulier au livre III. Orphée prend alors une dimension philosophique et apparaît comme le symbole de la tentative de l’âme de s’élever au-dessus des contingences terrestres.
 

 

 

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Hygin, Fables, texte établi et traduit par Jean-Yves Boriaux, Les Belles Lettres, coll. C.U.F., 1997, (3e tirage 2012), 403 pages, 55 €.
 

 

Présentation de l'éditeur: "Les XVIe et XVIIe siècles considérèrent les Fables d'Hygin comme une des sources les plus précieuses pour la connaissance de la "science mythologique" des anciens. L'œuvre propose une généalogie de dieux ou de héros, du type de celles que devaient apprendre les “étudiants” de l’antiquité. Ces fabulae ou genealogiae permettent donc de se faire une idée assez précise de ce que devait connaître de la mythologie grecque, au début de notre ère, le public latin cultivé."
 
La fable XIV du recueil mythologique d’Hygin fait le récit de la quête des Argonautes.
 

 

 

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Valerius Flaccus, Argonautiques. Tome I, Chants I –IV, texte établi et traduit par Gauthier Liberman, Les Belles Lettres, coll. C.U.F., 1997 (2e tirage 2003), 330 pages.

 

Valerius Flaccus, Argonautiques. Tome II, Chants V –VIII, texte établi et traduit par Gauthier Liberman, Les Belles Lettres, coll. C.U.F., 2002, 474 pages.

 

Présentation de l'éditeur: "Cette édition rassemble en deux volumes les huit chants des Argonautiques. L’introduction du tome I fait le point des connaissances relatives à l’auteur, peu connu au regard de l’importance de son œuvre. La question de l’inachèvement, et de ses conséquences, comme les interpolations et les variantes, est analysée avec minutie, de même que celle des sources et des influences qui traversent le texte. Un précieux tableau détaille la navigation des Argonautes, tandis que l’histoire de la tradition manuscrite, complexe, est relatée longuement. Chaque chant est précédé d’une notice qui lui est propre, assortie d’un résumé permettant de circuler aisément dans le texte. Le lecteur soucieux d’approfondir trouvera en fin d’ouvrage des notes ainsi qu’une carte du trajet des Argonautes. Le tome I contient en outre un Index Nominum ainsi qu’un Index sélectif des notes."
 

 

Inspirés librement de la version d’Apollonios de Rhodes, les Argonautiques de Valerius Flaccus sont restés dans les mémoires pour la qualité du style et de la caractérisation des protagonistes.

 

Consulter également:

 

philostratus loeb

Younger Philostratus, Imagines, translated by Arthur Fairbanks, Harvard, coll. Loeb Classical Library, 1931, 480 pages, 25 €.

 

Présentation de l'éditeur: "This volume presents kindred works important for evidence relating to late Greek art. They are attributed to two men each known as Philostratus and to a third man called Callistratus, otherwise unknown. To an elder Philostratus, the Lemnian, born ca. 190 CE, junior kinsman of the Philostratus who wrote the Life of Apollonius of Tyana and Lives of the Sophists, is attributed the series of 65 ’Eikones’ or ’Imagines’, descriptions (in two books) ostensibly of paintings in a gallery at Naples. A younger Philostratus, apparently his grandson, is credited with 17 similar descriptions. The 14 ’Ekphraseis’ attributed to Callistratus are descriptions of statues in stone or bronze, written probably in the fourth century CE. It is not known to what extent the descriptions are of real works of art, but they show how artists treated their subjects, and are written with some artistic knowledge. Yet rhetorical skill dominates: these pieces were written to display the writers’ powers of description."

Edition Loeb des Images de Philostrate le Jeune, dont la sixième est consacrée à Orphée.

 

 

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Alberto Bernabé, Poetae Epici Graeci. Testimonia et Fragmenta. Pars II : « Orphicorum et Orphicis Similium Testimonia et Fragmenta ». Fasciculus 1. K.G. Saur, coll. Bibliotheca Scriptorum Graecorum et Romanorum Teubneriana, 2004, 394 pages.
 

 

Edition des fragments appelée à devenir la nouvelle référence, après celle d’Otto Kern, Orphicorum fragmenta, de 1922.
 

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The 'Orphic' Gold Tablets and Greek Religion. Further Along the Path, edited by Radcliffe G. Edmonds III, Alberto Bernabé, Fritz Graf et al., Cambridge, 396 pages, 79 €.

Présentation de l'éditeur: The 'Orphic' gold tablets, tiny scraps of gold foil found in graves throughout the ancient Greek world, are some of the most fascinating and baffling pieces of evidence for ancient Greek religion. This collection brings together a number of previously published and unpublished studies from scholars around the world, making accessible to a wider audience some of the new methodologies being applied to the study of these tablets. The volume also contains an updated edition of the tablet texts, reflecting the most recent discoveries and accompanied by English translations and critical apparatus. This survey of trends in the scholarship, with an up-to-date bibliography, not only provides an introduction to the serious study of the tablets, but also illuminates their place within scholarship on ancient Greek religion.

Réunissant de nombreux universitaires de tous horizons, cet ouvrage fait le tour des connaissances actuelles sur les tablettes d’or orphiques. On y trouvera donc le texte des tablettes, sa traduction anglaise et son commentaire, suivi d’un ensemble de onze études portant autant sur le contenu des tablettes que le contexte de leur élaboration et de leur découverte.

 

***

 

Tous les volumes présentés sont en vente à la librairie, 95 boulevard Raspail, 75006 Paris, ou en ligne en suivant pour chaque le lien indiqué menant à notre galerie marchande Abebooks.

Par Librairie Guillaume Budé - Publié dans : Bibliographies
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