NOUVEAUTÉS DE MAI 2015 : CHOIX DES LIBRAIRES ET EXTRAITS.

Consultez notre galerie Pinterest de toutes les nouveautés reçues en mai 2015

 

Les favoris de Mélanie Mougin :

 

 

Pierre Brulé, Les sens du poil (grec), Les Belles Lettres, broché, 576 pages, 35 €.

La pilosité et ses liens avec différents aspects de la vie et de la pensée des Grecs sont abordés sous les angles biologique, sociologique, métaphysique et esthétique afin d'éclairer la vision du corps dans l'Antiquité. Sont ainsi évoqués les thèmes de la croissance du poil, sa signification sociale et religieuse, les rituels autour de la chevelure, l'épilation ou encore la sexualité.

Extrait : « En effet, qui imaginerait qu’en leurs assemblées délibératives les citoyens se seraient préoccupés de la pilosité des corps, aient légiféré sur la barbe ? Si l’on ne devait exhiber qu’un seul exemple démonstratif, il y aurait Sparte, où l’usage et la loi (le premier aussi fort que la seconde) réglementent tout le costume capillaire de ses habitants (nous disons bien, habitants ; des citoyens, certes, mais d’autres aussi), un costume pileux dont il sera profusément question plus loin (p. 133 sq.). Toutefois, pourrait-on peut-être dire, c’est Sparte ! Eh bien, non. Même si les renseignements sont souvent indirects, il se vérifie que Sparte n’est pas seule. En leurs comices, d’autres cités ont bien voté des règlements en matière pileuse et capillaire. On sait que certaines cités ont fixé des limites à l’usage ou même interdit la possession du rasoir. Cela inclut l’interdiction de l’épilation « abusive » des corps citoyens. Faut-il dire ici qu’on devine bien quels sont ceux qui peuvent avoir été visés par l’interdiction de telles pratiques et en quels endroits de leurs corps la poix, le rasoir, la pince ou la flamme ne devaient plus accéder désormais : les cousins éparpillés de Clisthène et Cléonyme. » p. 113.

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William Henry Hudson, Chants d'oiseaux, illustré par Alexander Francis Lydon, traduit par Patrick Reumaux, Klincksieck, coll. De natura rerum, broché, 164 pages, 17 €.

Première séquence de Birds in town and village, ce texte du grand ornithologue et naturaliste inédite est une évocation des moeurs des oiseaux d'Angleterre. Cette édition est accompagnée de nombreuses illustrations signées Alexander Francis Lydon (1838-1917). Traduction inédite

Extrait : « L’instinct atteint sans doute la perfection chez les Gallinacés, qui nichent tous à terre, dont les nids sont assidûment recherchés par tous les mangeurs d’œufs, à plumes ou à poils, et dont les tendres poussins sont la nourriture favorite de toutes sortes de carnassiers. Chez le gibier, faisan, perdrix, caille et coq de bruyère, l’instinct est singulièrement puissant : l’oiseau fait des efforts désespérés pour s’enfuir, pousse des cris, bat violemment des ailes et se débat sur le sol avec une telle conviction qu’un prédateur – même trompé de nombreuses fois – ne peut qu’être sensible au leurre d’une capture immédiate. La parade est plus développée chez ces oiseaux d’abord parce que les démonstrations, plus violentes que dans d’autres familles, sont par conséquent plus efficaces, ensuite parce que, le danger passé, l’oiseau retrouve plus vite son comportement habituel. J’a plusieurs fois fait l’expérience de poursuivre faisans, perdrix et coqs de bruyère surpris avec leur couvée. Je n’avais pas plus tôt abandonné la chasse que l’oiseau, comme par miracle, était instantanément guéri. C’était comme un miracle car la créature avait vraiment subi les affres du comportement que je viens de décrire, et c’était le miracle de la santé merveilleuse de la nature. » (p. 119-120)

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Pierre Renucci, Marc Antoine. Un destin inachevé entre César et Cléopâtre, Perrin, broché, 480 pages, 26 €.

Malheur au vaincu ! La vie et la personnalité de Marc Antoine (83-30 avant J.-C.) ont été dépréciées avant d'être occultées, alors qu'il s'agit d'un acteur essentiel de la Rome antique au tournant de son histoire. Cette biographie – la première depuis longtemps en langue française - lui rend justice et apporte de nouveaux éclairages sur la période.

Extrait : « L’ennui est qu’Antoine manqua une nouvelle fois de discrétion. Peut-être eût-on assez vite oublié qu’il avait fait main basse sur le domaine romain de Pompée. Mais l’opinion n’aima pas qu’il y reçût son entourage dépravé. Cicéron force probablement à peine le trait quand il affirme que l’endroit était devenu tout à la fois une taverne, un tripot et un bouge. Il exagère assez peu quand il dit encore que cette clique a englouti en quelques mois vin, meubles et objets de valeur qui s’y trouvaient. Chacun se servait er Antoine donnait ce qu’on ne prenait pas. Car d’une façon générale, cet homme aimait faire plaisir. Sa générosité était sincère, pas seulement politique. Fidèle en amitié, il était de ceux qui donnent leur chemise. Plutarque raconte qu’un jour, pour lui montrer l’énormité du cadeau, son intendant avait étalé sur le sol le million de sesterces dont Antoine voulait gratifier un ami. Quand il passa et vit l’argent par terre, Antoine perça aussitôt l’intention de son serviteur et lui dit : « Je croyais qu’un million faisait bien plus, moi. Et c’est si peu ! Allons, mets-en encore autant ! » (p. 117-118)

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Les favoris de Gaëtan Flacelière :

 

 

Patrice Brun, Démosthène. Rhétorique, pouvoir et corruption à Athènes, Armand Colin, coll. Nouvelles biographies historiques, broché, 333 pages, 24,90 €

Une présentation de la vie et de la personnalité de Démosthène, avec un point sur l'historiographie et les nouvelles découvertes épigraphiques le concernant. Cet ouvrage met en avant la remise en cause de la figure traditionnelle de l'orateur et dévoile le côté sombre de l'homme politique.

Extrait : « La réflexion de Démosthène sur le passé de la cité a pour conséquence majeure qu’aucun Athénien ne peut selon lui abandonner ce rang de gloire et de puissance que les ancêtres ont transmis. Cette position est demeurée intangible chez Démosthène : la grandeur passée de la cité doit servir de guide à l’action présente, même si les conditions stratégiques et militaires ne le permettaient plus – ce qu’il ne vit pas. Et c’est dans cet esprit qu’il glorifie également les exploits militaires des stratèges athéniens du IVe siècle, qui avaient, tels Conon, Timothée ou Chabrias, restauré l’hégémonie athénienne sur l’Egée, et qu’il rappelle aussi, et à plusieurs reprises, le rapide succès des troupes athéniennes envoyées en Eubée en 357. C’est presque au détour d’une phrase qu’il consent à avouer que, si Rhodes, Chios et Byzance s’étaient lancées dans une guerre pour assurer leur indépendance en 357, c’est parce que ces cités redoutaient une tentative de subversion de leur indépendance ou de leur régime politique par Athènes. Mais on ferait une lourde erreur en croyant que Démosthène développe ici une pensée à la fois personnelle et originale. Tout à rebours, c’est l’ensemble du discours officiel, si tant est que l’on puisse parler ainsi, qui est irrigué de ce qui passait, même après le désastre de 404, pour une réalité intangible. » (p.113-114)

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Le siècle de Louis XIV, sous la direction de Jean-Christian Petitfils, Perrin, broché, 488 pages, 23 €. 

Le ce grand siècle fut une période de maturation et de transformation de la société, sous tous ses aspects. Aussi cet ouvrage traite-t-il tout autant de la personne royale que du mode de gouvernement, de l'économie du royaume et de la religion que de la guerre, de l'entourage du roi que de la politique extérieure et des mouvements populaires, sans oublier les arts et les lettres.

Pour dresser ce panorama, à l'occasion du tricentenaire de la mort du Roi-Soleil, Jean-Christian Petitfils, lauréat du Grand Prix de la biographie (histoire) de l'Académie française, s'est entouré d'une vingtaine d'historiens qui se sont distingués par leur connaissance de cette période.

Extrait : « La paix ne sera durable que si Louis XIV le souhaite. Le roi a le sentiment qu’il dispose d’une grande liberté d’action. Or, tout dépend de sa volonté. Par sa jeunesse, le jeune prince inquiète moins qu’un souverain chevronné : il ne suscite pas encore l’« envie ». Il peut aussi jouer de la surprise : « On observait moins ma conduite. » Pourtant, son caractère le pousse à l’action : il souligne son âge et « le plaisir d’être à la tête de [ses] armées ». Il doit utiliser la puissance de la France s’il ne veut pas être taxé d’oisiveté et de mollesse par sa noblesse : « C’eût été sans doute mal jouir d’une si parfaite tranquillité. » Cette analyse de la situation internationale dans les années 1660 montre aussi que la politique étrangère constitue bien le domaine réservé du prince dans les Etats de l’époque moderne, et Louis XIV, plus que tout autre, défend cette prérogative. Néanmoins, ses décisions, qui engagent le sort des nations, sont discutées dans le conseil d’en haut, le conseil des ministres. Cette sphère étroite est relayée par le réseau de diplomates français. Louis XIV, avec l’aide d’Hugues de Lionne, le secrétaire de Mazarin, devenu secrétaire d’Etat des Affaires Etrangères développe cet outil. Ses ambassadeurs parlent haut et fort : ils utilisent les menaces ou lancent de longues négociations, ils payent des informateurs et lient les mains des princes étrangers en leur accordant des subsides, ils préparent des alliances ou des mariages. Tout est bon pour affirmer la présence de la France en Europe. » (p. 351-352)

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