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Une bibliographie établie et commentée par Gaëtan Flacelière

Avec cette dernière bibliographie de l’été, nous vous proposons de (re)découvrir deux périodes clés de l’histoire romaine, celles qui modifièrent conflit les institutions de l’Etat et le rapport des citoyens au pouvoir et préparèrent une guerre civile entre Antoine et Octave qui fera basculer Rome dans un nouveau mode de gouvernement : l’Empire. Violentes, passionnées, riches en anecdotes, en exploits et en épisodes tragiques, ce dont Shakespeare notamment se souviendra, les guerres civiles romaines n’ont eu de cesse d’inspirer aux auteurs antiques des œuvres aux tons divers mais dont les plus beaux fruits tomberont dans le panier du genre historique, qui acquiert avec les études d’Appien et de Dion Cassius, majoritairement présentes dans cette bibliographie, sa pleine maturité.

Ouvrages généraux :

 

Hinard, François, Histoire romaine

 

 

Histoire Romaine, Tome I : des origines à Auguste, sous la direction de François Hinard, Fayard, 2000, 1078 pp., 40,60 €.



Présentation de l’éditeur : « Depuis le sillon tracé dans la terre par Romulus jusqu'à l'assassinat de César et l'instauration du principat par son petit-neveu Auguste, quatre éminents spécialistes dressent la grande fresque de la fulgurante hégémonie établie par la civilisation romaine sur la Méditerranée ; ils tissent la grande trame d'événements dont la connaissance s'est considérablement affinée depuis quelques décennies, l'éclairant de problématiques nouvelles, sans que jamais le récit perde de sa saveur. Au-delà du fonds commun de " culture classique " qu'il y retrouvera, le lecteur découvrira également un monde différent de celui qu'on lui a longtemps présenté. En un mot, voici une nouvelle Histoire romaine. »

 

Mommsen, Theodor - Histoire romaine, vol 2.

 

Theodor Mommsen, Histoire romaine, Vol. 2, édition présentée et établie par Claude Nicolet, Robert Laffont, coll. Bouquins, 1985, 2ème tirage, 2011, 1076 pp., 29,40 €.


Présentation de l’éditeur : « Prix Nobel de littérature en 1903, Theodor Mommsen est peut-être la figure dominante de la vie intellectuelle allemande du XIXe siècle. Juriste de formation, mais aussi philologue, archéologue, historien célèbre de la Rome antique, il a été de ceux qui ont révolutionné les méthodes de l'histoire en constituant en sciences exactes les « disciplines auxiliaires » - épigraphie, diplomatie, papyrographie, etc. - qui la nourrissent, organisant la publication quasi définitive des grands recueils de documents sans lesquels rien ne serait possible : le Corpus des inscriptions latines ou les Monumenta Germanicae historica. Le lecteur trouvera dans son Histoire romaine une vision peut-être partiale, mais frappante, de l'histoire de la République romaine, qui nous inspire toujours malgré les retouches qu'y a depuis apportées une science historique qui, de toute manière, doit presque tout à Mommsen. »


Première Guerre civile de Sylla et Marius (88-87 av. J.-C.)

Après la guerre sociale qui ébranla la péninsule entre 91 et 88, Sylla, le vainqueur, présenté comme un patricien débauché mais énergique, se voit accordé par le Sénat la direction de la guerre contre Mithridate, roi du Pont, qui occupe l’Asie Mineure et la Grèce. Marius, jaloux de cette préférence sénatoriale, lui enlève son commandement grâce au tribun Sulpicius. Sylla, accompagné d’une armée fidèle, marche sur Rome, anéantit ses adversaires, chasse Marius et installe ses amis au pouvoir. Alors que Sylla part en Orient reconquérir Athènes, pressurer l’Asie et défaire Mithridate, Rome est en proie au désordre. Marius revient en Italie avec une armée de pâtres et d’esclaves, et menace Rome de la famine. La ville, assiégée, capitule, et la nobilitas est massacrée. Cet ancien soldat discipliné est élu consul pour la septième fois et meurt en janvier 86 d’une crise de délire alcoolique, fruit du remords de sa conscience, s’il faut en croire les auteurs antiques.

Essais :

 

Hinard, François, Sylla

 

François Hinard, Sylla, Fayard, 1985, 326 pp., 22 €.

Cet ouvrage référent sur l’homme d’Etat révise la réputation sinistre que les auteurs anciens puis la tradition historiographique occidentale propagèrent au sujet de ce grand réformateur qui modifia en profondeur  les structures politiques de Rome.

 

Hinard, François, Sullana varia

 

François Hinard, Sullana Varia : aux sources de la première guerre civile romaine, De Boccard, 2008, 166 pp., 29 €.

Etude sur la première guerre civile romaine et en particulier sur le rôle de Sylla dans le conflit. L'examen porte sur les troubles de cette année, sur la dictature de 82-81 et sur les conséquences, dans les décennies qui ont suivies, des divers événements de cette période.

 

 

Textes sources :

Appien, Histoire romaine, T8, Livre 13 

Appien, Histoire romaine. Tome VIII, Livre XIII. Guerres civiles Livre I, texte établi et traduit par Paul Goukowsky, annoté par François Hinard, Les Belles Lettres, coll. C.U.F., 2008, 211 pp., 66 €.

Présentation de l’éditeur : « Plus de soixante années de « séditions, rixes, querelles, meurtres, guerres » : de 133 à 70 avant J.-C., l'histoire de Rome et de l'Italie est une grande épopée de bruit et de fureur qu’animent les grandes figures des Gracques, de Marius, Sylla, Pompée et Crassus. Guerres civiles, Guerre Sociale, révolte de Spartacus, tout concourt aux malheurs et pourtant l’Empire romain s’étend et Rome accroît sa puissance. Le livre I des Guerres Civiles, partie de l’Histoire Romaine d’Appien d’Alexandrie (né vers 90 ap. J.-C. et mort vers 160), est le seul récit continu de cette période, un récit tragique où les analyses économiques et politiques ont un écho étrangement moderne. »
 

Plutarque, Vies T6 

 

Plutarque, Vies. Tome VI : Pyrrhos-Marius, Lysandre-Sylla, texte établi et traduit par Robert Flacelière et Emile Chambry, Les Belles Lettres, coll. C.U.F., 1971, 2ème tirage, 2003, 350 pp., 35,50 €.

Dans ce volume, l’unique biographie de Sylla laissée par un auteur antique, qui assied la légende d’un homme d’origine modeste mais formé aux lettres grecques d’une si remarquable manière qu’on le présente comme digne des plus grands savants de l’Antiquité.



La Guerre civile de César (50-45 av. J.C.)

Pendant que César mène sa guerre dans les Gaules, à Rome, Pompée est dédaigné par le Sénat et combattu par Clodius. Une entrevue à Lucques, en 56, prolonge le triumvirat entre César, Pompée et Crassus, mais ce dernier meurt dans une expédition contre les Parthes. Clodius est assassiné par un rival et l’émeute ensanglante Rome. Le Sénat, terrorisé, confie des pouvoirs dictatoriaux à Pompée, qui se brouille avec César. Inquiet et au courant des plans de ses ennemis souhaitant l’assassiner dès qu’il rentrerait de Gaule, César fait un coup d’Etat, franchit la frontière du Rubicon avec ses soldats et marche sur Rome. En quatre ans César enlève à Pompée et à ses soutiens toutes les provinces romaines. En 49, il conquiert l’Espagne par la victoire de Lérida ; en 48, il bat Pompée à Pharsale, que le roi d’Egypte fait égorger ; en 46, il écrase les Pompéiens à Thapsus, en Afrique, et oblige Caton, son principal ennemi, à se suicider ; en 45, il détruit la dernière armée pompéienne à Munda, en Espagne. Il revient à Rome où le peuple lui accorde la dictature à vie.
Pour une étude détaillée du contexte politique, économique et social, nous vous invitons à  vous reporter aux ouvrages généraux présentés au début de cette bibliographie et aux notices des textes sources publiés aux Belles Lettres dans la Collection des Universités de France ainsi qu'à l’essai de Canfora présenté ci-dessous.

Essais :

Canfora, Luciano - César, le dictateur démocrate 

 

Luciano Canfora, Jules César : le dictateur démocrate, traduit de l’italien par Corinne Paul-Maier, Flammarion, 3 ème édition, 2009, 496 pp., 29,40 €.

Présentation de l’éditeur : « Héros de nos manuels scolaires, modèle de nos grands hommes - de Charles-Quint à Napoléon Bonaparte, en passant par Louis XIV -, Jules César est un maillon essentiel de l'histoire politique européenne. Mais quel homme fut-il ? Dictateur, Jules César chercha toujours à asseoir son autorité sur le lien privilégié qui l'unissait au peuple. Propagateur de la culture romaine chez les populations celtes d'Europe, il fut également l'impitoyable guerrier de la campagne des Gaules, dont on relèvera le caractère génocidaire à l'époque moderne. Enfin, au faîte de sa puissance, il fut assassiné dans des circonstances qui comptent parmi les grandes énigmes politiques et psychologiques de l'histoire. Cette biographie repose sur une connaissance exhaustive des sources historiographiques anciennes, qui permet à Luciano Canfora de brosser le portrait étonnamment précis d'une personnalité complexe, dont l'entreprise de «romanisation» est à l'origine de l'Europe moderne. »

Textes sources :

 

César, guerre civile T1

 

César, Guerre Civile. Tome I : Livres I-II, texte établi et traduit par Pierre-Antoine Fabre, 1936, Les Belles Lettres, coll. C.U.F, 1936, 9ème  édition revue et corrigée par A. Balland, 2012, 4ème tirage, 2012, 221 pp., 35 €.

César, guerre civile T2 

 

César, Guerre Civile. Tome II : Livre III, texte établi et traduit par Pierre-Antoine Fabre, Les Belles Lettres, coll. C.U.F, 1936, 8ème  édition revue et corrigée par A. Balland, 2010, 248 pp., 28,40 €.

Présentation de l’éditeur : « La République se meurt, rongée par les dissensions de César et de Pompée: de fait César règne sur l'Occident et Pompée sur l'Orient, mais cela ne suffit à aucun des deux hommes. Pompée ne tarde pas à être éliminé en Egypte, César triomphe, et la République est aux yeux de tous d’ores et déjà condamnée. De ce duel à mort, César se justifie dans ce qui nous est parvenu sous le titre de Bellum civile. Très différent du Bellum Gallicum qui appartient au genre des mémoires, le Bellum civile est à la fois une apologie et un pamphlet. Rédigé après les événements narrés, probablement aux alentours de 46, le texte justifie la politique de César. Le pamphlet est l’occasion d’une truculente galerie de portraits où le lecteur retrouve un Pompée plein de suffisance et de vanité, un Caton aigri et un Scipion impie, cupide et tyrannique. »

 

Appien, les guerres civiles à Rome L2

 

Appien, Les Guerres civiles à Rome. Livre II, Traduction de J.-I. Combes-Dounous. Introduction, révision et notes de Ph. Torrens, Les Belles Lettres, coll. La Roue à Livres, 1993, 2ème tirage, 2004, 208 pp., 20,30 €.

Présentation de l’éditeur : « De 66 à 44 avant J.-C., les crises à Rome se succèdent et s'aggravent jusqu'à embraser le monde méditerranéen tout entier. L’historien grec Appien d’Alexandrie se montre fasciné par le spectacle de ces passions politiques déchaînées, par cette scène perpétuellement changeante sur laquelle défilent des acteurs illustres et consommés, dans toutes sortes de rôles : César l’audacieux, Pompée le rusé, puis le désemparé, Cicéron le vaniteux, Clodius l’impétueux, Caton le vertueux, Antoine le débrouillard, Lépide le maladroit… Le destin se joue de tous les héros et leur réserve une grande diversité de fins tragiques auxquelles se mêlent des épisodes grotesques. »

 

dion cassius, histoire romaine livres 38 39 40

 

Dion Cassius, Histoire Romaine. Livres 38, 39, 40, texte édité par Guy Lachenaud, traduit et commenté par Guy Lachenaud et Marianne Coudry, Les Belles Lettres, coll. C.U.F, 2011, 483 pp., 53 €.

Les trois livres présentent une unité de propos, raison pour laquelle ils sont réunis dans le même volume : la rupture progressive de l'alliance formée en 60 entre César, Pompée et Crassus, dont les ambitions rivales, qui s’exercent à la fois à Rome et sur les théâtres d’opérations extérieurs, conduisent à la guerre civile. Ces livres sont particulièrement intéressants pour comprendre la dégradation du fonctionnement des institutions et des mœurs, ainsi que les campagnes en Gaule et contre les Parthes.


Dion Cassius, livres 40-41
 

 

Dion Cassius, Histoire romaine. Livres 40 & 41, Introduction, traduction et notes par Michèle Rosellini, Les Belles Lettres, coll. La Roue à Livres, 1996, 208 pp., 21,30 €.

Présentation de l’éditeur : « Les sept années (54 à 48 av. J.-C.) que couvrent les livres 40 et 41 de l'Histoire romaine de Dion Cassius sont cruciales : l'éclatement du triumvirat qui s’est partagé le pouvoir et l’empire, la puissance grandissante de César auréolé par ses conquêtes gauloises et son affrontement avec l’autre général dévoré d’ambition, Pompée, marquent virtuellement la fin de la République.  Avec un recul de trois siècles et demi, Dion Cassius, sénateur romain et historien grec, montre, sans prendre parti pour l’un ou pour l’autre des deux adversaires, l’impuissance du Sénat, la faillite des institutions républicaines et la tyrannie naissante des dynastes. Il le fait dans un récit qui privilégie les scènes et dramatise les fureurs et les déchirements qui traversent les citoyens des deux camps emportés dans la même guerre sans merci. »

 cesar, guerre d'afrique

 

César (Pseudo-), Guerre d’Afrique, texte établi et traduit par A. Bouvet,  Les Belles Lettres, coll. C.U.F, 1947, 2ème édition revue, corrigée et augmentée par J.-C. Richard, 1997, 2ème tirage, 2002, 308 pp., 45,70€.

La Guerre d’Afrique narre la campagne dirigée par César en Afrique entre octobre et avril 46, où s’étaient réfugiés Scipion et Caton après la bataille de Pharsale. L’auteur, témoin oculaire des événements, offre des renseignements d’un intérêt exceptionnel sur les principales étapes de cette guerre brève mais extrêmement violente : l’entraînement des troupes, le dressage d’éléphant par Scipion, la lutte de César contre les Numides, la bataille de Thapsus, décisive, le suicide de Caton et la mort de Scipion. Un document capital, Plutarque, Dion Cassius et Appien ne s’étendant sur ces événements que de manière très succincte.

 

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César (Pseudo-), Guerre d’Espagne, Texte établi et traduit par Nicole Diouron,  Les Belles Lettres, coll. C.U.F, 1999, 2 ème tirage, 2002, 248 pp., 41,60€.

De février à avril 45, César partit combattre en Espagne les fils de Pompée, jeunes mais dotés d’un caractère audacieux qui leur permirent de réunir assez de troupes pour effrayer le célèbre consul. Cette chronique propose des renseignements précieux sur la bataille de Munda, qu’Appien et Plutarque ne font que survoler. « J’ai souvent combattu pour la victoire, mais c’est la première fois que j’ai lutté pour ma vie » aurait dit César à ses amis après la bataille. Ce sera sa dernière guerre. Le 12 avril, la tête de Pompée est apportée à César par des partisans. La plus célèbre Guerre civile romaine s’achève dans un triomphe que Plutarque par ailleurs regrettera, car il n’y a selon lui pas lieu de se réjouir de la mort de Romains.

 

suetone, vies des douze cesars

 

Suétone, Vies des douze Césars. César – Auguste, texte établi et traduit par Henri Ailloud. Introduction et notes par François L'Yvonnet, Les Belles Lettres, coll. Classiques en poche, 2008, 272 pp., 9,20 €.

Extrait de l’introduction : « […] Cette  « vie » est sans conteste l’une des plus réussies. César apparaît tel qu’en lui-même, divinement paré de tous les dons. On assiste à la montée en puissance du jeune patricien, des premières armes asiatiques au tribunat militaire. A mesure qu’avance le récit, Suétone éclaire un destin dont l’accomplissement est moins l’effet des conquêtes successives que le fruit d’une sorte de mûrissement intérieur. La lente mais sûre germination d’une volonté, jusqu’à son apothéose. »

 

Dupont, Claude - La véritable histoire de Pompée


La véritable histoire de Pompée, textes réunis et commentés par Claude Dupont, Les Belles Lettres, coll. La véritable Histoire, 2011, 216 pp., 13,20 €.

Présentation de l’éditeur : « Avec Vercingétorix, Pompée (106-48) fut le second grand ennemi que César dut vaincre. Général à 23 ans, Pompée prend le parti de Sylla contre Marius, Victorieux en Afrique, en Sicile et en Espagne, il est acclamé imperator et reçoit de Sylla le surnom de Maximus, « Le Grand » en référence au conquérant macédonien Alexandre. Puis ce sont les succès contre le gladiateur Spartacus et contre les pirates qui sèment la terreur en Méditerranée. Il étend l'empire romain en Orient par ses victoires contre Mithridate et pacifie la Judée. En 60, il fait partie du premier triumvirat avec César et Crassus et épouse Julia, la fille de César. Après la mort de Crassus et alors que César est en Gaule pour vaincre Vercingétorix, Pompée est nommé consul unique pour réprimer les troubles qui sévissent à Rome. C'est en franchissant le Rubicon et en marchant en armes sur Rome que César se met hors la loi en 49. La guerre civile est déclarée. Pompée passe en Grèce avec ses partisans dont Brutus et Cicéron pour constituer une armée imposante. Le 9 août 48, il sera battu à la bataille de Pharsale et mourra décapité par les sbires du pharaon Ptolémée XIII sur les rives de l'Egypte.
Il est écrit que César, en découvrant la tête de son ennemi, pleura.
Appien, César, Cicéron, Dion Cassius, Flavius Josèphe, Lucain, Plutarque, Suétone et Velleius Paterculus nous racontent. »

Retrouvez en ligne le passionnant entretien avec Claude Dupont sur la figure de Pompée et la guerre civile vue par celui qui la perd:

 

La véritable histoire de Pompée : entretien avec Claude Dupont.

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