Voir la galerie des 41 titres reçus en avril 2014 à la librairie

 

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Les favoris de Gaëtan Flacelière :

 

 

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L'Arioste, Les Satires / Satire, édition bilingue italien / français, notes de Cesare Segre et Paul Larivaille, traductions de Paul Larivaille, Les Belles Lettres, coll. Bibliothèque italienne, broché, XLIV - 192 pages, 45€.

 

En faisant mine de raconter sa vie et ses déboires et en s’inspirant d’Horace (Juvénal, lui, l’indifférait), L'Arioste fait défiler sous les yeux du lecteur tout le spectacle de l’Italie du premier quart du XVIe siècle. Le poète, qui s’y montre surtout maître dans l'art d'ironiser avec agilité sur le monde qui l'entoure, participera grandement à la revalorisation du genre « satire » dans le climat humaniste et post-humaniste.

 

Extrait :

 

À Pietro Bembo

 

«   Bembo, je voudrais, comme le désirent tous

les pères attentifs, voir Virginio mon fils

expert en tous les arts qui ennoblissent l’homme ;

    Et voyant en toi les meilleurs et la plupart

de leurs fondements, je voudrais, au nom de notre

amitié, le confier quelque peu à tes soins.

    Ne crois pas pour autant que ma requête

soit démesurée, que je veuille que tu fasses

l’office de Démétrios ou de Musuro

    (on ne donne pas à tes paris de tels tracas)

mais simplement que tu penses et te demandes,

et aussi cherches par tes amis à savoir

    s’il y a à Padoue ou Venise un bon grec,

bon par sa science et plus encor par ses mœurs, qui

veuille bien l’instruire et chez lui l’héberger.

     Qu’il possède savoir et bonté, mais que prime

la bonté : car si bonté n’y a point,

le savoir, à mon sens, lui non plus ne vaut guère. » (Satire VI, page 45)

 

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Christian Bouchet, Isocrate l'Athénien ou La belle hégémonie : étude des relations internationales au IVe siècle a.C., Ausonius, coll. Scripta antiqua, broché, 278 pages, 25 €. 

 

Maître de rhétorique, d'abord proche des sophistes, Isocrate a assisté à nombre d'événements qui devaient altérer ou réformer la démocratie athénienne. Dans ses discours et ses lettres, ces événements s'ordonnent en fonction de la question sans cesse posée de l'hégémonie athénienne. Christian Bouchet analyse l’évolution de cette dernière dans la « pensée » politique et culturelle d’Isocrate, et propose également une nouvelle traduction du texte Sur la paix.

 

Extrait de l’introduction : « Isocrate mérite très certainement qu’on lui consacre une étude,renouvelée, pour au moins deux raisons majeures : d’abord, sa longévité remarquable (436-338) a fait de lui le témoin d’un siècle d’histoire, de la guerre du Péloponnèse à la bataille de Chéronée. La connaissance que nous pouvons avoir aujourd’hui des troubles qui ont agité Athènes à la fin du Ve siècle (avec l’épisode de la tyrannie des Trente), du prompt redressement politique, économique et militaire de la cité, de la création et du (dys)fonctionnement de la seconde Confédération maritime, de la guerre des Alliés, des relations gréco-perses et, enfin, de l’émergence de Philippe dans les affaires grecques, cette connaissance s’appuie sur ses textes, en partie au moins et avec le recul nécessaire dans la mesure où ces écrits sont souvent éloignés de la recherche de la vérité historique, ne serait-ce que par la loi du genre (éloge, propagande, conseils, exhortations…). Le regard qu’Isocrate porte sur la politique extérieure d’Athènes est empreint de subjectivité, de partialité, mais n’est pas pour autant à négliger. Au contraire même, il est celui, non seulement d’un témoin, mais aussi d’un acteur et d’un penseur. » (p. 19)

 

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Saint Augustin, Sermons sur l’Écriture, traduction de l’abbé Jean-Baptiste Raulx, édition établie et présentée par Maxence Caron, Robert Laffont, coll. Bouquins, broché, 1505 pages, 33 €

 

183 sermons conçus pour éclairer de nombreux passages ou livres de la Bible, de la lutte de Jacob avec l'ange à Moïse et le buisson ardent, en passant par les dix plaies d'Egypte, les souffrances de Job, la transfiguration du Christ sur le mont Thabor, les figures de Marthe et de Marie-Madeleine, la guérison de l'aveugle-né, les Actes des Apôtres ou les paroles de saint Paul. Cette édition de la première séquence de ses œuvres oratoires (on dénombre en tout 500 sermons), aussi importantes que La cité de Dieu ou Les Confessions, rassemble des méditations composées au fil d’un quotidien rythmé par le temps liturgique.

 

Extrait : « Rappelez-vous ce riche et ce pauvre, dont il est parlé dans l’Évangile ; l’un couvert de pourpre et de fin lin, et faisant chaque jour grande chère ; l’autre étendu à la porte du riche, souffrant de la faim, cherchant quelques miettes tombées de sa table, couvert d’ulcères et léché seulement par les chiens. Rappelez-vous ces deux hommes. Mais comment vous les rappeler, si le Christ n’est dans vos cœurs ? Dites-moi donc ce que vous lui avez demandé et ce que vous lui avez répondu.

  Le voici : « Or il arriva que cet indigent mourut et fut porté par les anges dans le sein d’Abraham. Le riche mourut aussi et fut enseveli dans l’enfer. Mais, levant les yeux, lorsqu’il était dans les tourments, il vit Lazare en repos dans le sein d’Abraham ; et s’écriant alors, il dit : Père Abraham, ayez pitié de moi, et envoyez Lazare, afin qu’il trempe son doigt dans l’eau et qu’il en fasse tomber une goutte sur ma langue, car je suis tourmenté dans cette flamme. » Cet homme superbe durant sa vie est un mendiant dans les enfers. Ce pauvre en effet obtenait encore quelque miette ; mais lui ne recueille pas une goutte d’eau. Or dites-moi quel est entre ces deux hommes celui qui est bien mort et quel est celui qui a fait une mauvaise mort ? » (Sermon CII., page, 894-895)

 

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Les favoris de Mélanie Mougin :

 

 

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Hans Blumenberg, Lions, traduit de l’allemand par Gérard Marino, Les Belles Lettres, broché, 128 pages, 17 €.

 

Voici un petit recueil posthume doublement caractéristique de l'auteur, théoricien de la métaphore et fasciné depuis toujours par la figure du lion. Des curiosités « léonines » glanées par le grand philosophe au fil de ses lectures érudites ou dans les pages des faits divers, mais toujours présentées avec une grâce souriante et souvent ironique, dans un style incisif, extraordinairement dense. 

 

Extrait : « Le lion absent. Afin de dérider son père, dont la gaieté menace de céder à la morosité de la vieillesse, la fille de Fontane, Martha (Mete), lui envoie une « scène d’école » : Le maître : Cite-moi 4 animaux vivant en Afrique. – L’écolier : 3 lions et 1 rhinocéros. Fontane la transmet à son ami Georg Friedlaender, fidèle compagnon de vacances, en ajoutant : Je la trouve de premier ordre ; ces histoires d’une drôlerie indéfinissable sont celles que je place le plus haut.


Fait-il preuve de trop de candeur ? À première vue, la plaisanterie est superficielle : l’écolier a recours à un artifice pour pallier son manque de connaissance de la faune africaine ; on n’a pas prise sur lui car il a obéi formellement à la prescription. Il y en a beaucoup de ce genre.


Mais on peut aussi imaginer l’écolier plein de la figure du lion et, supposé libre de son choix, faisant une répartition pondérée de la quantité donnée : le paysage est occupé par le triple lion et le simple rhinocéros – le reste « ne compte pas ».


Ce qui est indéfinissable dans cette « scène d’école », et que Fontane père trouve assez important pour en faire part à un très sérieux juge de tribunal d’instance, consiste dans l’éventuelle réaction muette de l’observateur ou du spectateur. Celui-ci voit l’écolier s’enthousiasmer pour les lions et connaît par ailleurs la prédilection de Fontane pour la brève maxime : « Pendant qu’on y est ! » L’écolier a hésité à risquer le tout pour le tout, à avoir le courage d’être conséquent en répondant : « Quatre lions ! » Ce qui est ici indéfinissable c’est aussi le non-définitif qui laisse en suspens la décision renforcée de voir les lions régner partout.


Il ne manquait plus qu’un lion à l’écolier pour faire triompher l’espèce. » (p. 41-42)

 

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Vincent Vandenberg, De chair et de sang. Images et pratiques du cannibalisme de l’Antiquité au Moyen Âge, Presses universitaires de Rennes / Presses universitaires François Rabelais, broché, 568 pages, 22 €.


A mi-chemin entre imaginaire et réalité, Vincent Vandenberg, historien, historien de l’art, archéologue et actuellement maître d’enseignement à l’université libre de Bruxelles, étudie les pratiques du cannibalisme et la vision véhiculée dans l'ethnographie ancienne, de l'anthropophage comme un être lointain à l'encontre des normes culturelles occidentales, en dépit de son existence dans la société au coeur de groupes marginaux.


Extrait : « Accusations de cannibalisme portées contre les chrétiens.

Il obligeait les premiers et les plus puissants parmi eux (entre autres aussi le consul Antonius) à prêter un serment monstrueux : après avoir immolé un enfant et prêté serment sur ses entrailles, il en goûta ensuite avec les autres.


C’est ainsi qu’au début du IIIe siècle de notre ère, l’historien romain Dion Cassius décrit le serment prêté par les conjurés de Catilina en 63 avant notre ère. Le récit a ici bénéficié d’un ample complément d’horreur depuis la version presque contemporaine, et particulièrement sceptique, qu’en avait donné Saluste en 43 avant notre ère […]. Deux siècles et demi plus tard, au travers d’autres auteurs, l’histoire se fixe sur un sacrifice humain – pire, un sacrifice d’enfant – aboutissant à une franche anthropophagie. […]

 

La Lettre des Martyrs de Lyon, qui rapporte les  persécutions subies par les chrétiens dans cette ville en 177, donne un caractère plus concret à l’accusation d’anthrophagie. Ce n’est, d’après le récit, que lorsque les esclaves païens des chrétiens sont torturés que le cannibalisme vient s’ajouter à des accusations d’athéisme et d’impiété : « Poussés à cela par les soldats, ils nous accusèrent faussement de nous livrer à des festins de Thyeste et à des incestes semblables à ceux d’Œdipe. » Ces « révélations » déchaînent l’hostilité de la foule et déclenchent le cycle des tortures et des mises à mort. Biblis, une femme qui avait dans un premier temps renié sa foi, se serait finalement exclamée face à ses persécuteurs qui voulaient lui arracher des blasphèmes : « Comment ces gens-là mangeraient-ils de petits enfants, alors qu’il ne leur est même pas permis de manger le sang des animaux privés de raison ? » Enfin, dans l’amphithéâtre, Attale est soumis à un supplice au parfum lui-même anthropophage et renverse métaphoriquement l’accusation : « Quant à Attale, alors qu’il était assis sur la chaise de fer et qu’il brûlait, tandis que se répandait l’odeur de son corps brûlé, il dit à la multitude en latin : « Voyez, ce que vous faites, c’est manger des hommes. […] » (p. 80-81)

 

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Deborah Mauskopf Deliyannis, Ravenna in Late Antiquity, Cambridge University Press, paperback, 460 pages, 30 €


Présentation de l’éditeur : « Ravenna was one of the most important cities of late antique Europe. Between 400 and 751 AD, it was the residence of western Roman emperors, Ostrogothic kings, and Byzantine governors of Italy, while its bishops and archbishops ranked second only to the popes. During this 350-year period, the city was progressively enlarged and enriched by remarkable works of art and architecture, many of which still survive today. Thus, Ravenna and its monuments are of critical importance to historians and art historians of the late ancient world. This book provides a comprehensive survey of Ravenna's history and monuments in late antiquity, including discussions of scholarly controversies, archaeological discoveries, and interpretations of art works. A synthesis of the voluminous literature on this topic, this volume provides an English-language entry point for the study of this fascinating city. » 

Deborah Mauskopf Deliyannis is Assistant Professor of History at Indiana University. She is the editor and translator of Agnellus of Ravenna's Liber pontificalis ecclesiae Ravennatis and is the Executive Editor of The Medieval Review.


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