Le cycle des vœux reprend comme promis. Nous espérons que vous avez tous passé un agréable Noël et laissons la parole à Jean-Christophe Saladin.

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Mesdames et Messieurs,


Je ne vous parlerai pas de l’ombre d’un âne (adage 252), mais d’un sujet très sérieux…

 

 

Ça y est, je me répète, c’est le symptôme du gâtisme qui guette les conférenciers et les universitaires.

 

 

Un seul remède : la lecture d’Apulée et de Lucien. Je ne vous ferai pas l’injure de penser que vous ne les avez pas lus, mais, on ne sait jamais… Or, notre auguste librairie dispose depuis peu de deux nouvelles traductions de l’un et de l’autre, en édition de poche, qui plus est, donc accessible même aux radins et aux étudiants pauvres. L’Âne d’or est un des romans les plus drôles que l’on puisse imaginer et sa traduction par Olivier Sers, l’une des plus drôles (et des plus exactes) que l’on puisse trouver.

 

Quant à Lucien, notre bien aimé éditeur a finalement décidé de publier la totalité de ses œuvres, sous la houlette de la grande traductrice Anne-Marie Ozanam. Son Alexandre ou le faux-prophète est le meilleur antidote aux intégrismes religieux qui sévissent de nos jours (et les musulmans ne sont peut-être pas les plus dangereux).

 

Érasme disait à qui voulait l’entendre que les deux seuls auteurs indispensables de l’Antiquité étaient Homère et Lucien. Et on peut dire qu’il s’y connaissait un peu en matière de littérature antique.

 

Si vous préférez un essai historiographique charpenté, lisez l’Atlantide de mon maître Pierre Vidal-Naquet. En ces temps de millénarisme échevelé (pas seulement maya), il vous donnera matière à penser.

 

Pour les nostalgiques du bon vieux temps du latin obligatoire à l’école et néanmoins confiants dans les temps à venir, le cadeau de Noël sera bien sûr Le latin est mort, vive le latin ! de Wilfried Stroh. C’est une histoire du latin de la préhistoire à nos jours. Un régal !

 

La présidente des Belles Lettres, Caroline Noirot m’a annoncé fièrement qu’on avait vendu à ce jour plus de mille exemplaires des Adages. Champagne ! et dépêchez-vous si vous voulez en avoir un exemplaire. Bientôt, il n’y en aura plus.

 

 

Pour terminer par un peu d’érudition, je citerai Nicolas Roudet, valeureux bibliothécaire de l’Université de Strasbourg et adagiomane averti :

 

 

Sur ce : "Bonnes fêtes de fin d'année" (Hamlet, acte 1, scène 3 ; cité d'après Morris et Goscinny, Jesse James, fol. 8v).

 

Paris, décembre 2012,

Jean-Christophe Saladin.

 

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Jean-Christophe Saladin a publié aux Belles Lettres La bataille du grec à la Renaissance, et y dirige la collection « Le miroir des humanistes ». Il est actuellement en tournée promotionnelle pour les Adages d'Erasme, projet ambitieux et inédit dont il a assuré la direction, qui a nécessité 60 traducteurs et près de dix ans d'élaboration.


Parmi les dernières parutions dans sa collection, retenons :


Coffret des Adages, d'Erasme


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Erasme, Jules, privé de paradis !


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Wilfried Stroh, La puissance du discours


Stroh, Wilfried - La puissance du discours

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