Autour du thé. Extraits.

 

 

Lu Yu, Le classique du thé, présentation Catherine Despeux, Rivages, coll. Rivages poche – petite bibliothèque, broché, 192 pages, 7,10 €.

Précis sur l'art du thé, de sa plantation à sa décoction, écrit au VIIIe siècle, qui entend fixer les canons du thé selon des critères de frugalité et de rigueur, le besoin de l'excellence et la quête systématique du raffinement.

« La préparation du thé

La récolte du thé s’effectue entre les deuxième, troisième et quatrième lunaisons. Les pousses de thé qui croissent sur des limons de roches friables peuvent mesurer jusqu’à quatre à cinq pouces ; elles ressemblent à la vesce ou à la fougère aigle qui commence à sortir de terre. Elles sont cueillies à la rosée du matin. Les bourgeons qui se développent su les sols buissonneux sont groupés par trois, quatre ou cinq. On sélectionne celui qui pointe pour le cueillir. La récolte ne se fait pas les jours de pluie ou par temps nuageux, mais seulement par beau temps et dans la foulée on procède à la cueillette, la cuisson à la vapeur, le pilage, le séchage, l’embrochement et l’emballage. Ainsi, le thé peut être conservé au sec.

Le thé peut présenter mille aspects. En gros, certains thés ont l’aspect des bottes de barbares, au cuir sec et tanné. D’autres évoquent un poitrail de zébu aux plis tombants, des volutes de nuages s’échappant d’une montagne, un miroir d’eau caressé par une légère brise ou de l’argile de potier tamisée et purifiée avec de l’eau. D’autres encore ressemblent à une terre nouvellement travaillée avec des sillons formés par une forte pluie. Ce son autant de thés raffinés à l’excellente saveur. » p.57-58.

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Kakuzo Okakura, Le livre du thé, traduit de l'anglais par Gabriel Mourey, Rivages, coll. Rivages poche – petite bibliothèque, broché, 144 pages, 5,10 €.

Une introduction à la pensée et à l'esthétique traditionnelle japonaise à partir du thé, symbole de la vie et de la culture en Asie.

« Le thé est une œuvre d’art et a besoin de la main d’un maître pour manifester ses plus nobles qualités. Il y a du bon et du mauvais thé, comme il y a de la bonne et de la mauvaise peinture – le plus souvent mauvaise -, et il n’existe pas plus de recettes pour faire du thé parfait qu’il n’existe de règles pour produire un Titien ou un Sesson. Chaque façon de préparer les feuilles possède son individualité, ses affinités spéciales avec l’eau et avec la chaleur, ses souvenirs héréditaires, sa manière propre de conter. La vraie beauté doit y résider toujours. Combien ne souffrons-nous pas de voir que la société se refuse à admettre cette loi fondamentale et, cependant, si simple, de l’art et de la vie ! Li K’ilai, un poète Song, a mélancoliquement remarqué que les trois choses les plus déplorables du monde sont : voir une belle jeunesse gâtée par une fausse éducation ; voir de beaux tableaux dégradés par l’admiration du vulgaire et voir gaspiller tant de bon thé par suite d’une manipulation imparfaite. » (p.27-28)

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