La prestigieuse collection Dumbarton Oaks Medieval Library, qui propose depuis plusieurs années maintenant des éditions bilingues de grands textes byzantins (grecs), médiévaux (latins) et anglo-saxons, dans de belles éditions reliées sous jaquette, s'enrichit ce mois-ci de cinq nouveaux volumes : un écrit fondamental de Maxime le Confesseur (2 volumes), les Vies de saints du grand poète anglais Henry d'Avranches (2 volumes également), et un second recueil de poèmes courts anglo-saxons. Nous vous les présentons ci-dessous. Bonne lecture à toutes et à tous.

 

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Maximos the Confessor, On Difficulties in the Church Fathers: The Ambigua, Volume I, Edited and translated by Nicholas Constas, Harvard University Press, Dumbarton Oaks Medieval Library, hardback, 544 pages, 25 €.

 

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Maximos the Confessor, On Difficulties in the Church Fathers: The Ambigua, Volume II, Edited and translated by Nicholas Constas, Harvard University Press, Dumbarton Oaks Medieval Library, hardback, 400 pages, 25 €.

 

 

Maxime le Confesseur (580-662) occupe une position unique dans l’histoire de la philosophie, de la théologie et de la spiritualité byzantines. La profondeur de ses expériences spirituelles et sa pénétrante vision théologique trouvèrent une expression complexe et souvent stupéfiante dans sa maîtrise sans équivalent de la philosophie grecque, faisant de lui l’un des penseurs chrétiens les plus originaux et stimulants de son temps. Il s’avère impossible de tracer l’histoire du christianisme orthodoxe sans prendre connaissance de ses œuvres, tant son influence sur la tradition théologique byzantine fut grande. L’Ambigua (ou « Livre des Difficultés ») est le plus important travail doctrinal et philosophique de Maxime. A partir d'un large spectre de sujets théologiques, il y déploie un prodigieux talent pour la réflexion spéculative en offrant une synthèse de la logique aristotélicienne, des métaphysiques de Platon, de la psychologie stoïcienne et de la philosophie arithmétique du néo-pythagorisme. De l’Ambigua on pourrait ainsi dire qu’il s’agit d’une carte labyrinthique d’un voyage spirituel dont la destination est Dieu.

 

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Henry of Avranches, Saints' Lives. Volume I, edited and translated by David Townsend, Harvard University Press, Dumbarton Oaks Medieval Library, 352 pages, 25 €.

 

 

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Henry of Avranches, Saints' Lives. Volume II, edited and translated by David Townsend, Harvard University Press, Dumbarton Oaks Medieval Library, 304 pages, 25 €.

 

L’érudition et la finesse artistique de la poésie narrative médiévale latine continua de prospérer avec abondance jusqu’au milieu du treizième siècle. La preuve la plus évidente n’est autre que la longue et brillante carrière d’Henry d’Avranches. Poète professionnel auprès d’abbés, d’évêques, de rois et d’au moins un pape, Henry montra de telles dispositions dans l’art de la versification et un tel sens du ludisme que ses œuvres rivalisèrent avec les Carmina Burana et d’autres recueils de vers séculaires. Se sachant également héritier de la grande tradition classique des poètes épiques du douzième siècle, notamment de Gautier de Châtillon, Henry entrelace les deux branches de son héritage littéraire en un genre qui surprendra sans doute les lecteurs d’aujourd’hui. La majeure partie de l’œuvre connue d’Henry est une série de vies de saints en vers, dont ceux de François d’Assise, du Roi Edmond et de Thomas Becket. Ces deux volumes proposent la majorité de ses Vies, par ailleurs inédites en langue française.

 

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Old English Shorter Poems. Volume II. Wisdom and Lyric, edited and translated by Robert E. Bjork, Harvard University Press, Dumbarton Oaks Medieval Library, hardback, 320 pages, 25 €.

 

Ces vingt-cinq poèmes et onze charmes métriques (écrits destinés à résoudre magiquement une difficulté, une maladie, etc.) composés en anglais ancien donne un aperçu du paysage mental des anglo-saxons. The Wanderer et The Seafarer combinent consolation philosophique et introspection pour tenter d’acquérir une compréhension spirituelle de la vie entendue comme voyage. The Wife’s Lament, The Husband’s Message et Wulf and Eadwacer apportent une intensité lyrique aux thèmes rebattus de l’amour, de la séparation et de la passion vengeresse. De la souffrance provient la sagesse, et ces poèmes trouvent un sens dans la perte de la fortune et de la réputation, dans l’exil et l’aliénation. « Woe is wondrously clinging ; clouds glide » (Le malheur merveilleusement s’accroche ; les nuages, eux, passent » affirme une observation stoïque, neutre sur l’indifférence de la nature aux souffrances humaines, dans le poème Maxims II. Une autre forme de sagesse émerge sous la forme de remèdes populaires, tels que des charmes pour traiter les douleurs, les kystes, l’accouchement et guérir des cauchemars causés par un nain. 

 

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