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L’été « biblio » reprend, après cette courte interruption. Vous pouvez retrouver nos trois bibliographies de juillet : L’enfance du christianisme, Orphée et l’orphisme et l’agrégation de Lettres classiques section 2013. Merci de votre fidélité.
La Bibliothèque de Photius : Pouvoir et lectures à Byzance.
Une bibliographie établie et commentée par Paméla Ramos.
Photius, n’ayons pas peur des mots, est inconnu aux yeux même d’un public cultivé qui, d’ailleurs, n’en saura généralement pas
beaucoup plus sur son contexte, l'Empire byzantin, que l’on a coutume de baliser depuis la fondation de Constantinople par Constantin en 330 à sa chute en 1453, lors de sa prise par les
Turcs.
Or, au même titre que l’Antiquité tardive avec laquelle elle partage quelques dates, cette charnière fut le terrain d’intenses
mutations et de schismes, après avoir été la dernière unité s’il en fut entre la Rome éternelle légant pourtant sur son lit de mort ses institutions et une bonne partie de sa société aux
civilisations à venir, la Grèce au miracle intellectuel sans cesse admiré, dont les œuvres païennes connaîtront une Pré-Renaissance au siècle de Photius et en partie grâce à son impulsion, et le
christianisme primitif puis orthodoxe et surtout définitivement lié au pouvoir.
C’est en cette qualité mixte d’érudit patriarche de Constantinople qu’intervient ici Photius, dans le dernier empire romain
d’Orient, au IXe siècle. Personnage controversé à la vie mouvementée, tenu pour responsable du schisme entre l’Orient et l’Occident et plusieurs fois tombé en disgrâce, il doit en
découdre avec les empereurs successifs tout en composant une somme monumentale d’écrits dont sa fabuleuse Bibliothèque, ou Myriobiblos, un recueil de près de 300 notes de
lectures assemblées pour son frère alors qu’il se trouve loin de chez lui à Bagdad, selon l’hypothèse la plus simple. Car quelles que soient les raisons de la composition de ce rassemblement de
recensions et de critiques littéraires indépendantes, cet ouvrage conséquent, passionné et curieux, nous permet aujourd’hui de découvrir ce qu’a pu retenir un intellectuel byzantin de son
Antiquité plus ou moins proche. Mais il a surtout conservé pour la postérité un grand nombre de références dont les livres complets sont perdus aujourd’hui et dont nous ignorerions autrement
l’existence. Il promet enfin, et cela sera apprécié par tout lecteur insatiable moderne, le résumé d’une foule de sources plus ou moins essentielles à nos yeux et toujours plus de conseils sur
les auteurs à lire… ou à éviter.
1. Le texte
• La Bibliothèque est complète en bilingue grec-français en huit tomes + un index aux Belles Lettres. Le détail de
chaque tome se trouve dans la fiche en lien avec celui-ci :
Photius, Bibliothèque, volume 1: Codices 1 – 83, texte établi et traduit par R. Henry, Les Belles Lettres, coll. C.U.F. série
grecque, 1959, 2e tirage 2003, 393 pages, 31,50 €.
L’introduction donnée par René Henry, vivante et passionnante, permet de situer les éléments biographiques et
philologiques nécessaires, tout en éclairant le lecteur sur les diverses hypothèses retenues quant à la composition initiale de l’ouvrage. On y apprend notamment la passion de Photius pour la
langue grecque « pure », son humanisme chrétien et son admiration sans faille pour saint Paul, entre autres anecdotes ponctuant des informations historiques et culturelles. Il situe la
composition de la Bibliothèque en l’an 855. Enfin, on y apprend que l’auteur est fiable, et les erreurs quasi absentes de son corpus.
Photius, Bibliothèque, volume 2: Codices 84 – 185, texte établi
et traduit par R. Henry, Les Belles Lettres, coll. C.U.F. série grecque, 1960, 2e tirage 2003, 429 pages, 31,50 €.
Photius, Bibliothèque, volume 3: Codices 186 – 222, texte établi et traduit par R. Henry, Les Belles Lettres, coll. C.U.F. série grecque,
1962, 2e tirage 2003, 473 pages, 31,50 €.
Photius, Bibliothèque, volume 4: Codices 223 – 229, texte établi et traduit par R. Henry, Les Belles Lettres, coll. C.U.F. série grecque,
1965, 2e tirage 2003, 356 pages, 31,50 €.
Photius, Bibliothèque, volume 5: Codices 230 – 241, texte établi et traduit par R. Henry, Les Belles Lettres, coll. C.U.F. série grecque,
1967, 2e tirage 2003, 431 pages, 31,50 €.
Photius, Bibliothèque, volume 6: Codices 242 – 245, texte établi
et traduit par R. Henry, Les Belles Lettres, coll. C.U.F. série grecque, 1971, 2e tirage 2003, 414 pages, 31,50 €.
Photius, Bibliothèque, volume 7: Codices 246 – 256, texte établi et traduit par R. Henry, Les Belles Lettres, coll. C.U.F. série grecque,
1974, 2e tirage 2003, 462 pages, 31,50 €.
Photius, Bibliothèque, volume 8: Codices 257 – 280, texte établi et traduit par R. Henry, Les Belles Lettres, coll. C.U.F. série grecque,
1977, 2e tirage 2003, 446 pages, 31,50 €.
Photius, Bibliothèque, volume 9: Index, établi par Jacques Schamp, Les Belles Lettres, coll. C.U.F. série grecque, 1991, 2e tirage 2003, 524
pages, 62,90 €.
Présentation de l’éditeur :
« Avec ce volume d'Index, la Bibliothèque de Photius (désormais intégralement disponible dans la C.U.F.) est, même si son auteur
appartient à l'époque byzantine, le lieu unique où se trouve la seule trace d'œuvres perdues de la littérature grecque. On trouvera dans cet ouvrage: un index des noms propres de personnages, un
index des vocables géographiques, un index de varia potiora, un relevé des oeuvres profanes citées, un relevé des oeuvres patristiques citées, un relevé de citations ou d'allusions à des passages
d'oeuvres de la littérature patristique, un relevé de vocables ou de locutions remarquables.
Replacer dans la C.U.F. la Bibliothèque de Photius, c'est affirmer la continuité de la civilisation et de la culture grecques de
l'époque archaïque à l'époque byzantine. Cette édition est actuellement la seule édition accompagnée d'une traduction intégrale. »
• Photios, Les codices du merveilleux, traduit du grec par René Henry, Editions Anacharsis, 2002, 136 pages, 14 €.
Présentation de l’éditeur :
« Michel Photios écrivit à Constantinople, au IXe siècle, une volumineuse Bibliothèque composée de 279 chapitres ou
codices, de taille très variable, dans lesquels il restituait le contenu de ses lectures. Nombre d’ouvrages, sans ces textes, auraient tout simplement sombré dans l’oubli.
C’est le cas pour trois des quatre codices reproduits ici, qui traitent, chacun à sa manière, des confins du monde
connu.
Le Traité sur la Mer Rouge d’Agatharchide de Cnide, L’Inde de Ctésias, la Vie d’Appolonios de Tyane de Philostrate et Les
merveilles extraordinaires d’au-delà de Thulée d’Antoine Diogène, déploient une géographie littéraire au croisement de l’ethnographie, de la botanique, de la zoologie, de la géographie et de
l’histoire, avec des résonnances politiques et philosophiques que Photios, chrétien, nous restitue, de nombreux siècles après qu’ils aient été composés.
D’abord suspicieux, il est ensuite ébahi devant la diversité de la Création et la capacité d’invention des hommes. Et c’est avec
complaisance qu’il retranscrit la description de la licorne, la chasse à l’éléphant en Éthiopie ou les pouvoirs magiques des pierres précieuses de l’Indus.
Du style laconique des notes de lecture de Photios s’échappe finalement, intacte, la force évocatrice de ces textes, qui ont
exercé un pouvoir de fascination millénaire sur les traditions littéraires du merveilleux, depuis Aristote jusqu’à Borges. »
Focus dépaysant sur quatre codices de géographie merveilleuse.
Voir également les autres titres de cet éditeur, dans une collection spécialement dédiée à cette période : A Byzance.
2. Histoire du texte et de son auteur
• Luciano Canfora, La bibliothèque du patriarche. Photius censuré dans la France de Mazarin, traduit de l’italien par L.-A. Sanchi,
Les Belles Lettres, coll. L’Âne d’or, 2003, 314 pages, 28,40 €.
Présentation de l’éditeur :
« Au milieu du XVIe siècle, à Venise, pendant les premières années du Concile de Trente, un livre extraordinaire
émerge du " trésor " de Bessarion: la Bibliothèque de Photius, patriarche de Constantinople au IXe siècle.
Sa redécouverte fut saluée avec joie et trépidation. Aux savants et aux humanistes, elle parut l'arche du Salut qui – comme on
le dit alors – avait sauvé du " déluge turc " tant d'auteurs grecs. À l’opposé, le monde catholique, surtout ses élites culturelles, la considéra avec méfiance; son auteur était tout de même
l’artisan “ diabolique ” du conflit avec Rome d’où avait jailli le Schisme d’Orient.
Cette œuvre ne fut publiée qu’au début du XVIIe siècle – trois fois en cinquante ans – et toujours chez des éditeurs
protestants. La troisième édition, la plus heureuse, celle de Rouen (1653), cache une énigme: par qui a-t-elle été préparée? Que cache le mystérieux sigle placé à la fin de la préface? Pourquoi
le tirage a-t-il été modifié, avec la disparition de cette préface? A-t-elle disparu totalement?
La question est résolue par la sagacité de Luciano Canfora, qui conduit le lecteur le long d’un parcours riche en surprises, de
Byzance jusqu’à la France de Mazarin et à l’Europe protestante, sur fond de guerres de Religion. »
• Jean Irigoin, « Survie et renouveau de la litterature antique à Constantinople (IXe siècle) », in La tradition des textes
grecs, Pour une critique historique, Les Belles Lettres, coll. L’Âne d’or, 2003, 788 pages, 40,60 €. *COUP DE CŒUR*
Présentation de l’éditeur :
« L'antiquité grecque a connu aussi bien des ouvrages destinés à la publication que des poèmes de circonstance – une ode
destinée à célébrer une victoire aux Jeux olympiques, une tragédie ou une comédie présentée au concours des Grandes Dionysies, toutes destinées à une représentation unique.
Comment, à vingt-cinq siècles de distance, des œuvres aussi différentes nous sont-elles parvenues ? quelles ont été les étapes
de leur transmission ? quelle garantie avons-nous d’avoir affaire au texte original ? C’est à ces questions et à d’autres que Jean Irigoin, qui a dirigé pendant trente-cinq ans la série grecque
de la Collection des Universités de France, dite aussi Collection Budé, s’est efforcé de répondre dans des articles dont une quarantaine sont réunis dans ce volume selon un plan
logique.
Après une présentation des principes de base sur lesquels se fonde toute édition critique, et des problèmes généraux auxquels
celle-ci se trouve confrontée, une douzaine d’études de cas offrent des exemples tirés de divers auteurs de l’antiquité, et autant sont centrées sur une même région, trop méconnue dans l’histoire
des textes grecs, l’Italie du Sud, Sicile comprise.
L’invention de l’imprimerie mettra fin à l’usage exclusif des copies à la main, mais les problèmes de transmission restent posés
et les solutions varient d’un éditeur à l’autre. »
Dans cet article de plus de quarante pages, situé page 197 du volume, une forte place est faite à Photius et à sa
biographie, son œuvre et ses contemporains intellectuels.
L’on pourra également consulter, pour une étude de cas exigeante, l’article « Les manuscrits d’historiens grecs et
byzantins à 32 lignes », page 295.
3. Contexte politique, religieux et culturel de Byzance au IXe siècle
• Michel Kaplan, Byzance, Les Belles Lettres, coll. Guides Belles Lettres des Civilisations, 2007, 304 pages, 17,80 €.
Présentation de l’éditeur :
« Continuateur de l’Empire romain depuis la fondation de Constantinople en 330 jusqu’à sa chute en 1453, l’Empire byzantin fut
la première puissance de la chrétienté dont la religion orthodoxe est l’héritière directe. Établi en Asie comme en Europe, il a tissé un lien fort entre ces deux continents. Son héritage
artistique fabuleux et son rôle décisif dans la transmission des textes de l’Antiquité grecque ont assuré la gloire d’une civilisation qui a su enrichir son respect des traditions d’une
fascinante audace créatrice. »
Un guide thématique qui fait figure d’introduction solide, brillante, complète et accessible à cette période méconnue,
par un de ses historiens de référence.
• Une trilogie indispensable , Le Monde byzantin, par Louis Bréhier :
Lorsque, à la fin de sa vie, Louis Bréhier (1868-1951) fit entrer Byzance dans la prestigieuse collection de L'Évolution de
l'Humanité en publiant Le Monde byzantin en trois volumes, Vie et mort de Byzance, Les Institutions du monde byzantin, La Civilisation byzantine, il achevait par une ample
synthèse une oeuvre d'historien que l'on découvre encore avec admiration.
Louis Bréhier, Vie et mort de Byzance, Albin Michel (coll. L’Evolution de l’Humanité, semi poche, 2006) 634 pages, 20,30
€.
« Vie et mort de Byzance, premier volume de cette trilogie, malgré les retouches de détail que suggèrent les découvertes ou
mises au point postérieures, reste un modèle du genre, d'abord parce qu'il est écrit dans un style transparent, ensuite parce qu'il sélectionne les faits pour leur signification, mais les raconte
dans leur foisonnement, au plus près de sources scrupuleusement notées, et presque dans leur langage. »
Louis Bréhier, Institutions du monde byzantin, Albin Michel (coll. L’Evolution de l’Humanité, poche, 1970), 640 pages, 15,20
€.
« Ce volume s'attache à l'étude de la société, en analyse les structures et les fonctions : Louis Bréhier parle de "
l’expérience sociologique que représente l'histoire de Byzance ". Expérience qui aurait pu se poursuivre bien plus longtemps si les principes politiques qui firent sa grandeur n'avaient pas été
abandonnés au XIe siècle. Le progrès de l'absolutisme basé sur la puissance de l'armée avait déjà conduit Rome à la catastrophe. La nouveauté, par rapport à Rome, c'est que Byzance
avait une mission spirituelle: la conversion de Constantin lui enjoignait " de soumettre tous les peuples et de faire régner le christianisme sur toute la terre ".
Autour du souverain il y a l’Administration, le Palais, dont les préoccupations essentielles semblent avoir été l'étiquette, la
pompe des cérémonies, les titres et le luxe des costumes... Le lecteur sera étonné et émerveillé par les pages si documentées que Louis Bréhier consacre à ces " questions importantes
".
Des chapitres sont consacrés aux grands Services de l'Etat, dont le mécanisme est soigneusement examiné : la justice, les
finances, la diplomatie, la poste impériale, l'armée et la défense de l'Empire, la marine impériale. En mille ans les modes d`administration, les moeurs politiques ont bien souvent changé - mais
pas toujours, hélas, dans le bon sens...
La dernière partie de l'ouvrage analyse le statut et le rôle de l'Eglise. A Byzance comme pour tout Etat médiéval - chrétien ou
musulman , les institutions civiles et religieuses sont liées intimement. II y eut enfin, dans les derniers siècles, le grand développement monastique que l'on sait et qui ne fut pas la moindre
cause de l'effondrement final. »
Louis Bréhier, La civilisation byzantine, Albin Michel (coll. L’Evolution de l’Humanité, poche, 1970), 623 pages, 7,80
€.
« La civilisation byzantine, est le troisième volume de cette trilogie. Après les événements, après les institutions, qui
faisaient l'objet des deux premiers volumes, c'est, dans les pages qu'on va lire, la civilisation, la vie matérielle, la vie spirituelle et intellectuelle sous tous leurs aspects qui sont
présentées.
Byzance trouve ainsi sa véritable place dans le long développement de l'esprit humain. »
• Ostrogorski, Georgije, Histoire de l’Etat byzantin, traduit de l’allemand par Jean Gouillard, Payot, 1956, nouvelle édition 2007,
647 pages, 42 €. *REFERENCE*
Présentation de l’éditeur :
« «Structure romaine de l'État, culture grecque et foi chrétienne : telles sont les grandes sources d'où Byzance est sortie.
Supprimez l'un de ces trois éléments, et le fait byzantin devient inconcevable. Seule la synthèse de la culture hellénistique et de la religion chrétienne avec la forme romaine de l'État a rendu
possible la constitution de ce phénomène historique que nous appelons l'Empire byzantin. Byzance a sauvegardé l'héritage antique et elle a rempli ainsi une mission historique. Elle a sauvé de la
disparition le droit romain, la poésie, la philosophie et la science grecques, pour transmettre ensuite le grand héritage à l'Europe occidentale.» Voici rééditée la monumentale synthèse de
Georgije Ostrogorski (1902-1976), qui fut professeur à l'université de Belgrade. L'un des premiers byzantinistes à exploiter aussi bien des sources occidentales que slaves et grecques, il dégage
de mille ans d'histoire un brillant exposé des institutions et de leurs rapports avec les événements, les structures sociales et l'évolution des idées. »
Plusieurs fois mentionné au long du chapitre 4 « L’apogée de l’empire byzantin », Photius y apparaît aux côtés de Bardas
et Constantin comme l’une des trois figures emblématiques accompagnant le jeune règne de Michel III.
• Alain Ducellier, Les Byzantins, Histoire et culture, Seuil, coll. Points Histoire, édition remaniée 1988, 275 pages, 8,10
€.
Présentation de l’éditeur :
« 1453 : prise de Constantinople par les Turcs. A part cette date fatidique, tirée de la chronologie obligée de " l'honnête
homme ", que savons-nous des Byzantins ? Le mot pris comme adjectif se rapporte à des raffinements, à des spéculations creuses, voire à des brutalités barbares. Pourtant, la civilisation
byzantine - qui fait le lien entre l'Emprire romain et notre Moyen Age renaissant - a été un grand millénaire de l'histoire universelle, dont l'influence reste prégnante sur de nombreux pays.
»
Un ouvrage synthétique et essentiel pour appréhender le monde byzantin dans son ensemble.
• Alain Ducellier, Byzance et le monde orthodoxe, Armand Colin, 3e édition 2006, 47,80 €.
Présentation de l’éditeur : « Une histoire plus que millénaire depuis la fondation par Constantin d'une nouvelle Rome, romaine
par ses institutions, grecque par son peuplement, sa langue, sa culture.
Pourtant l'histoire de Byzance ne se confond pas avec le destin d'un Empire aux grandes ambitions mais aux faibles moyens,
méditerranéen sous Justinien, eurasiatique à son apogée, ramassé sur Constantinople et le Péloponnèse à la veille de sa chute sous les coups des Ottomans et des Latins.
Malgré de nombreuses aventures guerrières, la seule véritable expansion que connut l'Empire byzantin est de nature pacifique et
religieuse ; celle de la culture orthodoxe, d'une idéologie qui, autour de l'empereur puis dans le sillage de l'Église, irrigue au Moyen Âge non seulement Byzance, mais aussi la majeure partie
des pays slaves, au premier rang desquels figure la Russie. Permanences et mutations qui vont donner naissance au mythe de Moscou, troisième Rome, et contribuer à façonner les bases économiques
et sociales mais surtout les mentalités spécifiques de l'Europe orientale.
Au carrefour de l'Orient et de l'hellénisme s'est donc développée une civilisation d'une richesse éblouissante qui fascinera les
Occidentaux ; qu'il s'agisse des icônes ou des miniatures qui illustrent les manuscrits, des innombrables églises que décorent fresques et mosaïques, cet art évoque le sacré sous un aspect à la
fois solennel et vraisemblable, mais aussi les aspects les plus divers de la vie quotidienne.
On comprendra qu'un soin tout particulier ait été apporté, hors des sentiers battus, à l'illustration de ce livre. »
En plus d’une remarquable iconographie de reproductions et de cartes (noir et blanc, toutefois), illustrant à merveille
l’héritage culturel immense légué par cette période, l’ouvrage propose une bibliographie solide et un glossaire des termes spécifiques tout à fait appréciés.
Un panorama complet pédagogique, augmenté de cartes et d’annexes, adapté aux étudiants et aux
chercheurs.
• Steven Runciman, Le Schisme d’Orient, La papauté et les Eglises d'Orient. XIe - XIIe siècles, traduit de
l’anglais par Hugues Defrance, Les Belles Lettres, coll. Histoire, 2008, 204 pages, 23,40 €. *REFERENCE*
Présentation de l’éditeur :
« Comment les catholiques et les orthodoxes, qui partagent la même foi, en sont-ils venus à se séparer ? Dans ce livre, l'auteur
se donne pour tâche de raconter l’histoire de la rupture entre l’Église de Rome et les Églises d’Orient, en la replaçant dans son cadre historique. On croit généralement que la séparation se
produisit en 1054 et eut pour causes des divergences d’ordre politique et doctrinal. Steven Runciman démontre que le schisme fut en réalité le résultat d’un éloignement progressif au cours des
siècles précédents des traditions et de l’idéologie des Chrétientés occidentale et orientale, que l’invasion normande en Italie, l’aspiration à la suprématie d’une papauté réformée au onzième
siècle et la grande migration des croisades mirent soudain en lumière, et qu’il ne fut réellement consommé qu’au début du treizième siècle, avec le tragique épisode du sac de Constantinople par
les Croisés. »
• Olivier Clément, L’essor du christianisme oriental, Desclée de Brouwer, coll. Théophanie, 2009, 144 pages, 15,30
€.
Présentation de l’éditeur :
« Comment situer et comprendre la séparation qui, du IXe au XIIIe siècle, s'est produite entre l'Orient et l'Occident chrétiens
? Comment bien percevoir cette rupture qui n'est pas seulement un choc religieux mais aussi la matrice de deux mondes, de deux univers de mentalités ? Et surtout comment la mesurer en profondeur,
au-delà du simple déroulé des événements ?
Si les premiers siècles constituent un cycle christologique à travers la définition des dogmes liés au Christ, la période du IXe
au XIIIe siècle est celle de l'intériorisation de ceux-ci, cycle dominé par le Saint-Esprit. Olivier Clément explique ce développement de manière lumineuse. »
Le point de vue théologique d’un grand historien orthodoxe contemporain.
• Evelyne Patlagean, Un Moyen Âge grec. Byzance Xe - XVe siècle, Albin Michel, coll. L’Evolution de
l’Humanité, 2007, 480 pages, 26,40 €.
Présentation de l’éditeur :
« Disparue corps et biens au milieu du XVe siècle, Byzance occupe dans l'historiographie une place paradoxale. Face à
la lente construction des sociétés occidentales et du monde turco-musulman, elle apparaît comme une Antiquité continuée à laquelle la chute de Constantinople en 1453 mit fin. Elle doit en bonne
partie ce statut atypique à la conviction des historiens de la période médiévale que la «féodalité» qui caractérisa l'Occident fut l'exclusivité d'une «Europe fille des invasions».
Remontant à la source de cette interprétation, Évelyne Patlagean propose un réexamen de l'histoire byzantine des
IXe-XVe siècles à la lumière du livre fondateur de Marc Bloch La Société féodale. L'entourage impérial, le milieu aristocratique, l'appareil d'État sont ainsi analysés du
point de vue des liens familiaux et sociaux, des engagements de fidélité et de l'organisation des pouvoirs. La société byzantine apparaît alors sous un jour nouveau, comme une composante à part
entière du monde médiéval. Le «Moyen Âge grec» révélé par ce livre redonne sa place à Byzance dans la lente gestation des structures sociales et des pouvoirs issus de la société antique et fait
sortir l'Empire d'Orient de l'obscurité où la cantonnent trop souvent encore les historiens du monde occidental. »
Byzance doit elle être considérée comme fille de l’Antiquité ou bel et bien du Moyen Âge ? Professeur spécialiste de
l’histoire de cette période, Evelyne Patlagean démontre ici la place plus déterminante qu’on ne le pense de Byzance dans l’historiographie du monde occidental : malgré ses structures héritées de
Rome, elle ne s’opposerait pas en effet à la féodalité chrétienne mais partagerait avec elle une évolution renvoyant à un passé commun.
• Guglielmo Cavallo, Lire à Byzance, traduit de l’italien par Paolo Odorico et Alain-Philippe Segonds, Les Belles Lettres, coll.
Séminaires byzantins, 2006, 168 pages, 23,40 €.
Présentation de l’éditeur :
« Byzance, à la différence de l’Occident, a disparu sous la déferlante ottomane en emportant avec elle le Moyen Âge grec : elle
nous est connue presque exclusivement par les témoignages écrits que ses écrivains ont laissés. Mais leurs ouvrages étaient conçus pour un public de lecteurs, qui en faisaient un usage personnel.
D’où la nécessité de définir le lecteur byzantin : quelle est sa position sociale, son attitude face au livre, ses capacités et ses possibilités de s’approprier le texte écrit ? quelle est sa
préparation culturelle. Qui lisait à Byzance ? comment le faisait-on ? y avait-il des réseaux de circulation du livre, des séances de lecture en commun ? lisait-on à haute ou à baisse voix ? y
avait-il des différences entre les lecteurs selon la couche sociale dont ils étaient issus ?
Autant de questions fondamentales pour la compréhension de la civilisation byzantine et de sa culture, à laquelle s’est attelé
Guglielmo Cavallo, l’un des spécialistes les plus reconnus dans le domaine de la byzantinologie et de la codicologie grecque. Ses séminaires tenus à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales
en 2003 trouvent ici leur expression écrite et inaugurent la collection des Séminaires Byzantins, qui se proposent de mettre à la disposition des historiens et des chercheurs un outil de travail
pour diffuser la connaissance de la civilisation du Moyen Âge grec. »

• Gilbert Dagron, Empereur et prêtre, étude sur le « césaropapisme » byzantin, Gallimard, coll. Bibliothèque des histoire, 1996,
435 pages, 27,90 €.
Présentation de l’éditeur :
« Voici longtemps que la figure de l'empereur byzantin, ce souverain qui ose parfois se dire prêtre, fascine les consciences
occidentales, tantôt modèle de la royauté dans sa plénitude et tantôt repoussoir oppressif par rapport à un modèle européen de la liberté. Mais qu'en est-il, au juste, de cette alliance des deux
pouvoirs ? C'est cette indispensable mise au point, dégageant le sujet des mythes et des clichés qui l'encombrent, que donne ici Gilbert Dagron, professeur au Collège de France. Si l'Occident
chrétien a érigé en règle la distinction entre un " pouvoir spirituel ", et un " pouvoir temporel ", c'est d'abord parce que l'Empire occidental s'est très tôt morcelé et que la papauté n'a pu
devenir une véritable théocratie. En Orient, c'est l'Eglise qui est, dès l'origine, multiple, et l'empereur qui incarne la continuité, moins d'une histoire païenne que des voies choisies par Dieu
pour le salut du nouveau peuple élu. C'est en ce sens qu'un empereur est aussi un prêtre. Byzance impériale s'est toujours regardée au miroir de l'Ancien Testament. Tandis que l'Eglise insiste
sur la coupure de l'Incarnation pour mieux déjudaïser le christianisme et mettre en tutelle le pouvoir politique, les empereurs se présentent comme les héritiers du passé biblique. Ils se situent
dans une lignée idéale qu'inaugure David, que prolonge Auguste et qui doit s'achever à la fin des temps. L'historiographie, de la Réforme à nos jours, classe le dossier en faisant du "
césaropapisme " une maladie orientale. Et pourtant, comment le vrai pouvoir ne serait-il pas mixte ? La division n'est peut-être pas pensable jusqu'au bout. " Prêtre et roi, prêtre ou roi " :
mieux vaudrait reconnaître dans cette aporie politique un des problèmes fondamentaux de l'humanité. La solution orientale, telle que la reconstitue ce livre, a le puissant intérêt de l'amener en
pleine lumière. »
Dans son chapitre 7 « La royauté des patriarches », l’auteur étudie l’après-iconoclasme et le poids de l’institution
patriarcale face à l’empereur en mentionnant le parcours mouvementé et ambigu de Photius, ce fonctionnaire laïc qui va gravir tous les échelons d’ordination en cinq jours, pour être déposé puis
rappelé.
• Michel Kaplan, Pouvoirs, église et sainteté : Essai sur la société byzantine, Publications de la Sorbonne, 2011, 643
pages, 19 €.
« « Dans un monde byzantin qui ignore, au moins jusqu'au XIIIe siècle, tout procès de canonisation, est saint celui
dont la sainteté est reconnue soit par les autorités, soit par le peuple chrétien engagé dans ce sens par les hauts faits spirituels du personnage diffusés par l'hagiographie. » Les articles
réimprimés dans ce recueil ont été publiés de 1990 à 2010 dans divers ouvrages collectifs et revues. »
A travers diverses études du spécialiste français, il s'agira de comprendre les enjeux et mentalités de Byzance dans ce
recueil d’articles pour lecteur motivé.
• Nous attirons également votre attention sur notre collection byzantine dédiée aux sources de cette période aux Belles Lettres, dont les titres ne sont pas exactement en rapport
avec la Byzance de Photius mais permettent d’éclairer d’autres aspects.
Nous prêtons de plus un soin particulier à notre « section » Byzance en magasin, avec le suivi de la collection Réalités byzantines chez Lethielleux, ou encore des études byzantines rassemblées par l’Association des amis du centre d’histoire et civilisation de Byzance.
Venez nous rendre visite !
(La semaine prochaine : Julien Ries, l'Homo religiosus et les origines du sacré.)
Notre magasin est situé au 95 boulevard Raspail, 75006 Paris (Métro St Placide / Rennes).
Horaires d'ouverture:
Lundi au vendredi: 10h-19h30 sans interruption.
Samedi: 10h-12h30 / 13h-19h
Responsable: Paméla Ramos
Libraires: Gaëtan Flacelière, Mélanie Mougin
Contact: librairie@lesbelleslettres.com
Tel: 01 44 39 84 21
Fax: 01 45 44 92 88
Pour commander nos ouvrages en ligne, rendez-vous sur Abebooks.fr ou www.lesbelleslettres.com
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Yuri Pines, L'invention de la Chine éternelle. Présentation de Damien Chaussende
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(Discours d'inauguration après la rénovation intégrale du magasin, en novembre 2011).