Nouveautés dans la C.U.F

Strabon, Géographie. Tome XIV: Livre XVII, 1ere partie, (L'Égypte et L'Éthiopie nilotique), texte établi et traduit par Benoît Laudenbach, Les Belles Lettres, Collection des Universités de France série grecque, broché, CX - 512 pages, 55 €.

Le présent volume constitue le dernier tome de la Géographie écrit par Strabon, dont l'édition est prévue en deux fascicules – le second a été publié en juin 2014. Ce premier fascicule contient donc les chapitres 1 et 2 du livre XVII, contenant une description des pays traversés par le Nil qui marque la frontière entre les continents asiatique et libyque, à savoir l'Éthiopie et l’Égypte.

Extrait : « À proximité se trouve également Memphis elle-même, la résidence des rois égyptiens, que trois schènes séparent du Delta. Elle possède des temples dont celui de l’Apis, qui n’est autre qu’Osiris, où l’on nourrit, dans un enclos sacré, le taureau Apis qui, comme je l’ai dit, passe pour un dieu ; il porte des taches blanches sur le front et en quelques autres petits endroits du corps, tandis que le reste est noir — ce sont toujours de telles marques qui permettent de choisir le taureau apte à succéder au titulaire du culte quand il vient à mourir. Devant l’enclos sacré, il y a une cour dans laquelle se trouve encore un autre enclos pour la mère du taureau ; c’est dans cette cour que l’on lâche l’Apis à une certaine heure, surtout pour l’exhiber aux visiteurs — ils peuvent certes le voir aussi dans son enclos à travers une ouverture, mais ils souhaitent également le voir à l’extérieur —, et lorsqu’il s’y est un peu ébroué, on le ramène à nouveau dans son étable particulière. On trouve donc là le sanctuaire de l’Apis, jouxtant l’Héphaïsteion, et l’Héphaïsteion lui-même, construction somptueuse tant par la taille de son temple que par ses autres aspects. En avant, sur le dromos, se dresse aussi un colosse monolithe. C’est une coutume que d’organiser sur ce dromos des combats de taureaux que des gens élèvent dans ce dessein, comme les éleveurs de chevaux ; une fois lâchés, ils s’affrontent au combat, et celui qui est proclamé vainqueur remporte un prix. On trouve aussi à Memphis un sanctuaire qui passe pour celui de la déesse grecque Aphrodite, bien que certains prétendent qu’il s’agisse d’un sanctuaire de Séléné. » XVII, 1, 31.

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Théophraste, Les causes des phénomènes végétaux. Tome II: Livre III et IV, texte établi et traduit par Suzanne Amigues, Les Belles Lettres, Collection des Universités de France série grecque, broché, XVI-352 pages, 45 €.

Les livres III et IV constituent le second volet d'un ensemble indissociable dont les livres I et II, publiés dans la CUF en 2012, forment la première partie : à la physiologie des espèces sauvages répond celle des espèces cultivées, d'abord les arbres fruitiers, en particulier la vigne et l'olivier, ensuite les céréales et les légumineuses.

Extrait : « 1 Au sujet des vignes les questions qui ne concernent pas tous <les arbres> et n’ont pas été traitées plus haut doivent l’être pareillement.

Comme les cépages diffèrent, et aussi les terroirs, ce qu’il faut absolument essayer de déterminer, c’est quel type de cépage est adapté à tel ou tel type de terroir, car si on les plante en accord avec leur nature, ils réussissent bien, si c’est contre leur nature, ils deviennent stériles. De l’accord avec leur nature on se fait, comme nous l’avons dit, une idée approximative d’après une certaine ressemblance : sur le sol ferme et aride, les cépages de texture ferme, tant les blancs que les noirs (dans l’ensemble les noirs sont plus fermes), sur le sol détrempé, ceux à texture lâche. On distingue parfaitement les variétés à texture compacte et celles à texture lâche par leur moelle, qu’il faut examiner sur la section des sarments jeunes : la variété à texture lâche a la moelle abondante et le bois mince, celle à texture compacte a la moelle petite et le bois épais. 2 Le fait que chacun des deux types convient à chacun des deux types de terroir ressort nettement des observations suivantes : sur ceux dont la moelle est grande, les conduits sont nombreux et larges, sur ceux dont elle est petite, ils sont à la fois étroits et peu nombreux. C’est pourquoi les variétés à texture compacte demandent d’elles-mêmes une nourriture ferme en moindre quantité, et en même temps elles sont capables de conserver l’humidité pour l’été. Le soleil la dissipe en effet bien moins à cause de leur compacité, ce qui fait que la déperdition étant faible, les racines subviennent dans une juste mesure aux besoins du fruit ; au contraire, les variétés à texture lâche, chez qui la déperdition est importante et l’apport de fluide restreint à cause de la sécheresse de la terre, portent des sarments chétifs et des fruits mal venus. » III, 11, 1-2.

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Jean Philopon, Traité de l'astrolabe, texte établi et traduit par Claude Jarry, Les Belles Lettres, Collection des Universités de France série grecque, broché, CLXXXV - 320 pages, 47 €.

Le Traité de l'astrolabe de Jean Philopon est le plus ancien texte concernant l'astrolabe qui soit parvenu jusqu’à nous. C’est un traité d’usage de bonne facture, très didactique, qui aborde divers usages de l’instrument bien au-delà de la simple détermination de l’heure, de jour ou de nuit, puisque l’auteur termine par la détermination de la longitude écliptique des astres errants.

Extrait : « XI- Comment il est possible de trouver, grâce à l’instrument, la longitude écliptique du soleil, et comment il est possible de trouver aussi à quelle hauteur, chaque jour, culmine le soleil.

19- Et en outre, on peut déterminer la longitude écliptique du soleil, sans avoir recours à des tables, en utilisant l’instrument de la façon suivante. Il faut trouver, pour ce jour, quelle est la valeur de la culmination du soleil. Nous le ferons en visant l’astre autour de midi même. Il va de soi qu’il faut le viser à plusieurs reprises, jusqu’à ce qu’il cesse de monter, mais qu’au contraire, après avoir atteint son élévation maximale, il commence à descendre et à se rapprocher de la terre. Il est clair que le point à partir duquel il a commencé à descendre est précisément son point de culmination. Après avoir déterminé cela, il convient de savoir ensuite quel est le quadrant du zodiaque que parcourt alors le soleil si c’est celui qui commence à l’équinoxe de printemps, ou d’automne, ou encore celui qui commence au solstice d’été, ou d’hiver. Or ceci est évident pour chacun ; ces dates, celles des équinoxes et celles des solstices, sont connues de tous. Nous nous intéresserons à ce quadrant sur le zodiaque de l’araignée puis, ayant placé la dite araignée sur le climat du lieu où nous sommes pour procéder à l’observation, et faisant défiler sur le méridien chacun des degrés du quadrant que parcourt le soleil, nous chercherons lequel de ces degrés s’élève d’autant d’almicantarats, lorsque nous sommes sur le méridien, que le soleil a été trouvé s’élever ce jour là, et nous déclarons que ce degré est la position du soleil ce même jour. Cependant, tout ceci suppose que le soleil n’est pas au voisinage des points solsticiaux, mais qu’il en est au contraire nettement éloigné. S’il en est proche, il faudra d’autres moyens d’analyse, que nous allons exposer. » D, XI, 19.

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