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Une bibliographie établie et commentée par Paméla Ramos.

 

 

Julien Ries, historien belge né au Luxembourg en 1920, a été consacré par le Corriere Della Serra « plus grand spécialiste vivant des religions. » Le qualificatif est loin d’être immérité. Père d’une nouvelle discipline, l’anthropologie fondamentale de la religion, il y a déjà consacré plus de 600 ouvrages et articles tout au long de sa vie de prêtre, dont près de 40 ouvrages en langue française. Docteur en théologie et diplômé en philologie et histoire orientales, il a enseigné à l’Université de Louvain durant trente ans et inventé l’expression homo religiosus qu’on lui doit depuis lors pour illustrer sa plus fervente conviction : depuis l’aube des Temps, l’Homme est religieux, et le sacré doyen de toutes choses. En 2008, alors que le projet de son Opera Omnia (en 20 volumes) est en cours de publication chez les italiens Jaca Book, Julien Ries lègue à l’Université de Milan l’intégralité de sa bibliothèque et de ses archives afin de créer un Institut sur l’anthropologie religieuse. Décoré plusieurs fois par l’Académie française pour l’intégralité de ses recherches, il a été créé cardinal cette année par Benoît XVI.

Fondateur de  la collection bien nommée Homo Religiosus aux éditions Brepols (Belgique), que nous représentons en magasin dans son intégralité, Julien Ries a également vu plusieurs de ses ouvrages référents paraître en France aux éditions du Cerf.
A l’occasion de la parution récente chez cet éditeur d’un beau livre richement illustré, Les origines des religions, c’est tout naturellement que nous sommes heureux de vous présenter ses dix majeures publications disponibles, pour un périple passionnant dans le Temps, à l’origine du sacré.
 

 

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Julien Ries, Les origines des religions, Éditions du Cerf, 2012, 239 pages, illustrations en couleur, index et bibliographie, 44 €.

* Vient de paraître *

Ce beau livre est tout d’abord un objet : bellement illustré en couleur de représentations religieuses essentielles pour comprendre le développement du sentiment religieux dans l’Humanité, sa composition claire permet une lecture linéaire agréable et pertinente. Les légendes sont assez détaillées pour nous éclairer l’essentiel, mais ne parasitent pour autant pas la lecture du corpus.
Le plan reprend les grandes thèses de son auteur pour une introduction efficace à chacun de ses aspects. Il convient à un lecteur cultivé en ne cédant pas à une vulgarisation trop rapide et partant trop générale. Sa langue est claire et accessible, au service du savoir qu’elle redonne.
Grâce à cette combinaison de bienveillante mise à disposition des jalons nécessaires à notre compréhension et d’illustrations d’une grande diversité tant par les supports qu’elles représentent que par les cultures mises à l’honneur, on pénètre, comme le dit justement la préface de Fiorenzo Facchini, « quasiment à l’intérieur de l’expérience religieuse étudiée », pour saisir l’emprise mystique et la puissance symbolique que lui accorde l’homme, partout, avec des récurrences qui tendent à démontrer qu’il est bien un Homo religiosus depuis ses origines.

Extrait de la quatrième de couverture : « La première partie du présent volume approfondit le thème de la reconnaissance de l’homo religiosus, du développement du rapport sacré et à ses constantes : le mythe, le symbole et le rite, et enfin de la conception qu’a l’homme de la présence de l’au-delà.
Le seconde partie s’appuie sur les données de l’archéologie pour expliquer comment, bien que nous ne puissions pas identifier toute la complexité des formes religieuses de la préhistoire, nous constatons tout au long de centaines de milliers d’années la présence de l’activité symbolique, mythique et rituelle de la part de l’homme.
Ce livre retrace l’inventivité religieuse de tous les continents, de l’Asie aux Amériques, pour se clôturer sur les origines des trois monothéismes : le judaïsme, le christianisme et l’islam.

 

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 Julien Ries, L’Homme et le Sacré, Éditions du Cerf, coll. Patrimoines. Histoire des religions, 2009, 529 pages, 52 €.

Présentation de l’éditeur : « Depuis un demi- siècle, nous assistons à un grand débat sur le sacré. En vue de sortir de l'impasse, ce volume intitulé L'Homme et le Sacré propose une nouvelle synthèse des recherches. La première section fait l'examen approfondi de deux voies d'approche du sacré, à savoir : la voie de la sémantique historique qui se penche sur le vocabulaire du sacré ; et la voie de l'histoire des religions qui examine les méthodes et les théories élaborées depuis deux siècles. La deuxième section entreprend un examen des ressources et des valeurs ainsi que du rôle du sacré liés à son expérience vécue : découverte d'une vision du monde ; formation d'une conscience religieuse ; approche des structures du réel ; évaluation de la vie humaine et sa permanence post mortem ; appréhension du divin et expérience numineuse ; découverte et utilisation d'un univers symbolique que l'homo religiosus met à profit dans sa vie.

La troisième section du volume est consacrée à l'espace du sacré et au chemin vers le divin : symbolisme du centre et lieux du sacré, l'homme et l'espace sacré, symbolisme du labyrinthe, du cercle, de la montagne, de l'arbre, de la croix. Deux modèles sont privilégiés : le sanctuaire et le pèlerinage. »
 

 

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 Julien Ries, L’ « Homo religiosus » et son expérience du sacré : introduction à une nouvelle anthropologie religieuse, Éditions du Cerf, coll. Patrimoines – Histoire des religions, 2009, 524 pages, 50 €.

Présentation de l’éditeur : « L'anthropologie religieuse a besoin d'un nouveau souffle. Les grandes avancées réalisées depuis un siècle dans le domaine de la science des religions semblent indiquer une voie utile en vue de l'ouverture de nouvelles perspectives pressenties par M. Eliade, G. Dumézil, P. Ricoeur et G. Durand. L'«Homo religiosus» et son expérience du sacré constitue une introduction à une anthropologie religieuse fondée sur l'homme et sur le sacré vécu.
La première partie met en évidence les données fondatrices de pareilles expériences au cours de l'histoire humaine. De la préhistoire aux cultures du bassin de la Méditerranée ancienne, l'auteur questionne et analyse cet homme religieux et son expérience du sacré.
La seconde partie se penche sur l'homo religiosus immergé dans la modernité. L'auteur aborde la situation de l'homme et son rapport au sacré au milieu des cultures et dans la société : influences des institutions, crises et mutations du sacré, rôle des fondateurs religieux et permanence du sacré au cours des millénaires.
Cet ouvrage esquisse ainsi les perspectives d'une nouvelle anthropologie religieuse fondamentale. »
 

 

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 Julien Ries et Natale Spineto (sous dir.), Les métamorphoses du sacré : acculturation, inculturation, syncrétisme, fondamentalisme, Éditions Brepols, coll. Homo religiosus, 2010, 352 pages, 65 €.

Présentation de l’éditeur : « Au cours des dernières décennies, le Zeitgeist de notre société occidentale a connu un double mouvement, centrifuge et centripède. Le premier est marqué par un regain de sécularisation, par le laïcisme, par la querelle du sacré, par une recrudescence des sectes ainsi que par la révolution culturelle de 1968. Le second par contre connaît un renouveau dans la quête des valeurs, il a vu l'apparition d'un nouvel esprit scientifique et anthropologique et il a grandement bénéficié de l'apport du concile Vatican II. Grâce à l'oeuvre de plusieurs historiens des religions et plus spécialement à celle de Mircea Eliade, l'espace des études sur le sacré s'est élargi de manière considérable par suite de son exploration à la lumière de la phénoménologie, des recherches de sémantique historique et d'une herméneutique basée sur le comparatisme. Avec la collaboration d'une centaine d'historiens des religions et des cultures nous avons publié à Milan un Traité d'anthropologie du sacré. Le présent livre constitue l'édition française du dixième et dernier volume du Trattato italien consacré aux Métamorphoses du sacré. Dans notre dossier nous avons retenu quatre phénomènes significatifs de la rencontre du sacré dans les cultures et les religions : acculturation, inculturation, syncrétisme, fondamentalisme. Acculturation est un concept utilisé par les anthropologues depuis la fin du 19e siècle en vue de décrire des phénomènes d'échanges culturels entre des groupes de traditions différentes. Inculturation constitue un terme théologique utilisé par le pape Jean-Paul II pour expliciter la rencontre de l'Evangile avec les diverses cultures du monde dans une perspective missiologique. Ce concept novateur inclut les notions de croissance et d'enrichissement mutuel. Inventé par Plutarque et repris par Erasme, syncrétisme a eu au 19e siècle une connotation péjorative : mélange ou mixité religieuse. Au terme d'un long débat entre les historiens des religions un accord semble s'établir pour limiter syncrétisme à une utilisation en référence à un contexte historico-religieux bien précis. Né vers 1910 au cours des recherches des exégètes protestants américains, en réaction contre les nouvelles orientations des biblistes, fondamentalisme est devenu le concept-clé du rejet de la modernité. Utilisé pour caractériser les intégrismes religieux il a fini par déborder sur le domaine socio-politique allant parfois jusqu'à la violence et le terrorisme.
Ce livre est un large débat consacré à ces métamorphoses du sacré qui sous-tendent les discussions actuelles concernant la modernité et la mondialisation. »

 

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Julien Ries, Symbole, mythe et rite, les constantes du sacré, Éditions du Cerf, coll. Patrimoines – Histoire des religions, 2012, 696 pp.,  49 €.

Présentation de l’éditeur : « L'étude du symbole, du mythe et du rite, termine la trilogie consacrée à l'homo religiosus et à son expérience du sacré. La synthèse des éléments essentiels dégagés dans le parcours de mille sept cents pages confirme la pensée de Mircea Eliade estimant que l'histoire des religions est susceptible de nous ouvrir à un nouvel humanisme, voire d'esquisser une nouvelle anthropologie religieuse. Cet essai permet, d'une part d'aboutir à une anthropologie religieuse fondamentale et, d'autre part, d'ouvrir des perspectives nouvelles pour l'étude des anthropologies spécifiques ou sectorielles telles que l'anthropologie indo-européenne, l'anthropologie brahamique, l'anthropologie bouddhique, l'anthropologie grecque, l'anthropologie islamique. L'épilogue du présent volume en expose les structures. »

 

 

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 Julien Ries, L’Eglise gnostique de Mani, Éditions Brepols, coll. Homo Religiosus, 2012, 550 pages, 79 €.

Ce livre est la version française du livre X des Opera Omnia en cours de publication chez Jaca Book.
Il s’agit ici du seul ouvrage solide et complet disponible sur ce sujet, étudiant les structures, l’organisation et l’apostolat de l’Eglise de Mani ainsi que « l’épisode » de saint Augustin d’abord auditeur de cette Eglise durant neuf ans avant de se convertir et de livrer bataille contre l’Eglise gnostique.

« Le manichéisme est une construction purement humaine mais faite par Mani qui était un homme génial. Il faut dire que cette construction est une construction géniale mais construction purement humaine, même si elle se prétend aussi révélée. Le codex Mani nous retrace les 20 années que Mani a passé dans une communauté gnostique des elkasaïtes, communauté de baptiseurs. Nous la connaissons maintenant mieux grâce au codex Mani et à d’autres textes récemment découverts. Ces elkasaïtes avaient basé toute leur vie sur la pureté matérielle et il y avait des baptêmes tous les jours. Mani va réfuter cette religion des elkasaïtes et il va la remplacer par une religion gnostique. Cette gnose, pour lui, est une révélation qui vient du Père de la Grandeur et là, il a imité Zarathoustra et a réalisé un syncrétisme qui grâce à ses missionnaires (dans cette communauté, il y avait 2 sortes de croyants : les auditeurs et les élus ou missionnaires qui vivaient une vie très austère), missionnaires donc qui ont traversé de nombreux pays et ont répandu cette religion. Si bien que cette religion manichéenne est allée jusqu’en Chine et nous avons beaucoup de découvertes qui ont été faites, depuis plus d’un siècle, notamment le long de la route de la soie. Et, en occident, ils ont pénétré par l’Egypte et ont conquis alors non seulement l’Egypte mais aussi en partie l’Italie et l’Espagne si bien que le manichéisme est devenu un véritable danger parce que Mani prétendait refaire l’Eglise de Jésus. Il se présentait comme le Paraclet. Pour Mani, l’Eglise de Jésus, à partir de Paul, est tombée en ruine. Saint Augustin, qui avait été pendant neuf ans manichéen et qui s’était converti au christianisme en entendant parler l’évêque de Milan (Saint Ambroise) est devenu évêque d’Hippone en Afrique du Nord, a réfuté le manichéisme avec vigueur. »

Julien Ries, extrait d’un entretien donné au blog Belgicatho en janvier 2012, disponible dans son intégralité à ce lien.
 

 

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 Julien Ries, Gnose, gnosticisme, manichéisme, Éditions Brepols, coll. Homo Religiosus, 2011, 608 pages,  77 €.

Cet ouvrage correspond aux volumes IX/1 et IX/2 des Opera Omnia en cours de publication chez Jaca Book.

Présentation de l’éditeur : « Au cours des premiers siècles de notre ère, dans les pays méditerranéens, on a assisté à l'efflorescence du gnosticisme, un mouvement doctrinal dualiste véhiculé par diverses sectes qui enseignaient une gnose concernant la présence dans l'homme d'une étincelle divine tombée du monde d'en haut et devenue prisonnière du corps auquel il faut l'arracher en vue de la faire rentrer dans son Royaume. Né en 216 en Babylonie, Mani s'est inspiré des doctrines gnostiques puis il s'est présenté comme l'ultime révélateur, sceau des prophètes et Paraclet annoncé par Jésus en vue de fonder l'Eglise de La Lumière. Porteur de ses propres Écritures, encadré de douze Apôtres et soutenu par un puissant mouvement missionnaire, les élus, le manichéisme a pénétré en Europe, en Afrique et en Asie, trois continents où cette religion dualiste et gnostique laissera des traces jusqu'à la fin du Moyen Âge.
Le présent livre intitulé Gnose, gnosticisme, manichéisme est la synthèse d'un demi-siècle de recherches, d'enseignement universitaire et de publications. D'une part, il explore trois siècles d'études sur les origines et les doctrines du gnosticisme, il examine le grand tournant représenté par la découverte des textes coptes de Nag Hammadi et il étudie les rapports entre le gnosticisme, le judaïsme, l'orphisme et les textes bibliques. D'autre part, au terme d'un long regard jeté sur les cinq siècles d'études manichéennes depuis la Réforme jusqu'à la découverte des textes de Médînet Mâdi et du Codex Mani, il explore les origines de la pensée de Mani, ses doctrines dualistes et ses essais missionnaires.
Le lecteur trouvera dans ce volume des copieuses bibliographies. »

 

 

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Julien Ries, Symbolisme et expérience de la lumière dans les grandes religions, Éditions Brepols, coll. Homo Religiosus, 2002, 276 pages, 52 €. * COUP DE COEUR*

Présentation de l’éditeur : « La première parole divine fut une formule parfaite de création: "que soit lumière et lumière fut". Ainsi grâce à la lumière le temps est posé, c'est l'alternance jour-nuit (Gn 1, 1-4). L'hymne au dieu solaire égyptien Aton débute par ces mots: "Magnifique est ton apparition à l'horizon du ciel, ô Disque vivant qui vécus le premier ...tu remplis toute la terre de ta beauté". En venant en ce monde le Verbe témoigne du "Père des Lumières" (Jac 1, 17) et "illumine tout homme" (Jn 1, 9). Toutes les traditions religieuses font allusion à la recherche de la Lumière divine et de la lumière humaine. La lumière est créatrice, capable de transformer l'homme et de faire de la terre une terra lucida. Cette expérience de la lumière est vécue au cours de l'histoire par les hommes des diverses traditions religieuses et culturelles. Pour vivre et pour exprimer cette expérience, l'homo religiosus a besoin de symboles.

Science récente, l'anthropologie religieuse commence à explorer ce domaine de la symbolique et de l'expérience du sacré dans la vie de l'homo religiosus. Les dix-sept communications publiées dans le présent volume font un parcours à travers les traditions orientales et occidentales afin d'en dégager une première vision cohérente et originale de l'expérience religieuse de la lumière. Aucune des formes traditionnelles ne possède le privilège de capter pour elle seule pareille expérience. Cette étude porte d'abord sur un essai de méthodologie, puis sur le Proche-Orient et le Monde classique, sur l'Inde ancienne, sur les traditions bibliques et gnostiques ainsi que sur l'esthétique et la liturgie. Grâce à cette recherche commune, le constat final permet d'éclairer l'itinéraire de l'homo religiosus des diverses traditions sans faire de comparaison au niveau qualitatif, ce qui constituerait une erreur. En effet dans chaque tradition culturelle l'homo religiosus a son identité spécifique dans l'expérience de la lumière.

Une bibliographie de base, utile aux chercheurs, complète ce volume qui inaugure la Série II de la collection Homo Religiosus. »

Julien Ries signe ici deux mémorables articles : « Symbolisme de la lumière et illumination gnostique selon les textes manichéens coptes », page 177 et la clôture du volume avec « Expérience de la lumière et condition humaine. »

 

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 Julien Ries, Les civilisations méditerranéennes et le sacré, Éditions Brepols, coll. Homo Religiosus, 2004, 374 pages,  57 €.

Présentation de l’éditeur : « Chaque époque vit au rythme de ses besoins, de ses découvertes et de ses techniques. L’Europe qui se construit lentement ne se réalisera que si elle tient compte de ses racines, de son histoire et de ses valeurs  car aujourd’hui vient d’hier et demain sera marqué de l’empreinte du passé. La lecture du livre Les mémoires de la Méditerranée de Fernand Braudel fait comprendre aux historiens des civilisations antiques comment il faut remonter jusqu’à I’ère des genèses et des premières éclosions et marcher de la Préhistoire jusqu’à la fin de l’Empire romain pour saisir, à travers la longue durée, les diverses articulations des civilisations qui ont bordé la Méditerranée. Au départ se trouvent les hommes du Proche-Orient: ex Oriente lux. C’est dans cette trajectoire que se situent les recherches entreprises à nouveaux frais par les auteurs du présent volume.

Au terme d’une longue marche de l’homme archaïque et qui prend en compte l’interminable Paléolithique à la fin duquel l’art rupestre franco-cantabrique va donner naissance à l’art, les premiers villages apparaissent au bout de la Méditerranée au moment où s’achève le Magdalénien. Dans ce contexte vont émerger les cultures du Néolithique: la végéculture, l’agriculture, la révolution des symboles, le divin personnifié, la religiosité et le sacré. Les cultes de la déesse-mère et du taureau donneront son premier élan religieux à la civilisation méditerranéenne. Avec l’invention de l’écriture à l’aube du IIIe millénaire, en Mésopotamie et en Egypte vont se développer les premières grandes religions de l’humanité. Les Phéniciens venant des côtes du Levant et les Grecs de la mer Egée – tous les deux déjà porteurs d’une civilisation – vont se disputer l’immense espace méditerranéen. Après eux les Etrusques, eux aussi héritiers d’une culture orientale archaïque, s’immergent dans les civilisations italiotes. Les grandes cités grecques ne tarderont pas à donner naissance à la riche et foisonnante culture hellénistique. Enfin, recueillant et accueillant ce prodigieux héritage, Rome finit par s’imposer et faire de la Méditerranée le Mare Nostrum. En quelque quatre cents pages, treize éminents spécialistes se sont efforcés de réaliser une véritable synthèse du parcours culturel et religieux de l’homme au cours des douze millénaires qui s’étirent de la première sédentarisation jusqu’à la fin de l’Empire romain.

En 1487, Pic de la Mirandole a fait précéder ses fameuses Neuf cents Thèses par une méditation géniale sur l’essence de l’homme et sur sa dignité ontologique, montrant que l’homme, créateur des civilisations, a fait éclore le monde comme un jeu et le résume dans son intellect. Intitulé Les civilisations méditerranéennes et le sacré, le livre que nous présentons au lecteur se veut un essai d’une herméneutique qui, travaillant sur une copieuse documentation archéologique et historique, met en évidence le rôle de l’homo religiosus méditerranéen dans sa longue quête du sacré. Il constitue une anthropologie de l’homme vivant son expérience du sacré. Héritières privilégiées du riche patrimoine accumulé par les cultures, les traditions et les religions ancestrales, les civilisations méditerranéennes ont été prises en charge par le christianisme. C’est avec un nouveau visage et avec un message d’une densité religieuse inattendue qu’elles sont parvenues jusqu’à nous.»
 

 

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 Julien Ries (sous dir.), Montagnes sacrées, CNRS éditions, 2010, 254 pages, illustré en couleurs, 60,85 €.

Présentation de l’éditeur : « Sinaï, Athos, Thabor, Mont des Oliviers, Sion, Golgotha, Ararat, Olympe, Parnasse, Kunlun, Tai, Heng, Kailash, Bego.

Pourquoi la montagne sacrée ?

Théâtre de toutes les cosmogonies et de tous les mythes, résidence de Shiva, demeure des dieux de la Grèce sur l’Olympe, sanctuaire des pharaons, porte du monde infernal en Mésopotamie… De la France au Tibet, de l’Inde à la Syrie, des Andes à l’Egypte, la montagne sacrée est le lieu où se manifestent les divinités, l’axis mundi, le lien entre ciel, terre et enfer, la voie de tous les mystères et de toutes les promesses.
L’ascension est un signe de la vocation spirituelle de l’homme, ce qui explique la variété et la multiplicité des symboles de la montagne : ziggurat, stûpa, obélisque, pyramide, sanctuaires et temples sur les hauteurs. Autant de construction humaines reflétant la quête de l’au-delà, le dialogue toujours recommencé avec les dieux. C’est proche de la voûte céleste que l’homme entend mieux la voix divine. »



(La semaine prochaine : La logique et l’art de penser dans l’Antiquité.)

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