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Joseph Ibn Zabara, Le Livre des Délices, traduit de l'hébreu et présenté par Nathan Weinstock, Les Belles Lettres, coll. La Roue à Livres, 2011, 280 pages, 23 €.

 

 

À Joseph, poète et médecin barcelonais apprécié de tous pour ses remèdes et son dévouement à la communauté, apparaît soudainement en rêve « une silhouette de haute stature, ayant l’apparence d’un homme » qui lui ordonne de se lever et de profiter en sa compagnie d’une « abondance d’aliments » miraculeusement étalée devant lui à son réveil. Ce personnage énigmatique, Enan, n’est pas moins que le Diable en personne. Un Satan citant les Saintes Écritures, amateur de paraboles édifiantes, féru d’interrogations philosophiques et de repas généreusement arrosés. Méconnaissant l’identité de son « bienfaiteur », le narrateur et héros accepte de l’accompagner à travers l’Espagne des Rois de Castille et d’Aragon, pour un voyage à dos d’âne qui les verra rencontrer crapules et grands seigneurs, conteurs et magistrats, soit toute une faune de personnages hauts en couleur, dans la grande tradition du roman picaresque dont Le Livre des Délices est un des représentants…

 

Bien qu’il s’agisse d’un des classiques de la littérature hébraïque médiévale, Le Livre des Délices, composé par un lettré juif du XIIe siècle, n’avait jamais été traduit en langue française. Malheureuse lacune aujourd’hui comblée par Michel Casevitz, directeur de la collection « La Roue à Livres », et Nathan Weinstock, traducteur de cette édition destinée tout autant aux spécialistes qu’aux amoureux de curiosités littéraires et de textes méconnus. « Recueil en hébreu qui se présente comme un feu d’artifice éblouissant : composé de contes populaires, de récits, de fables, d’exposés philosophiques et scientifiques, de proverbes et d’épigrammes », Le Livre des Délices est un ouvrage unique en son genre, un « corpus admirable de folklore juif » à la fois parodique, philosophique, poétique et satirique.

Une introduction et un dossier complètent cette traduction inédite et permettent de mieux connaître l’auteur, l’ouvrage et le contexte culturel dans lequel tous deux s’inscrivent.  

 

Le Livre des Délices est également une invitation à découvrir des textes précieux mais méconnus de la littérature médiévale, dont voici une sélection disponible à la librairie :

 

 

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Livre du Chevalier Zifar, traduit par Jean-Marie Barbera, illustré par Zeina Abirached, commenté par J.M. Cacho Blecua, Monsieur Toussaint Louverture, 2009, 572 p., 28 €.

 

« Le chevalier Zifar est maudit : tous les dix jours, son cheval meurt. Accablé de malheurs, mais soutenu par sa vertueuse épouse, il abandonne sa terre, en quête de vérité et d'honneur. Au cours de son errance, le valeureux chevalier sera mis à l’épreuve par Dieu de mille façons. Libérateur de la ville de Galapia et de sa reine, il se fera passer pour un fou afin d'infiltrer le royaume de Menton assiégé ; flanqué d'un habile compagnon, aussi bavard que malin, il se battra contre les plus grands chevaliers et deviendra roi. Séparé de sa femme — enlevée par les pirates —, et de ses enfants — l'un est croqué par un lion tandis que l'autre disparaît dans une ville inconnue —, il devra accepter tours et détours pour retrouver sa famille et clore ses aventures. À moins qu'une nouvelle histoire ne commence… 

  Roman de chevalerie écrit à l'orée du XIVe siècle, au ton vif et souvent ironique, flirtant parfois avec le fantastique, le Livre du chevalier Zifar est tantôt récit d'aventures et de batailles, flirtant parfois avec le fantastique, tantôt roman d'apprentissage fleuri d'anecdotes et de contes.»

 

  

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Jérôme Münzer, Voyage en Espagne et au Portugal (1494-1495), introduction, traduction du latin et notes par Michel Tarayre, Les Belles Lettres, coll. « La Roue à Livres », 2006, 250 p., 25 €.

 

« En août 1494, le médecin et géographe Jérôme Münzer quitte Nuremberg, accablée par la peste, pour entreprendre, jusqu’au mois d’avril 1495, un voyage à travers la France, l’Espagne et le Portugal. […]À travers son récit, bâti à partir de notes prises tout au long du trajet, Münzer fait partager sa découverte des pays de la péninsule ibérique fort peu de temps après l’annus mirabilis que fut 1492, où la « découverte » de l’Amérique survint en même temps que la fin de la Reconquête. Il offre un tableau passionnant des populations et de leurs mœurs, alors que chrétiens, juifs et musulmans se côtoyaient encore. Il dépeint les villes (Barcelone, Madrid, Lisbonne), les monastères et sanctuaires (Montserrat, Poblet, Guadalupe, Saint-Jacques-de-Compostelle), présente les aspects économiques et culturels, permet de rencontrer les grands personnages de l’époque, comme les Rois Catholiques. »

 

 

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Gervais de Tilbury, Le Livre des Merveilles, traduit et commenté par Annie Duschesne, préfacé par Jacques Le Goff, Les Belles Lettres, coll. « La Roue à Livres », 2004, 194 p., 20 €.

 

« Démons et merveilles, loups-garous, femme-serpent mélusinienne, fées, dracs aquatiques, lamies, chevaliers fantômes et bien d'autres créatures fantastiques surgissent au fil des pages des Otia Imperialia – traduits ici en partie pour la première fois en français moderne – que l’Anglais Gervais de Tilbury composa, au début du XIIIe siècle, pour le plaisir de l’Empereur Otton IV de Brunswick. Homme d’Église, éminent juriste, grand dignitaire et conseiller de l’Empereur, l’auteur, après une jeunesse passée à la brillante cour d’Henri II Plantagenêt et d’Aliénor d’Aquitaine, fut amené par ses fonctions à parcourir l’Europe et à séjourner -longuement en Italie et dans le royaume d’Arles. Les Otia Imperialia visent à amuser, à étonner le lecteur, mais aussi à le faire réfléchir. Gervais a mérité le titre de « premier folkloriste du Moyen Âge ». Mais c’est aussi un observateur attentif de son temps, qui nous donne à voir mille détails de la vie des hommes au tournant des XIIe et XIIIe siècles. »

 

 

Et pour une introduction à l’Espagne médiévale, nous vous proposons :  

 

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Adeline Rucquoi, L’Espagne médiévale, Les Belles Lettres, coll. « Guide Belles Lettres des Civilisations », 2008, 303 p., 17 €.

« La Péninsule ibérique est la seule région d'Europe où chrétiens, musulmans et juifs aient vécu ensemble pendant des siècles. Cette longue coexistence a donné lieu à une civilisation originale. Elle est le fruit de la capacité des uns et des autres à assimiler des traditions différentes, à en faire la synthèse, et à les transmuer de telle façon qu’au delà des particularités, une même culture caractérise l’Espagne médiévale. » 

 

 

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Adeline Rucquoi, Histoire médiévale de la Péninsule ibérique, Editions du Seuil, coll. « Points Histoire », 442 p., 9,50 €.

 

« L'histoire de la péninsule ibérique entre 409 et 1516 n'est pas seulement celle des wisigoths, des arabes, de la reconquête et des rois catholiques. ...  

Elle est avant tout l'histoire d'une ancienne province romaine, où l'héritage antique resta vivace grâce à l' « unification » wisigothique, au maintien des liens avec la méditerranée orientale et méridionale et à la permanence du droit romain. l'« ouverture » vers l'Europe occidentale et septentrionale à partir de la fin du XIe siècle n'y entraîna pas de profonde rupture avec ce passé, donnant ainsi à l'évolution ibérique son originalité dans l'ensemble des nations en gestation. »

 

Gaëtan Flacelière.

 

 

 

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