NOUVEAUTÉS DE SEPTEMBRE 2015 : CHOIX DES LIBRAIRES ET EXTRAITS.

Consultez notre galerie Pinterest de toutes les nouveautés reçues en septembre 2015.

 

 

Les Favoris de Gaëtan Flacelière :

 

Frédéric Hurlet, Auguste. Les ambiguïtés du pouvoir, Armand Colin, broché, 228 pages, 24,90 €.

 

Les différentes facettes d'Auguste et de son expérience du pouvoir, à travers l'étude de sources anciennes, de son image mythique, mais aussi de son historiographie depuis le Moyen Age, chaque période ayant mis en valeur un aspect de son caractère ou de son action politique.

 

Extrait : « A peine Auguste avait-il pris le pouvoir à la suite des victoires d’Actium et d’Alexandrie qu’il fut obsédé par la question de la continuité du régime qu’il venait de créer. Instruit par le précédent et l’expérience malheureuse de son père adoptif César, il s’était convaincu que seule une autorité de type monarchique serait en mesure de garantir la stabilité de Rome et de son Empire. Il exprima très tôt la volonté que le nouveau régime lui survécût. C’est en effet des années 20 qu’est daté d’ordinaire un édit d’Auguste dans lequel il combine la réalité incontestable de transformations politiques introduites à son initiative avec l’espoir que plus rien ne change dans le futur : « Puisse-t-il m’être donné de maintenir l’Etat sain et sauf et d’en recueillir la seule récompense que je convoite : passer pour le promoteur du meilleur gouvernement et de pouvoir emporter dans la mort l’espérance que les fondements de l’Etat demeureront inébranlés tels que je les ai jetés. » On y trouve une référence claire à l’intervention d’Auguste dans la mise en place d’un nouveau régime défini comme étant le meilleur, mais aussi l’idée que cette nouveauté n’avait d’autre objet que de restaurer la res publica et était destinée à survivre à son concepteur. Cette obsession ne le quitta plus jusqu’à la mort. » (p. 129-130)

COMMANDER CE LIVRE

 

 

 

Georges Minois, Le prêtre et le médecin. Des saints guérisseurs à la bioéthique, CNRS éditions, broché, 456 pages, 25 €.

 

Un panorama du combat mené entre l'Eglise et la médecine depuis des siècles. Au fil des découvertes, les médecins se sont opposés de plus en plus fortement à la religion, toute-puissante au Moyen Age. Mais l'euthanasie, la procréation artificielle, le clonage et toutes les questions posées aux XXe et XXIe siècles permettent aux prêtres de s'insérer dans le combat de la moralité et de l'éthique.

 

Extrait : « Si la vieillesse et ses misères sont une punition divine et si Dieu a fixé le terme de la vie humaine aux alentours de 80 ans, de quel droit la médecine prétendrait-elle rectifier ces limites ?

Les humanistes ont un autre point de vue : Dieu a créé l’homme beau, bon, en bonne santé et éternellement jeune ; le péché a certes tout gâché, mais n’est-ce pas le devoir de l’homme pécheur de tenter de se rapprocher de son état initial ? La vieillesse est un mal, personne ne le conteste ; c’est même un scandale dans une époque qui exalte beauté, santé et jeunesse. La littérature s’acharne contre cette déchéance. Déjà, les pélerins de Chaucer vilipendent le « vieux dégoûtant », le « jambon durci », radoteur et impuissant, la « vieille vache » puante et repoussante ; la Belle Heaulmière de Villon se lamente sur la dégradation de ses charmes, ses mamelles qui pendent, ses cuisses « grivelées comme saucisses » ; Sigogne insulte ce « portrait vif de la mort, portrait mort de la vie, charogne sans couleurs, dépouille du tombeau » ; Maynard se moque de la « noire corneille à la bouche édentée, d’où sort une odeur infectée qui fait éternuer les chats ». Les peintres en rajoutent dans la cruauté, avec La Duchesse laide de Quentin Metsys, La Vieille Sorcière de Niklaus Manuel, dit Deutsch, les horribles vieilles de Hans Baldung, dit Grien et les vieillards libidineux de Lucas Cranach. »

COMMANDER CE LIVRE

 

 

 

Martin Buber, Moïse, traduit de l'allemand par Albert Kohn, Les Belles Lettres, coll. Le goût des idées, broché, 266 pages, 15€.

 

Une biographie de Moïse, représenté comme individualité concrète, et mettant l'accent sur l'intégralité de son oeuvre dans l'histoire.

 

Extrait : « La bâton de Moïse n’est pas originellement une baguette magique. C’est la houlette de berger qu’il avait à la main quand il rencontra le Buisson ardent (seul un récit ajouté nous en parle, mais ce motif peut être considéré comme appartenant à la couche de tradition la plus ancienne). En touchant le « sol sacré », cette houlette est devenue « verge de Dieu » comme Moïse à cette heure-là est devenu « homme de Dieu » (Deutéronome, 33, 1). Il est assez vraisemblable qu’on attribuait à ce bâton des pouvoirs magiques dès l’époque de Moïse. Mais l’origine essentielle de cette croyance réside sans doute dans la fonction réelle de transmettre des signaux et des communications exercée par ce bâton. C’est ainsi qu’il apparaît dans le récit de la bataille contre Amalek. La croyance en la puissance présumée d’un homme sur les choses a ses racines les plus solides dans la puissance effective de cet homme sur les êtres vivants, et cette puissance s’étend aussi sur l’instrument dont il se sert pour exécuter des signes ou qui ne fait simplement que représenter le contact de la puissance avec le ciel. Ce n’est pas uniquement comme le pense Lobeck, parce que le rapport de berger à troupeau se transmet symboliquement à celui de dominateur à dominés que la houlette est devenue symbole de la domination la plus simple dans sa forme première parmi les peuples des steppes comme ceux qui errent encore aujourd’hui sur les hauts plateaux d’Asie ; c’est plutôt avant tout parce qu’elle est l’instrument naturel en lequel se concentre, pour ainsi dire, l’exercice du pouvoir d’un homme sur un groupe humain. » p.109-110.

COMMANDER CE LIVRE

 

Les favoris de Mélanie Mougin : 

 

Bernard Moinier, Olivier Weller, Le Sel dans l'Antiquité ou les cristaux d'Aphrodite, Les Belles Lettres, coll. Realia, broché, 372 pages, 23,50 €.

 

Une exploration des littératures de l'Antiquité ainsi que des données archéologiques et épigraphiques qui dresse un panorama de la place du sel dans la vie quotidienne pendant cette période : alimentation animale, produits dérivés de l'élevage, conserves alimentaires, momification, fabrication de remèdes, de teintures, adoucissement de l'eau, etc.

 

Extrait : « Pâtes gingivales

L’existence de pâtes gingivales est attestée par un papyrus datant du IVe siècle av. J.-C. Dans celui-ci, il est stipulé de mélanger du miel, de la menthe, de l’iris et du sel. Isotonique et abrasif, le sel est employé en hygiène bucco-dentaire. Aristote assure qu’un topique à base de pourpier et de sel calme l’agacement des dents. Selon Pline l’Ancien, il est d’usage de frotter les gencives tuméfiées avec du sel fin ou avec une sorte de pâte gingivale composée à poids égal de poisson séché (ou de cendre de murex) et de sel. Les plantes ouvrent le champ de la stomatologie à d’autres topiques. Ainsi, les feuilles de troène sont bonnes, avec un grain de sel, pour les ulcérations de la bouche.

Le sel soulage aussi la gingivite. Il est efficace contre les maux de dents, en liniment avec de la résine. La forme la plus appropriée est la fleur de sel, appréciée pour la taille des cristaux (menus) et leur déliquescence. D’après Galien, il est recommandé de traiter les gencives avec une poudre préparée comme suit : une part de sel et quatre d’alun, le sel ayant une action bactéricide et l’alun une action astringente. Plus tardivement, on relève la composition d’une pâte dentifrice qui rend les dents brillantes (quod splendidos facet dentes) : farine d’orge, vinaigre, miel, sel gemme et huile de nard. Dans une autre préparation, il est question de sel ammoniaque, sel gemme provenant de l’oasis d’Ammon(Siwah). » p.215-216.

COMMANDER CE LIVRE

 

 

 

Catherine Salles, Le grand incendie de Rome. 64 apr. J.-C., Tallandier, coll. Texto, broché, 256 pages, 9€.

 

Rome, le 18 juillet 64. Alors que débutent les fêtes des Neptulania un incendie se déclenche. Durant dix jours, les flammes dévorent la ville sans que le corps des vigiles réussisse à le contenir. Quand l'incendie est maîtrisé, 250.000 personnes ont perdu leur logement. Les rumeurs sur les causes de l'incendie enflent.

 

Extrait : « La rapide progression du feu fait que, d’heure en heure, ce sont de nouveaux Romains qui doivent échapper à leur quartier qui à son tour a pris feu. On pourrait croire qu’en une journée, la plupart des habitants menacés ont pu échapper au brasier. Il n’en est rien, car, au cours des six jours pendant lesquels l’incendie fait rage, les quartiers sont touchés les uns après les autres, et des immeubles menacés surgissent de nouveaux réfugiés. Pendant ces sept nuits et six jours, le spectacle de Rome est celui de la désolation. Les lamentations des femmes, les pleurs des enfants, les gémissements des personnes invalides ou âgées dominent le grondement de la cohue en marche. Les gens ploient sous le poids des hardes qu’ils veulent sauver. Des chevaux, des mulets et des chariots chargés de vaisselle et de mobilier tentent de se frayer un passage. Des individus, comme hébétés, restent immobiles au milieu de la rue. Malheur à celui qui trébuche et tombe dans la rue : il est piétiné et étouffé par ceux qui le suivent. Il y a aussi, gisant au milieu des rues, beaucoup de blessés et de morts, soit par asphyxie, soit par suffocation, soit par brûlures, soit par blessures provoquées par la chute d’un mur. » p.75.

COMMANDER CE LIVRE

 

 

 

Michel Pastoureau, Le roi tué par un cochon, Seuil, col. La Librairie du XXIe siècle, broché, 256 pages, 21€.

En 1131, le prince Philippe, fils aîné du roi Louis VI le Gros, fait une chute de cheval mortelle, à cause d'un cochon. Cet événement permet de comprendre la portée symbolique du porc dans l'Europe chrétienne de l'époque. Pilier de l'alimentation et des débuts de la médecine, il est aussi le symbole d'un grand nombre de péchés : saleté, goinfrerie, stupidité, etc.

Extrait : « Depuis l’Antiquité, le porc urbain est un animal vagabond qui prend sa nourriture où il la trouve. D’où des querelles de voisinage, des accidents de rue, des procès à propos de cochons ayant dévasté un jardin, pillé une réserve, renversé un charroi, blessé – et même dévoré ! – des enfants. Partout, les autorités municipales légifèrent contre la divagation des porcs, mais le renouvellement constant de ces textes prouve qu’ils ne sont pas respectés. A Paris, à partir du XIIIe siècle, seuls les religieux de l’ordre de Saint Antoine, les Antonins, voués à l’action charitable et au soin des malades atteints du mal des Ardents (une sorte d’épilepsie), conservent le privilège de laisser leurs porcs vaguer en liberté dans les rues. Une clochette pendant au cou ou à leur oreille est leur signe distinctif et la marque de ce privilège. Ces porcs antonins n’ont cependant jamais eu le monopole de la rue parisienne : bien d’autres cochons de toutes provenances s’y rencontrent et y abondent jusqu’au XVIe siècle. L’édit royal de 1539, plus sévère que les précédents, semble avoir finalement eu raison de leur vagabondage. Mais à Toulouse, à Rouen, à Milan, à Cologne et dans bien d’autres villes de France et d’Europe, on trouve encore ces porcs girovagues au XVIIIe siècle. Parfois, comme à Naples, ils n’ont vraiment quitté les rues qu’au début du XXe siècle. » p.49-50.

COMMANDER CE LIVRE

Retour à l'accueil