Parmi les 38 ouvrages reçus en février à la librairie, six se sont particulièrement démarqués aux yeux de nos libraires. N'hésitez pas à venir les feuilleter en nos murs ou à passer commande sur le site Abebooks de la librairie !

 

Voir la galerie des 38 titres reçus en février 2014 à la librairie 

 

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Les coups de cœur de Mélanie Mougin :

 

 

demurger jacques de molay

 

Alain Demurger, Jacques de Molay. Le crépuscule des Templiers, Payot, coll. Petite Bibliothèque Payot, broché, 415 pages, 10,65 €


Le nouveau livre d’Alain Demurger raconte la vie de Jacques de Molay (1244-1314), dernier grand maître du Temple, qui périt sur le bûcher, depuis son élection à la tête de l'ordre en 1292, en passant par sa tentative de réforme de l'ordre, son arrestation à Paris en 1307, la suppression de l'ordre en 1312 et son procès.


Extrait : « Les aveux de Jacques de Molay, d’Hugues de Pairaud et de Raimbaud de Caromb permettent au roi de France de relancer son offensive en directions des souverains voisins et du pape. Peu à peu, les rois d’Angleterre, d’Aragon et de Castille vont changer d’attitude envers « leurs templiers ». L’intervention du pape va les y aider. Le 22 novembre 1307, Clément V fulmine la bulle Pastoralis praeminentiae par laquelle il ordonne l’arrestation des templiers dans l’ensemble e la chrétienté. Le pape est soucieux de reprendre l’initiative et de ramener à l’Église une affaire qui est entièrement de son ressort (le Temple est sous la juridiction directe du pape). Il souhaite que la garde des templiers incarcérés soit confiée à l’Église, de même que la garde de leurs biens qui ont été saisis. Deux  cardinaux sont dépêchés à Paris en décembre pour entendre Jacques de Molay et les autres dignitaires. À la fin de l’année 1307 et dans les premiers mois de 1308, les templiers sont arrêtés dans toute la chrétienté. »  (p. 250)


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etienne pompei


Robert Étienne, Pompéi, Pluriel, broché, 448 pages, 9€.


L'histoire de la cité campanienne et de ses habitants, victimes d'un tremblement de terre le 5 février 62 et surtout de l'éruption du Vésuve le 24 août 79 : une population mêlant peuples et classes sociales, maisons et villas, thermes, temples et théâtres, etc. Publié en première édition sous le titre La vie quotidienne à Pompéi (Hachette 1966, 1977).


Extrait : « On ne vivait pas à Pompéi comme à Rome et il serait absurde de comparer une ville de douze à quinze mille âmes avec une métropole d’un million d’habitants, une colonie comme il en existe tant d’autres, avec la capitale d’un Empire. Rome se suffit à elle-même ; Pompéi est inséparable de l’arrière-pays qui le prolonge par les villas suburbaines et par un terroir qui le nourrit et l’enrichit. Ajoutons donc à sa population trois à cinq mille habitants disséminés dans une campagne riche, fertilisées par les terrains volcaniques. Plus important que le chiffre de la population est l’attachement à la terre d’une aristocratie qui tire de l’agriculture une fortune bien assise et qui croit avoir vocation d’administrer la colonie. Les affranchis ambitionnent de rejoindre ses rangs et renforcent, malgré l’apport de sang neuf, le conservatisme foncier de la classe dirigeante. Si l’on excepte les influences religieuses extérieures, Pompéi reste assez peu perméable aux révolutions, aux changements brusques : une architecture  nouvelle, modèle un seul quartier, une audace mesurée permet d’entamer l’urbanisme traditionnel, défendu par sa ligne de murailles comme une forteresse imprenable. C’est donc la vie quotidienne d’une petite ville provinciale, assez repliée sur elle-même, qui chaque année pesait à la balance électorale ses gloires de quartiers. »  (p. 396)


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ecolo


Patrick Voisin, ÉcolΩ. Écologie et environnement en Grèce et à Rome, précédé d’un entretien avec Brice Lalonde, Les Belles Lettres, coll. Signets, broché, 284 pages, 14,50 €.

 

Avec 120 textes en traduction, ce livre montre comment le royaume de Dame Nature a été mis à mal très tôt par les Grecs et les Romains et comment, dès cette époque, des voix se sont élevées pour s'inquiéter du devenir de l'environnement.


Extrait : « Ils sont peu nombreux dans l’Antiquité ceux qui auraient pu adhérer au vers de Du Bellay : «  O marâtre nature (et marâtre es-tu bien) » !… C’est bien plutôt de Mère Nature qu’il faut parler, celle qui est représentée sous une forme féminine qui a reçu la dénomination de « Vénus » depuis les temps paléolithiques – avec la dame de Brassempouy ou la Venus de Willendorf. Les allégories de la Nature et autres représentations anthropomorphiques attestent une véritable foi en Dame Nature que l’on retrouve également, depuis la Théogonie d’Hésiode, sous la figure de Déméter protectrice de l’agriculture, donc de la nature maitrisée par l’homme, résidant sur terre près des humains, véritable déesse-mère. On ne peut oublier toutes les autres figures matérialisant cette croyance en la nature généreuse ou en la fertilité, qu’il s’agisse d’Isis, de Cybèle (Magna Mater), de Gaia – ou de Nerthus, chez les Germains, que Tacite nomme Terra Mater. Umai (chez les Turcs de Sibérie), Mahimata ou Aditi (dans l’hindouisme), Frigg (dans la poésie islandaise) compléteraient le catalogue du domaine indo-européen, mais, au-delà encore, il y a Mari, la déesse-mèredes Basques, ou la Pachamama des Amerindiens. » (p. 165)

 

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Les coups de coeur de Gaëtan Flacelière : 

 

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Alain Boureau, Le désir dicté. Histoire du vœu religieux dans l’Occident médiéval, Les Belles Lettres, coll. Histoire, broché, 226 pages, 25,90 €.


L'auteur examine les difficultés et les questions que soulèvent le voeu médiéval, afin de mieux comprendre le sens de cette entreprise spirituelle et individuelle dans les sociétés de l'Occident.


Extrait : « Mon titre doit surprendre : on dicte un texte ou un discours, non un affect. Tout le problème est là : comment et pourquoi substituer des paroles à un mouvement intérieur ? C’est une question majeure de la psychanalyse. Mais ici, on projettera ce thème dans un passé lointain, ce qui a l’avantage de donner de la distance et des matériaux à la réflexion. Le vœu fournit en outre un des fils qui tissent l’étoffe du Moyen Âge occidental et lui donnent les ourlets d’un début et d’une fin. Nous le verrons, le texte fondateur, pour moi, de la question du vœu se lit dans une lettre de saint Augustin, datée de 411. Une des dates possibles de la fin du Moyen Âge serait 1521, date de rédaction et de publication du Jugement de Martin Luther sur les vœux monastiques. Le « long Moyen Âge » de Jacques Le Goff y trouve confirmation : le revival jésuite a prolongé et rénové la vie du vœu, qui ne s’éteint qu’avec la religion comparée au XIXe siècle, qui fait passer le vœu au grenier des vieilleries catholiques. Son avatar contemporain, la sociologie religieuse, l’ignore. Le très récent Dictionnaire des faits religieux, en ses 1360 pages serrées et ses centaines d’articles ne mentionne le vœu qu’en son index, et encore sous la forme restrictive de « vœux monastiques » et en renvoyant à deux articles rédigés par l’auteur de ces lignes. Le vœu combattu par Martin Luther est passé tout au plus dans le souhait, le rêve de Martin Luther King. » (p. 9-10)

 

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Plotin, Traité 12 : II, 4, introduction, traduction, commentaires et notes par Eleni Perdikouri, Cerf, coll. Les écrits de Plotin, broché, 236 pages, 30 €.


Le traité 12 est un traité métaphysique à caractère technique consacré au concept de matière. Plotin y jette les bases d'une nouvelle conception de la matière qui diffère à la fois de celle d'Aristote et de celle de Platon. Il la rattache au schéma de descente hiérarchique qui fonde le monisme de sa pensée en en faisant l'ectype de ce qu'il désigne comme la matière intelligible impassible. Cette édition donne le texte en traduction, et propose un apparat critique conséquent dont un solide commentaire de près de 130 pages.


Extrait : « Quant à la question de savoir si la matière intelligible est éternelle, il faut l’examiner de la même manière qu’on ferait pour les idées : elles sont engendrées dans la mesure où elles ont une origine, mais elles sont inengendrées du fait qu’elles n’ont pas leur origine dans le temps ; elles proviennent éternellement d’un autre, non à la manière des choses qui sont perpétuellement dans le devenir, comme le monde sensible, mais en étant éternellement, comme le monde là-bas.

Car, en vérité, l’Altérité qui est dans le monde intelligible, et qui produit la matière, est éternelle ; car c’est elle qui est le principe de la matière, ainsi que le premier mouvement ; c’est pour cela que lui aussi fut appelé Altérité, parce que le Mouvement et l’Altérité sont nés ensemble ; or, aussi bien le Mouvement que l’Altérité qui viennent du premier sont indéfinis, et ont besoin de lui pour se définir ; et ils se définissent quand ils se tournent vers lui ; mais auparavant ma matière, dans la mesure où elle est altérité, est aussi indéfinie et elle n’est pas encore bonne, mais elle est non-illuminée par lui. En effet, si la lumière provient du premier, ce qui reçoit la lumière ne l’a pas de tout temps, avant de la recevoir, mais il la possède comme quelque chose d’autre, puisque la lumière lui vient d’un autre. » (p. 59-60)


 

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Boccacio. A Critical Guide to the Complete Works, edited by Victoria Kirkham, Michael Sherberg, Janet Levarie Smarr, The University of Chicago Press, hardback, 576 pages, 40 €.


De long temps célébré comme l’une des “Trois Couronnes” de Florence, Giovanni Boccaccio (1313-1375) s’essaya à toutes les formes de littérature. Ses écrits, prolifiques et novateurs – du lyrique à l’épique, de la biographie à la mythographie et la géographie, de la pastorale et de la romance à l’invective, sortent largement du cadre de la nouvelle et devinrent de puissants modèles pour les auteurs de l’Italie et de tout le continent européen. Ce recueil d’essais présente la vie et la production artistique de Boccace dans toute sa diversité encyclopédique. Explorant des genres variés, de langue latine comme italienne, il offre de brèves descriptions de toutes ses travaux, les situe au sein de son œuvre, et propose des expositions critiques de ses innovations et caractéristiques les plus saillantes. Destiné aux lecteurs de tous niveaux, cet ouvrage attirera également  les spécialistes des études médiévales et renaissantes, de l’humanisme et du classicisme, de même qu’à ceux qui s’intéressent à l’histoire de l’art et de l’édition. Ce volume contient des contributions des plus grands spécialistes américains de Boccace ainsi que des essais de contributeurs français, italiens et britanniques.


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