"Donc, il m'attendait de loin, cet octobre en Russie."

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Rivron, Serge, Octobre russe

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Serge Rivron, Octobre russe, Pluton éditeur, 2001, 186 pages, 15 €.

 

C’est avec le plaisir que ressent immanquablement tout lecteur voyageur, tout lecteur amateur de bonne chère, tout lecteur gouailleur ou simplement espiègle, tout lecteur exigeant, parfois bougon, souvent ermite, tout lecteur passionné, voire invivable, tout lecteur inclassable et éclectique, que nous accueillons cet automne ce carnet de bord étonnant, tenu par un Serge Rivron peu convenu, auteur, scénariste et anachorète de Sain-Bel. Parti trois semaines à Moscou il y a précisément dix ans, en 2001 donc, afin d’y retrouver un ami metteur en scène pour l’aider à monter un spectacle franco-russe, il griffonne pendant son pittoresque périple des notes qu’il ordonnera à son retour. 

« Je l’ai retenu un mois, précise l’auteur, avec cette idée d’en ôter le plus possible l’apprêt littéraire, la reconstruction d’après-coup, le maquillage du ressenti. »

Et le résultat est tout à fait surprenant : dans la décontraction feinte de celui qui maîtrise parfaitement tous ses niveaux de langage, Serge Rivron nous embarque dans sa langue unique, jamais vulgaire mais toujours en bourrasque, prête à nous faire tomber de nos chaises de clichés littéraires. Ses formules jubilatoires semblent droit sorties de son regard d’aigle tendre, qui relève tout, n’oublie rien, et redonne à penser. Au détour de ses perspectives, l’on arpente la Russie non pas dans ses pas mais à côté de lui qui découvre, détecte, rit, se recueille ou râle sans oublier de boire et de festoyer quand il peut. On s’impressionne avec lui de ce pays d’énigmes et d’icônes, en saluant la justesse généreuse de ses retours. Lorsqu’il rentre au pays et que se termine sa chronique, la chaleur turbulente des Russes laisse place à leur mélancolie.

 

Pour s’en guérir, nous avons sélectionné pour vous un accompagnement de choix pour ne pas les quitter trop vite. Chroniques du temps passé, documents inédits sur la révolution de 1917, travaux de références sur la Russie des tsars ou de Staline : Paix, pain, et place aux livres !

 

 

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Marie-Pierre Rey, Le dilemme russe : la Russie et l’Europe occidentale d’Ivan le Terrible à Boris Eltsine, Flammarion, 2002, 354 pages, 21 €.

 

Quatrième de couverture : « La Russie est-elle européenne ? À la tête d'un véritable État continent s'étendant en Europe et en Asie depuis le XVIe siècle, les tsars de Russie puis les leaders soviétiques n'ont cessé de s'interroger sur l'identité de leur pays et de se heurter à la question des relations qu'il convenait de nouer avec l'Europe occidentale, tour à tour perçue comme un modèle de modernité et d'efficacité et comme une source de danger et de subversion. Fallait-il l'imiter pour mieux la dépasser ? Ou bien céder au désir de s'en protéger ? Durant quatre siècles, les décideurs russes ont été confrontés à un véritable «dilemme» qui a lourdement pesé sur leurs pratiques diplomatiques et influencé leurs perceptions des réalités européennes. C'est l'histoire de ce dilemme que cet ouvrage, à la croisée de l'histoire des relations internationales et de l'histoire des représentations, a choisi d'explorer en s'appuyant sur un vaste ensemble documentaire et des archives accessibles depuis peu. »

 

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 Marc Ferro (présenté par), 1917, les hommes de la révolution : témoignages et documents, Omnibus, 2011, 1117 pages, 28 €. NOUVEAU !

 

C’est un volume essentiel et impressionnant que fait paraître Omnibus pour la rentrée, sous la direction de Marc Ferro : la révolution de 1917 par les sources, ce à quoi nous ne pouvions qu’être sensibles !

 

« Si la révolution de 1917 me semble si importante à observer, c'est parce que, prise dans ses origines, son déroulement et ses conséquences, elle constitue le catéchisme de nos espérances et de nos désillusions au XXe siècle. La faillite du modèle soviétique issu de 1917 délégitime-t-elle pour autant les attendus qui ont été à l'origine de son installation ? Ils demeurent toujours vivants... »

 

« Nous avons voulu, dans cet ouvrage, réunir des documents rares ou essentiels, et des témoignages de ceux qui ont participé aux événements ou les ont sur l'heure, commentés. On ne peut apporter mieux au lecteur, pour lui permettre de juger. »

 

Le corpus contient, entre autres :

Des témoignages fondateurs (Lénine, Trotski, Kerenski),
Les souvenirs de témoins légendaires (John Reed, Victor Serge),
Des analyses prophétiques du totalitarisme à venir (Rosa Luxembourg)
Des curiosités (journal de la dame de compagnie de la tsarine Alexandra),
Des documents émouvants (lettres d'ouvriers, de soldats, de paysans...)

 

Nous proposons ici un extrait du document : L’insurrection d’Octobre – témoignage du journaliste américain John Reed. ( pp 534-35)

 

« Le mercredi 7 novembre, je me levai très tard. Le canon de midi tonna dans la forteresse Pierre-et-Paul comme je descendais la perspective Nevski. La journée était froide et humide. Devant les portes fermées de la Banque d’Etat, quelques soldats se tenaient, baïonnette au canon.

-          Pour qui êtes-vous ? demandai-je. Pour le gouvernement ?

-          Il n’y a plus de gouvernement, répondit l’un d’eux avec un sourire. Slava Sogou ! (Dieu merci !)

Ce fut tout ce que je réussis à lui tirer. […] J’achetai le Rabotchi Pout, seul journal qui semblait être en vente ; un peu plus tard, je donnai cinquante kopecks à un soldat pour un exemplaire du Den. Le quotidien bolchevik, imprimé en grand format dans les locaux occupés de la Rousskaïa Volia, portait une grosse manchette « TOUT LE POUVOIR AUX SOVIETS DES OUVRIERS, SOLDATS ET PAYSANS ! PAIX ! PAIN ! TERRE ! »

L’éditorial était signé de Zinoviev, compagnon de Lénine dans l’illégalité, il débutait ainsi :

« Tous soldat, tout ouvrier, tout vrai socialiste, tout démocrate honnête ne peut pas ne pas se rendre compte que le choc révolutionnaire imminent réclame une solution immédiate.

De deux choses l’une.

Ou bien le pouvoir passe entre les mains de la clique des bourgeois et des propriétaires fonciers… Ce qui signifie une sanglante expédition punitive à l’échelle nationale qui… inondera le pays du sang des travailleurs, des soldats et des paysans. Ce serait la continuation de la guerre exécrée, ce seraient la famine et la mort inévitable.

Ou bien le pouvoir passera dans les mains des ouvriers, des soldats et des paysans révolutionnaires, et dans ce cas, cela signifiera l’abolition complète de la tyrannie seigneuriale, l’immédiate mise à la raison des capitalistes, l’offre immédiate d’une paix juste. Alors, la terre sera assurée aux paysans, alors sera assuré le contrôle de l’industrie, alors le pain sera assuré aux affamés, alors cette boucherie prendra fin ! »

 

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Michel Heller, Histoire de la Russie et de son empire, traduit du russe par Anne Coldefy-Faucard, Flammarion, coll. Champs Histoire, 2009, 985 pages, 13 €.

La somme de référence pour parcourir mille ans d’histoire russe et s’interroger sur l’avenir d’un pays qui a par deux fois, au cours du XXe siècle, perdu son empire. Le fruit de dix ans de travail pour l’historien franco-russe Michel Heller (Université Paris IV- Sorbonne) décédé en 1997, peu de temps après avoir achevé son ouvrage.

 

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Hélène Carrère d’Encausse, Alexandre II : le printemps de la Russie, LGF, coll. Le Livre de poche, 2010, 541 pages, 7,50 €.

Hélène Carrère d’Encausse, de l’Académie française, a produit une bibliographie imposante sur le monde russe dont elle est une éminente spécialiste. Retenons ici sa biographie d’Alexandre II, précédemment parue chez Fayard en 2005, qui permet de découvrir les réformes entreprises en cette fin de XIXe siècle préfigurant la perestroïka de Gorbatchev un siècle plus tard : abolition du servage, réorganisation de l’administration locale, démoncratisation de l’enseignement… « Révolutionner par le haut plutôt que par le bas, tel a été le projet d’Alexandre II, même s’il n’a pu le mener jusqu’à son terme. »

 

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Robert Kinloch Massie, Pierre le Grand, traduit de l’américain par Denise Meunier, Fayard, 1985, 860 pages, 32 €.

Seul ouvrage de référence encore disponible, cette biographie nous présente avec vivacité le portrait rabelaisien de celui qui a su, à la fin, du XVIIe siècle, moderniser la Russie et la faire entrer dans le concert des nations européennes.

 

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Maurice Paléologue, Le crépuscule des tsars : journal (1914-1917), édition présentée et annotée par Nicolas Mietton, Mercure de France, 2009, 704 pages, 10,20 €.

« Les troubles de Moscou ont eu un caractère particulier de gravité, que les récits de la presse ont laissé dans l’ombre. »

 

Nommé ambassadeur de France à Saint-Pétersbourg au printemps 1914, M. Paléologue y reste jusqu’à son rappel, en mai 1917. Durant cette période, il a tenu un journal aux allures de feuilleton.  Très proche de la famille impériale, il se livre à une sérieuse critique du régime, dénonçant la bureaucratie, la police, l'impéritie des hommes politiques et des chefs militaires. Il brosse un tableau terrifiant de Saint-Pétersbourg : il évoque aussi bien la misère populaire que la lourde atmosphère de la cour et le rôle délétère de Raspoutine, dont il relate l'assassinat le 31 décembre 1916.

 

Jadis paru en trois volumes (1921-1923), ce document exceptionnel nous est donné dans une large sélection, établie et très bien présentée par Nicolas Mietton.

 

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Alexandre Nicolaïevitch Radichtchev, Voyage de Pétersbourg à Moscou, traduit du russe par Bernard Kreise, Rivages, coll. Rivages-Poches. Petite bibliothèque, 2007, 295 pages, 10,40 €.

 

« C’est le premier livre révolutionnaire publié en Russie. Son auteur, grand aristocrate, fit ses études à Leipzig où il lut les auteurs des Lumières. Catherine II, qui soutenait les Encyclopédistes, à commencer par Voltaire, changea radicalement son point de vue après la Révolution de 1789. Radichtchev, lui, avait gardé les idéaux de Rousseau et c’est sous le regard des philosophes français qu’il écrivit ce livre qui est un hymne à la liberté et à la justice sociale.

Ce récit de voyage, dans lequel l’auteur décrit simplement ce qu’il voit, de Saint-Pétersbourg à Moscou, est d’une force étonnante. Catherine II fut outrée, Radichtchev condamné à mort, mais sa peine commuée en exil en Sibérie. Le livre demeura interdit jusqu’à la fin du XIXe siècle, bien que son auteur ait été gracié par Alexandre Ier . »

Un classique de la littérature russe que Catherine II jugea plus dangereux qu’une guerre perdue.

 

Extrait : Entrée à Novgorod, p 75 :

 

« Soyez fiers, vaniteux bâtisseurs des cités, soyez fiers, fondateurs des Etats, rêvez que la gloire de votre nom soit éternelle, accumulez pierre sur pierre jusques aux nues, faites sculpter les représentations de vos exploits et des inscriptions proclamant vos œuvres. Posez les bases solides d’un gouvernement sur une loi immuable. Le temps muni d’une rangée de dents pointues se rit de votre morgue. […] Ô fierté ! Ô superbe de l’homme ! regarde cela et vois comme tu es servile ![…] C’est en agitant de telles réflexions que je m’approchais de Novgorod et remarquais le grand nombre de monastères qui se trouvent alentours. On raconte que, même éloignés de cinq verstes, ils étaient à l’intérieur des murailles de la ville d’où pouvaient sortir jusqu’à cent mille soldats. »

 

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Anne Applebaum, Goulag, une histoire, traduit de l’américain par Pierre-Emmanuel Dauzat, Gallimard, coll. Folio histoire, 2008, 1064 pages, 12 €.

 

« Diplômée de l’université de Yale et journaliste au Washington Post, l’auteur a effectué un monumental travail de documentation qui servira de référence pour ceux qui souhaitent s’initier sérieusement à l’histoire soviétique ou acquérir rapidement une vue d’ensemble sur le Goulag : étudiants non historiens, historiens des domaines voisins, non slavisants intéressés par le problème du totalitarisme, etc. Car, s’il existe aujourd’hui une très vaste littérature sur le Goulag, le lecteur non spécialiste trouve peu d’ouvrages rigoureux de cette ampleur. »  

 

Extrait de la recension de l’ouvrage pour les Cahiers du monde russe par Luba Jugerson. La recension complète est disponible à ce lien.

 

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Nicolas Werth, La terreur et le désarroi, Staline et son système, Perrin, coll. Tempus, 2007, 614 pages, 11 €. 

"Métropole d'une religion de salut temporel, l'URSS de Staline fut un empire, élevé sur les ruines des nations européennes après deux guerres mondiales, et la propagandiste d'un message, apparemment universel, qui fascina des peuples du tiers monde ou des intellectuels, autant qu'il répandit une sorte de terreur partout ailleurs.
Nicolas Werth explore les méandres de l'univers soviétique sous Staline. Il montre en quoi le stalinisme, dans la suite logique du léninisme, impose une ligne du parti fixée d'en haut,expérimente une véritable ingénierie sociale et propose aux Soviétiques la vision d'un monde peuplé de forces bonnes - les staliniens- et mauvaises - tous les autres, à noyer dans le sang.
Mais cette extraordinaire violence du système ne se nourrit-elle pas d'une frustration permanente à contrôler un corps social éclaté? Au croisement de l'histoire politique et d'une histoire sociale, cet ouvrage propose une nouvelle manière de penser le stalinisme.
Nicolas Werth, directeur de recherche au CNRS, c'est fait connaître par sa participation au Livre noir du communisme. L'île aux cannibales (Perrin) a été un événement éditorial."

 

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Russie viking, vers une autre Normandie ? : Novgorod et la Russie du Nord, des migrations scandinaves à la fin du Moyen Âge (VIIIe – XVe siècle), sous la direction de Sandrine Berthelot, Alexandre Musin, Exposition, Caen, Musée de Normandie, 24 juin-31 octobre 2011, Errance, 2011, 191 pages, 29 €. NOUVEAU !

Un très agréable catalogue érudit que vous pouvez feuilleter en ligne sur le site de l'exposition. 

Nous vous proposons ici l’introduction du chapitre intitulé « La Russie viking ? »,  par Pierre Gonneau, page 31 du catalogue.

 

"La question des origines du « pays russe » est posée depuis neuf cents ans par le Récit des temps passés* qui a été achevé, sous la forme que nous lui connaissons, vers 1110. Ce texte historique fondateur se propose de nous raconter « qui régna en premier à Kiev », mais il dit aussi que la dynastie dont il narre la geste a commencé par s’établir à Novgorod, en 862, avec le légendaire prince Riourik, venu « d’outre-mer ». Certes, les antinormannistes ont, depuis deux siècles, défendu l’origine slave des Rous, mais l’archéologie et les sources étrangères (arabes, grecques, latines, scandinaves) penchent du côté des normannistes et confirment que les Rous étaient bien à l’origine des Vikings. Dès l’époque d’Ygor (mort en 945), fils présumé de Riourik, et personnage historique attesté, les princes de la Rous s’enracinent à Kiev, dans un environnement majoritairement slave et quand ils se convertissent au christianisme en 988, ils adoptent le rite grec, contrairement à leurs cousins suédois ou norvégiens."

 

* Voir plus bas dans cette note la présentation de la Chronique de Nestor.

 

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Marc Ferro, Marie-Hélène Mandrillon (sous dir.), Russie, peuples et civilisations, La découverte, coll. Poche. Etat du monde, 2005, 203 pages, 10,50 €. 

"Trois cents ans après le règne de Pierre le Grand et au terme d’un siècle qui aura vu la mise en place puis la disparition du régime soviétique, quels sont les contours de la Russie actuelle ? Après les indépendances des anciennes républiques soviétiques, la Fédération de Russie est restée le plus vaste État de la planète, avec une population d’une grande diversité (80% de Russes et plus de 150 autres « nationalités »), posant la question de l’« identité russe ». Par ailleurs, les mutations récentes de la société et de l’État sont souvent perçues selon des schémas simplificateurs. D’où la constante nécessité de rappeler l’histoire complexe des empires russe et soviétique et de restituer la multiplicité de leurs héritages culturels. Cet ouvrage réunissant les contributions des meilleurs spécialistes des mondes russe et soviétique (pour partie inédites et pour partie reprises de L’état de toutes les Russies, paru à La Découverte en 1993) traite aussi largement la question des nationalités et de la citoyenneté, dressant au passage le tableau de diverses nations – Montagnards du Caucase, peuples de la Volga, peuples du Grand Nord et de la Sibérie…–, ainsi que la question religieuse (l’orthodoxie, mais aussi l’islam, le bouddhisme, le judaïsme, le chamanisme). La mise en perspective de la richesse culturelle et artistique – littérature, architecture, peinture, théâtre, cinéma, etc. – restitue, enfin, la puissance de création exprimée dans l’espace russe et soviétique."

 

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Simon Sebag Montefiore, Le Jeune Staline, traduit de l’anglais par Jean-François Sené, LGF, coll. Le Livre de poche, 2010, 766 pages, 8,50 €.

"Cette enquête, qui s’efforce d’examiner sans parti pris l’enfance d’un chef, dessine un portrait bien différent de l’image statufiée que nous avons de Staline, tantôt génie du mal, tantôt figure bienveillante des images de propagande. Simon Sebag Montefiore semble malgré tout ne pouvoir se défendre d’une sympathie paradoxale pour ce « gangster, poète, séminariste, époux et amant prolifique », personnage à la fois brutal et romanesque du début du siècle. Dans le décor de la Géorgie, la figure de ce révolutionnaire violent mais désintéressé, braqueur occasionnel de banques, se détache presque comme un héros de légende." Extrait de la recension de l'ouvrage pour le CNL par Philippe Cleret à l'occasion de la parution du grand format (Calmann-Lévy, 2008). L'intégralité de la recension est à lire à ce lien.

 

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Henri Troyat, La grande histoire des tsars, Omnibus, 2010, coffret en deux volumes, 2244 pages, 54 €.

 Quatrième de couverture:   « La chair, le sang, les bruits, les couleurs, les odeurs : on croit lire le plus violent, le plus fou, le plus riche des romans. Rythme étourdissant de l'action, évolution du héros, consistance des personnages secondaires, précision des décors, exactitude des détails... Les intermittences du coeur et les plats du menu. La course des idées et la forme des candélabres. Le goût du vin dans la bouche, la saveur du meurtre dans l'âme : on est dedans, on est dehors, on est partout... On y est ! La puissance du rêve au service des faits, le souffle de l'imagination au service de la vérité : là s'incarnent le génie de Troyat et la singularité exemplaire de sa Galerie des Tsars. »
Alexandra Lapierre


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Alexandre Jevakhoff, Les Russes blancs, Tallandier, coll. Texto, 2011, 605 pages,  12 €. NOUVEAU !

« L'auteur excelle à nous relater ces nombreux épisodes de la fuite de Russie, ces drames, misères, courages et lâchetés aussi (comme cette jeune princesse Golitsine refusant une place à sa mère sur la charrette qui lui sert de refuge…) qui ont marqué cette tragique épopée des Russes blancs. Ces derniers finissent par s'échouer aux quatre coins du monde, à Paris, la ville de cœur, à Berlin, à Istanbul ou en Chine. Alors commence une longue traversée du désert qui n'a pris fin qu'avec la chute du Mur. Beaucoup n'auront pas la chance de voir ce basculement de l'histoire. Ils resteront, comme la princesse de Sayn-Wittgenstein, sur un constat désespéré: «Le présent est laid, le futur se dessine en couleurs sombres, seul le passé se montre comme un beau rêve.» L'auteur de cette passionnante épopée sait comment nous faire partager les illusions, la tristesse et les espoirs de ces Russes blancs si méconnus. » Extrait de l’article de Jacques de Saint Victor pour Le Figaro (17 janvier 2008) à l’occasion de la parution du grand format (Tallandier, 2008). L’intégralité est à lire ici.

 

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Dominique Farale, La Russie et les Turco-Mongols : 15 siècles de guerre, Economica, coll. Campagnes et stratégies, 2007, 246 pages, 23 €.

Ancien officier de l’armée française, cet historien actuel, sous le pseudonyme de Dominique Farale, nous conte les invasions asiatiques en Russie, l’expansion de la Russie en Asie, ses luttes contre les Turcs et les Mongols, sa domination sur la Sibérie et une partie du Turkestan et de la Mongolie, et son recul actuel ainsi que la situation de ces régions face à la Chine.

 

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Vladimir Vodoff, Autour du Moyen Âge russe : trente années de recherches, Institut d’études slaves, coll. Cultures et sociétés de l’Est, 2003, 165 pages, 15 €.

 "Autour du Moyen Âge russe rassemble les rapports annuels que V. Vodoff a ponctuellement rédigés au terme de chacune de ses années d’enseignement à l’École pratique des hautes études. Suivant les méthodes de l’EPHE, il a privilégié le recours direct aux sources et ce recueil peut être lu comme une initiation aux documents diplomatiques, aux chroniques, à la pastorale et à l’hagiographie russes. Une large place est faite à l’étude de Novgorod et de la grande-principauté de Tver’ qui fut la rivale malheureuse de Moscou aux xive-xve siècles. Les comptes rendus fournissent des analyses inédites par ailleurs de deux œuvres qui ont longtemps été au programme de l’enseignement de l’A. Les Questions de Cyrique (Voprošanie Kirikovo) constituent une somme sur les pratiques pénitentielles du xiie siècle à Novgorod. « L’Éloge funèbre du grand-prince Boris Aleksandrovič de Tver’«  (Inoka Fomy Slavo poxval’noe o velikom knjaze Borise Aleksandroviče), hagio-biographie du milieu du xve siècle, est un jalon important dans l’élaboration de l’idéologie impériale en Russie. Enfin, on trouve une liste complète des travaux de V. Vodoff (238 entrées) dont le moindre intérêt n’est pas de recenser les comptes rendus qu’il a signés. Parfois sévères, mais toujours scrupuleux et détaillés, ils sont eux aussi un apport précieux de l’A. à notre connaissance du Moyen Âge russe."

Pierre Gonneau, « Vladimir Vodoff, Autour du mythe de la Sainte Russie. Christianisme, pouvoir et société chez les Slaves orientaux (xe-xviie siècles) », Revue de l’histoire des religions [En ligne], 2 |  2005, mis en ligne le 25 janvier 2010, consulté le 11 octobre 2011. URL : http://rhr.revues.org/4172

 

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La Russie des Vikings : saga d’Yngvarr le grand voyageur suivi de Dit d’Eymundr Hringsson, textes présentés, annotés et traduits de l’islandais ancien par Régis Boyer, Anacharsis, 2009, 110 pages, 15 €.

 "Le mirage de l'Orient attira par milliers les Vikings sur la Route de l'Est. Traversant le "Gardariki" - la Russie primitive - elle joignait, au long de fleuves immenses, les mers froides à la Route de la Soie.
Les deux sagas légendaires présentées ici se font l'écho littéraire et fantasmé de ces mondes du Levant.
L'expédiiton d'Yngvarr le Grand Voyageur conduit ainsi les Hommes du Nord en des pays étranges, peuplés de Cyclopes, dragons et Amazones, gardiens jaloux de trésors fabuleux dont personne, au risque de la vie, ne peut impunément s'emparer.
Le Dit d'Eymundr Hringsson conte quant à lui la geste d'une compagnie de guerriers scandinaves engagés dans des affrontements fraticides entre princes russes.
Fondés sur des faits réels - l'existence d'Yngvarr est avéréé par des inscriptions sur des pierres runiques traduites dans cet ouvrage - ces récits dessinent les contours chatoyants de terres lointaines dont les Vikings rapportèrent, sinon la gloire et l'opulence, matière à de délectables romans d'aventures."

 

Arrignon-Jean-Pierre- Chronique de Nestor, naissance des mo

Nestor, Chronique de Nestor (récit des temps passés) : naissance des mondes russes, traduit du vieux russe par Jean-Pierre Arrignon, Anacharsis, 2008, 284 pages, 21 €.

"Au début du XIIe siècle, dans le monastère des Grottes à Kiev, le moine Nestor rédige cette Chronique, qui porte son nom, et qui est la plus ancienne histoire de la Russie que l'on connaisse.
La Chronique de Nestor tente une mise en ordre du temps afin de faire entrer la principauté de Kiev, capitale de ce qui s'appelait alors la Rus', dans la continuité de l'histoire universelle chrétienne.
Ce Povest’ vremennykh let (récit des temps passés) - comme on le nomme en russe - nous fait pénétrer ce monde en construction où s'affrontent, se mêlent et se rencontrent en un même mouvement les cultures slaves, scandinaves et nordiques, les peuples nomades des steppes d'Asie centrale et les mondes méditerranéens. La narration de Nestor ponctuée par l’irruption permanente d’épisodes merveilleux, issus à la fois du folklore slave et de la tradition chrétienne, nous aide à comprendre cette confluence, ce phénomène d'acculturation sans précédent par son ampleur, qui est à l'origine de la Russie contemporaine."

 

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Jean-Pierre Arrignon, La Russie médiévale, Les Belles Lettres, coll. Guides des civilisations, 2003, 241 pages, 17,50 €.

"La Russie médiévale ou Rus' installée tout au long de l'axe fluvial du Dnepr et du Volkhov, le long de la célèbre «route des Varègues aux Grecs», fait son entrée dans la communauté des Etats chrétiens que préside l’empereur romain de Constantinople à la fin du Xe siècle.
Dès lors, l’architecture en brique et pierre, se développe sous l’influence des artisans byzantins venus apporter leur savoir-faire. Ainsi, tout au long du Xie siècle, la slavia orthodoxia se couvre elle aussi d’un «blanc manteau d’églises»dont les plus beaux fleurons ont traversé les âges: Sainte-Sophie de Kiev, avec ses vastes surfaces de mosaïques et ses célèbres fresques. Sainte-Sophie de Novgorod et sa célèbre porte de bronze du XIIe , œuvre des artisans allemands.
À la fin du XIe siècle et tout au long du XIIe , la Rus’ se morcelle ne principautés dont chaque ville veut montrer sa puissance et sa richesse en construisant une église cathédrale et en se dotant d’églises et de palais. Ainsi se forma dans la Mésopotamie russe entre la Volga et l’Oka, le fameux «anneau d’or» que constituent les villes de Ouzdal, Vladimir, Jaroslav…Les façades en pierre, richement décorées de sculptures réalisées par des maîtres venus de l’étranger ont suscité beaucoup d’interrogations, mais nous ont donné de véritables chefs-d’œuvre de l’art qui font de la Rus’ prémongole, une exceptionnelle terre de culture et de civilisation qui, dans la seconde moitié du XIIIe siècle sera incorporée à l’immense empire mongol qui s’étend de l’Adriatique à la mer de Chine.
C’est pour permettre de la mieux lire, de la mieux comprendre et de la mieux aimer que ce guide est proposé."

 

Une utile recension de l'ouvrage par Pierre Gonneau pour la Revue des études slaves, (année 2004, numéro 75) est proposée sur le site Persée.

 

P. Ramos.

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