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 Ignace de Loyola - Source

 

 

« Ami lecteur,

Ouvrant ce livre, songe à te centrer sur ton diaphragme, là où palpite ton cœur, là où tu imagines que se situe ton point vital.
Le continent intérieur est le lieu où résonne le « secretum meum mihi » qui, d’Isaï au Secretum de Pétraque, nous présente l’intimité comme des entrailles souffrantes, ainsi que l’exprime le verset qui suit : « Frayeur, fosse, filet, pour toi, habitant de la terre. / (…) / Un brisement, la terre s’est brisée, / un sursaut, la terre a sursauté, / un vacillement, la terre a vacillé. » (Is 24, 19) 

(…)

Le continent intérieur est l’espace sans confins de tout ce qui est possible, des actes manqués ou jamais parvenus à terme, de l’inexprimé et de l’inexprimable, des présents et des absents, de nos souvenirs et de nos oublis. (…)

Notre temps nous a privés de nombreux accès au continent intérieur. Ce livre voudrait en restituer quelques-uns, en suivant une voie ancienne, ouverte par saint Augustin, et confirmée par les Exercices spirituels d’Ignace de Loyola, qui sans cesse réclament de créer par le « théâtre de l’âme » la « composition de lieu par la vision », par le « regard de l’imagination » ; une voie parachevée au XXe siècle par Roland Barthes et par Giovanni Giudici, qui ont donné aux Exercices de Loyola une nouvelle présence, où « le spectateur immergé (…) au cœur de la scène » doit chercher son centre pour mieux contempler : « Composition : voir le lieu. Ici, ce sera voir l’immensité et la rotondité du monde où vivent tant de peuples si divers. (…) »


 

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Carlo Ossola, Le Continent intérieur, traduit de l’italien par Nadine Le Lirzin, Le Félin, 2013, adresse au lecteur pages 7-8.

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