Mondes anciens.

 

Découvrez la nouvelle collection Mondes anciens dirigée par Jean-Michel David et François de Polignac.

L'histoire de l'Antiquité est fondatrice. Les grands moments que l’on en retient, l’Égypte, les empires de Mésopotamie, les cités grecques et les monarchies hellénistiques, la République romaine et l’Empire, sont ceux au cours desquels se sont structurés des modes de représentation du monde qui nous inspirent encore aujourd’hui : la Bible, la Démocratie, le Droit pour ne citer qu’eux. L’étude en requiert de la rigueur et de la précision, tant les sources sont rares et sujettes à interprétation. L’érudition pourtant ne peut suffire. Il faut aussi donner un sens aux événements que l’on reconstitue.
La collection « Mondes anciens » de monographies d’histoire et d’anthropologie de l’Antiquité s’inscrit dans une perspective à la fois savante et réfléchie qui permet, sans oublier non plus les questions d’historiographie, d’analyser les mécanismes qui régulaient les sociétés et en déterminaient les représentations.

 

Yann Berthelet, Gouverner avec les dieux.  Autorité, auspices et pouvoir sous la République romaine et sous Auguste, Belles Lettres, coll. Mondes anciens, broché, 448 pages, 27,50 €.

Présentation et analyse du partage et de l'équilibre des pouvoirs pendant la République romaine, alors que l'équilibre des institutions reposait sur l'encadrement de la potestas des magistrats par l'auctoritas des prêtres et du Sénat, le droit d'auspices des magistrats du peuple formant le noeud gordien de l'articulation entre potestas et auctoritas.

«  Le ius auspicandi à titre public consistait à solliciter auprès des dieux, en particulier auprès de Jupiter, des auspices favorables, à travers lesquels le dieu maître des signes et souverain par excellence légitimait par son auctoritas l’acte public de potestas que le magistrat s’apprêtait à accomplir. La prétention des patriciens à détenir le monopole sur le ius auspicandi, donc sur les magistratures du peuple, et sa traduction institutionnelle dans leur monopole sur l’interrègne – qui se maintint après les plébiscites Licino-Sextiens de 367 av. J.-C. et l’ouverture des magistratures du peuple aux plébéiens – se fondèrent sur la capacité du patriarcat à incarner la noblesse gentilice par excellence. La gens, formation de parenté archaïque, fut en effet probablement antérieure à la formation du dualisme patricio-plébéien au cours de la première moitié du Ve s […].

Hérité du monopole auspicial patricien, le ius auspicandi des détenteurs de magistratures patriciennes, c’est-à –dire de magistratures du peuple, ne fut jamais étendu aux magistrats de la plèbe, quoi qu’aient pu le laisser croire, sur ce point, quelques documents problématiques. Les prétendues élections auspicato des tribuns de la plèbe avant 471 av. J.-C. non seulement ne prouvent pas que les tribuns aient eux-mêmes détenu le droit d’auspices, mais s’intègrent mal à ce que nous connaissons du contexte sociopolitique des premières décennies du Ve siècle avant J.-C. » p.139-140.

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Charles Guérin, La Voix de la vérité. Témoin et témoignage dans les tribunaux romains du Ier siècle avant J.-C., Les Belles Lettres, coll. Mondes anciens, broché, 432 pages, 27,50 €.

A côté des plaidoyers et de leurs argumentaires, les témoins fournissaient, dans le procès romain, le socle des débats du procès. L'auteur reconstitue cet aspect des pratiques judiciaires et fait émerger des réalités juridiques, rhétoriques et idéologiques négligées jusqu'ici. Le témoignage soulève la question de la valeur civique, voire de la romanité.

« Aucun témoin ne pouvait déposer sans prêter serment. Prononcé au nom de Jupiter, il devait lier le témoin et le pousser dans le sens du vrai, selon un mécanisme qui relevait davantage de l’engagement et de la pression sociale que de la crainte du châtiment : les tribunaux de la République tardive réprimaient peu les fausses déclarations.

Le serment prononcé par le témoin vient renforcer son devoir de vérité : il engage son crédit devant les hommes, mais surtout devant les dieux. Les dieux punissant ceux qui bafouent les serments, le ius iurandum est idéalement doté d’un fort pouvoir de contrainte, mais celui-ci ne doit pas être exagéré. Lorsqu’il traite des mérites de Regulus dans le De officiis, Cicéron souligne que sa fidélité au serment étonne aujourd’hui. Son mérite, poursuit-il, ne lui appartient pas : il est seulement celui de son époque. Dans le même traité, Cicéron adopte d’ailleurs une attitude ambigüe face au serment : s’il faut le respecter, ce n’est pas tant par crainte de la colère des dieux que par respect de la iustitia et de la fides. A ses yeux, le serment est en définitive moins contraignant que ne l’est la moralité de celui qui le prête.

De fait, le corpus oratoire n’invoque jamais le serment comme un gage de vérité, comme si la prestation exigée du témoin était un acte procédural dont l’absence interdisait la déposition, mais dont l’existence n’offrait en réalité aucune garantie. » p. 114-115.

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