Rajout du jeudi 06 octobre 2011: Merci à ceux et celles qui sont venus écouter Alain Laurent ce mardi à l'Alliance Française.

 

Il donnera une nouvelle conférence ce lundi 10 octobre à 20 h au Centre Saint-Paul, 12 rue Saint-Joseph, 75002 Paris intitulée: "Ayn Rand entre 'égoïsme rationnel' et best-sellers littéraires." Venez nombreux(ses) !

 

 

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En partenariat avec l’Institut Coppet et l’Institut Turgot,

les Éditions Les Belles Lettres ont le plaisir de vous inviter

à assister à la conférence d’Alain Laurent:

 

Ayn Rand, romancière et guerrière du « Vivre pour soi »

 

donnée à l’occasion de la parution de son livre

Ayn Rand ou la passion de l’égoïsme rationnel (biographie intellectuelle) et de

La Grève (traduction française d’Atlas Shrugged).

 

Mardi 4 octobre 18 h 30 – 20 h 30

Alliance française (auditorium), 101, boulevard Raspail, 75006 Paris

Entrée libre.

 

 

 

Nous vous proposons à cette occasion deux extraits des ouvrages mentionnés:

 

« Comment, aux États-Unis, pays du « In God we trust », du charity-business ostentatoire et du dévouement public à la « community » que sont les États-Unis, a-t-il été possible à une femme, Ayn Rand, de devenir l’une des plus célèbres figures des années 1940-80 tout en professant fièrement un athéisme rigoureux et en élevant l’égoïsme à la dignité de plus haute vertu morale ? 

Comment, alors qu’à l’époque rien ne paraissait pouvoir y contrarier l’irrésistible ascension de l’intervention gouvernementale et du Welfare State, comment donc a-t-elle pu amorcer le reflux idéologique de ce qui paraissait s’inscrire définitivement dans le sens de l’Histoire en redorant le blason du capitalisme et du « moins d’État » ?

Deux faits conjoints et inattendus expliquent ces prouesses paradoxales. Tout d’abord, Ayn Rand a été l’auteure de deux romans, The Fountainhead (1943)  et Atlas Shrugged (1957), que leurs qualités littéraires ont peu à peu rangés parmi les plus grands best-sellers jamais parus — autour de sept millions d’exemplaires vendus chacun actuellement, dont l’immense retentissement fit d’Ayn Rand une icône de la vie publique américaine, et pour longtemps.

Cependant, si une telle success-story résulte en premier lieu de l’exceptionnel talent de la romancière à créer des intrigues fertiles à souhait en rebondissements épiques et servies par des personnages sortant résolument des sentiers battus, un autre facteur a au moins autant joué. L’un et l’autre de ces récits de fiction sont imprégnés d’une vision morale héroïque et individualiste, anti-collectiviste, sans équivalent ailleurs. Et cette apologie du « seul contre tous » et du « vivre par soi et pour soi » a emporté l’adhésion enthousiaste de la mouvance conservatrice et plus largement de la partie de l’opinion publique nostalgique des rudes vertus de l’époque de la « frontière » et du « rêve américain » bâti sur la réussite individuelle et le « self-made man ».

C’est ainsi que forte de ses deux romans-culte, auto-promue en « philosophe » et convertie en intellectuelle engagée de choc et dotée d’une aura charismatique hors du commun, Ayn Rand a pu être reconnue en éveilleuse nationale de conscience, capable de s’imposer malgré les réticences provoquées par ses transgressions de l’ordre moral établi. »             

Alain Laurent, extrait de l’introduction de la biographie intellectuelle Ayn Rand ou la passion de l’égoïsme rationnel.  La suite de cette introduction se trouve sur le blog de l’Institut Turgot.

 

 

« Vous qui ne vous laissez pas impressionner par les forces de la nature, vous qui n’avez de cesse, au contraire, de la conquérir, pour la mettre au service de votre bonheur et de votre confort, jusqu’où vous faites-vous exploiter par les hommes ? Vous qui savez, par votre travail, que seul celui qui accumule les échecs mérite une sanction, pourquoi endurer tout cela ? Pourquoi ? Ce ne sont pas vos défauts, mais vos plus grandes qualités qui vous valent d’être attaqué. Ce ne sont pas vos échecs qui vous valent d’être détesté, mais vos succès. On vous méprise pour ces qualités qui sont les vôtres et dont vous tirez la plus grande fierté. On vous traite d’égoïste parce que vous aviez le courage d’agir selon votre jugement et d’en accepter toute la responsabilité. On vous a accusé d’arrogance en raison de votre indépendance d’esprit. On vous a taxé de cruauté parce que vous avez témoigné d’une totale intégrité. On a qualifié votre conduite d’antisociale parce que vous regardiez loin devant vous et que vous vous aventuriez sur des routes inconnues. On vous dit sans pitié à cause de l’énergie et de la discipline personnelle dont vous avez fait preuve pour atteindre votre objectif. On vous a traité de requin parce que vous avez la merveilleuse faculté de créer des richesses. Vous qui avez toujours déployé une incroyable énergie, on vous a traité de parasite. Vous qui avez créé l’abondance, là où, auparavant, il n’y avait rien que déserts et famine, on vous a traité de voleur. Vous qui avez procuré à tant d’individus de quoi subsister, on vous a traité d’exploiteur. Vous, l’être le plus droit, le plus pur, vous avez été méprisé comme un « vulgaire matérialiste ». Leur avez-vous demandé : de quel droit ? En vertu de quelles règles, de quels critères ? Non, vous avez tout enduré en silence. Vous avez subi leurs lois sans même essayer de défendre vos principes. Vous aviez ce qu’il fallait de droiture pour produire le moindre clou, mais vous les avez laissés vous taxer d’immoral. Vous savez que l’homme, dans ses rapports avec la nature, doit impérativement respecter certaines règles, mais vous les avez crues inutiles dans vos rapports  avec les hommes. Vous avez laissé les armes les plus dangereuses aux mains de vos ennemis, des armes dont vous ne connaissiez même pas l’existence, auxquelles vous ne compreniez rien. Ces armes, c’est leur code moral. Réfléchissez à tout ce que vous avez accepté. Réfléchissez au rôle des principes dans la vie d’un homme. Demandez-vous s’il peut vivre sans principes moraux. Et demandez-vous ce qu’il advient de lui s’il accepte de faire fausse route, au point de confondre le bien et le mal. Voulez-vous savoir pourquoi je vous attire, même si vous pensez que vous auriez dû m’envoyer au diable ? Parce que je suis le premier à vous avoir donné ce que le monde entier vous doit, ce que vous auriez dû exiger de tous les hommes avant d’entrer en relation avec eux ! La reconnaissance de votre valeur morale. »

[…]

« Monsieur Rearden, continua Francisco, solennel et calme, si voyiez Atlas, le géant qui porte le monde sur ses épaules, si vous le voyiez devant vous, du sang coulant sur sa poitrine, ployant sous son fardeau, les bras tremblants, mais essayant encore de porter le globe avec ses dernières forces, que lui diriez-vous ?

– Je… je ne sais pas. Qu’est-ce… qu’il pourrait faire ? Et vous, que lui diriez-vous ?

– De se libérer de son fardeau. »

 

Extrait de  Ayn Rand, La Grève : Atlas Shrugged, traduit par Sophie Bastide-Foltz, Les Belles Lettres, 2011, pp 460-62.

 

 

 

Les quatre ouvrages de ou sur Ayn Rand disponibles en français seront en vente à la suite de cette conférence, et sont également disponibles à la librairie :

 

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Alain Laurent, Ayn Rand ou la passion de l’égoïsme rationnel,  Les Belles Lettres, coll. Penseurs de la liberté, 2011, 320 pages, 25 €. 

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Ayn Rand, La Grève : Atlas Shrugged, traduit de l’américain par Sophie Bastide-Foltz, Les Belles Lettres, 2011, 1170 pages, 29,50 €.

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Ayn Rand, La vertu d’égoïsme, traduit de l’américain par Marc Meunier et Alain Laurent, Les Belles Lettres, coll. Bibliothèque classique de la liberté, 2008, 168 pages, 19 €.

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Ayn Rand, La source vive [The Fountainhead], traduit de l’américain par Jane Fillion, Plon, 1997, 686 pages, 26 €.

 

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