L’Association le Latin dans les Littératures Européennes et son site proposent des pistes de réflexions passionnantes sur l’avenir de l’enseignement des humanités. Nous en proposons ici deux introductions à deux articles à découvrir en intégralité chez eux.

 


Il faut repenser l’enseignement du français.

(Publié par le Figaro les 7-8 août 2010)

 

Par Cécilia Suzzoni et Hugues Aupetit.


Si un consensus semble se dégager du débat sur l’identité nationale, tant chez ceux qui l’ont accepté que refusé, c’est que sans une langue française vivante, originale, productive et séduisante, la France n’existe plus. Paradoxalement,  ce constat vient au moment où le français n’a jamais été aussi peu à la fête à l’école : horaires diminuant, du primaire à la Terminale ; traitement de notre langue comme une langue vivante parmi d’autres ; dissuasion progressive d’apprendre le latin ; délaissement de la littérature pour des formes de culture dites « plus modernes ». Sans même revenir à la querelle de la Princesse de Clèves, de grands romans populaires comme le Rouge et le noir ou les Misérables sont désormais incompréhensibles à 80% d’une classe d’âge. Si tous les textes qui ont permis à la France de se constituer en nation au 16ème siècle, puis de se refonder au 18ème, au 19ème et au 20ème, par delà les guerres et les dissensions intérieures, sont aujourd’hui illisibles, où diable veut-on que la France retrouve une identité, et comment espère-t-on que les Français, d’origine ou d’adoption, se sentent chez eux plutôt que dans un médiocre dominion de Globe Land  ?

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Spleen économique et idéal littéraire à l’école

Trois propositions

 

 

Par Luigi Sanchi.

 

Analyse de la situation scolaire française 

 

Le raz-de-marée est peut-être l’image qui rend le mieux les transformations de l’enseignement des Lettres (françaises, latines et grecques) : plus rien ne subsiste de ce qui formait le paysage habituel des Lettres dans l’école française des années 1940-1960. Le professeur de latin était au centre du pouvoir scolaire, il vaut aujourd’hui moins que l’informaticien du lycée ou le collègue d’éducation physique. La littérature classique était la référence absolue, elle a cédé la place aux productions modernes et contemporaines, voire non littéraires. Le corps professoral était somme toute uni dans ses goûts et ses priorités, largement représentés par l’inspection locale et nationale, il est désormais atomisé dans le chacun pour soi, le repli, la dissidence, et il est poussé à la défaite par ses généraux et ses officiers. Les manuels scolaires étaient une sorte d’encyclopédie de base, ils sont devenus des magazines à la page accompagnés d’une moisson de photocopies. La grammaire constituait le présupposé évident et naturel de tout travail scolaire ; à présent on ne saura pas exiger de l’enseignant lui-même un niveau d’orthographe décent. Enfin, l’humanité, les sentiments grands et petits, la vie dans toutes ses facettes étaient (avec la mise en forme) le contenu principal des analyses littéraires ainsi que l’élément fédérateur de cet ensemble social qu’est la classe : désormais c’est évacué au profit d’une approche totalement stérilisée tandis que sont prises en compte les problématiques sociales, familiales, psychologiques de chaque élève, dérive individualiste qui annule la constitution du fonctionnement collectif. Pourtant, la population lycéenne s’est démultipliée.

 

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À découvrir, en magasin :


 

Collectif-Enseigner Les Humanités

 

 

Enseigner les humanités, sous la direction de Jean-Noël Laurenti et Romain Vignest, Kimé, 2010, 225 p, 25 €.

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