Pierre Maraval, Les fils de Constantin. Extrait.

Pierre Maraval, Les fils de Constantin, CNRS éditions, coll. Biblis, broché, 338 pages, 10 €.

 

Une étude sur le règne conjoint au IVe siècle des trois empereurs, fils de Constantin, puis du règne personnel de Constance II après l'assassinat de ses frères Constantin II et Constant.

 

Extrait : « Selon plusieurs historiens de l’époque, Constantin, le 18 décembre 335, avait complété par ses dernières nominations le tableau qu’il imaginait après sa mort, celui d’une gestion de l’empire par ses trois fils et son neveu Dalmatius (Flavius Iulius Dalmatius ou Delmatius), nommé César ce jour-là ; Constantin avait choisi celui-ci, dit-on, car il lui trouvait un caractère semblable au sien. Des mariages dynastiques avaient conforté les liens de ses fils et des ses neveux, Dalmatius ayant épousé sa fille Helena, pendant qu’Hannibalianus (Flavius Hannibalianus) épousait son autre fille Constantina. Chacun des Césars s’était vu attribuer un territoire : à Constantin II, qui résidait depuis 328/329 à Trèves, Les Gaules, les Espagnes, la Bretagne ; à Constant, peut-être en résidence à Milan, les Italies, l’Afrique et les Pannonies ; à Constance II, qui résidait à Antioche depuis quelques mois, la préfecture d’Orient (Pont, Asie, Orient, Égypte) ; à Dalmatius, envoyé à Naïssus, revenait la préfecture de Macédoine et de Thrace. Le même jour, son frère Hannibalianus était nommé « roi des rois » (un titre utilisé par le souverain de Perse) des nations Pontiques – selon l’Epitome, cela lui donnait en partage l’Arménie et les territoires voisins ; cette nomination le laissait à l’extérieur du collège impérial tout en lui donnant une position importante, que confirmait son titre de nobilissimus, donné aux plus proches de l’empereur ; si l’on en croit Philostorge, son épouse Constantina aurait reçu, à cette occasion, le titre d’Augusta. Lorsqu’il prononça, le 25 juillet 336, le discours pour les trente ans de règne de Constantin (Triakontaétérikos logos), Eusèbe de Césarée évoquait toujours cette configuration. L’empereur, « ayant attelé sous l’unique joug de son quadrige royal, comme des poulains, les quatre vaillants Césars et les ayant formés à l’harmonie (…), les dirige d’en haut, tel un cocher». S’il avait l’intention de nommer l’un ou plusieurs d’entre eux Augustes, il ne l’a pas fait avant sa mort. De fait, après celle-ci, le 22 mai 337, l’empire resta gouverné pendant quelques mois par les quatre Césars au nom de l’empereur défunt : dans une lettre du 13 juin, Constantin II se réfère à lui-même comme César, non comme Auguste, alors qu’une loi du 2 août est publiée sous le nom de Constantin Auguste – un procédé qui n’était pas sans précédent, utilisé lorsque la succession d’un empereur était encore en cours de règlement. Mais lorsqu’Eusèbe écrit la Vie de Constantin, plusieurs mois après la mort de l’empereur, ce programme n’est plus évoqué, car il ne restait plus en place que les trois fils de Constantin, trois Césars qui avaient été proclamés Augustes par l’armée, puis par le sénat et le peuple romain. » p.23-24.

 

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Du même auteur :

Pierre Maraval, Constantin le Grand. Empereur romain, empereur chrétien 306-337, Tallandier, coll. Texto, broché, 400 pages, 11€.

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