Nouveautés de mars 2015 : choix des libraires et extraits

Consultez notre galerie Pinterest de toutes les nouveautés reçues en janvier 2015

 

 

Les favoris de Gaëtan Flacelière :

 

Paulin Ismard, La démocratie contre les experts. Les esclaves publics en Grèce ancienne, Seuil, coll. L’univers historique, broché, 269 pages, 20 €.

 

Une étude du recours aux esclaves dans la cité démocratique grecque antique pour assurer l'administration de la vie publique. P. Ismard explique comment en rendant invisibles les personnes chargées de l'administration, la cité empêche l'apparition d'un Etat qui pourrait se constituer en une instance autonome et se retourner contre elle.

 

« Qu’ils soient spécialistes de l’esclavage grec ou des instituions civiques, les historiens ne se sont pourtant guère intéressés à ces acteurs des sociétés de l’époque classique et hellénistique. Sans doute, dans la plupart des cités, les dêmosioi ne représentaient-ils qu’une mince portion de l’ensemble de la population servile, qui dans son écrasante majorité était la propriété des hommes libres, qu’ils fuissent citoyens ou métèques. Mais le silence des historiens est aussi le produit d’une tradition idéologique et scientifique qui a longtemps contemplé l’esclavage gréco-romain dans le miroir de l’univers colonial de la plantation, étranger à toue  forme d’esclavage public. Les premières études sur l’esclavage antique furent en effet habitées par les images du Nouveau Monde. Pour Henri Wallon, fervent partisan de l’abolition et futur représentant de la Guadeloupe à l’Assemblée législative sous la Deuxième République, la dénonciation de l’esclavage colonial impliquait de rappeler que l’esclavage antique avait été à l’origine de la corruption morale des cités jusqu’à l’avènement libérateur du christianisme. » p. 17

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Amable Sablon Du Corail, 1515. Marignan, Tallandier, coll. L’Histoire en batailles, broché, 512 pages, 24,90 €.

 

L'historien revient sur la plus célèbre bataille de l'histoire de France : victoire contre les Suisses à l'apogée de leur puissance, soldats allemands, ressources financières colossales pour aider la France, etc…

 

« La bataille de Marignan apporta une gloire trompeuse aux vainqueurs. François Ier ne profita pas longtemps de son duché de Milan. Pour avoir voulu y ajouter le royaume de Naples, et pour avoir défié Charles Quint à l’élection impériale, le roi de France perdit tout. Les défaites de La Bicoque et de Pavie sonnèrent le glas des ambitions françaises en Italie. Les Habsbourg parvinrent à maintenir leur domination sur l’Italie du nord jusqu’au XIXe siècle. En 1535, le duché de Milan devint une province de l’Empire espagnol ; dix ans plus tard, il fut amputé de Parme et de Plaisance, érigées en duché, que le pape Paul III Farnèse donna à son fils naturel. Le rêve de Léon X s’était accompli au profit d’une autre dynastie que celle des Médicis. » p.381

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Timothy Brook, La carte perdue de John Selden, traduit de l'anglais (Canada) par Odile Demange,  Payot, coll. Histoire Payot, broché, 280 pages, 21 €.

 

Une intrigue à tiroirs, des mers de l'Extrême-Orient jusqu'à l'Angleterre de Jacques Ier Stuart, sur les traces de John Selden (1584-1654), orientaliste et homme de loi à l'origine de la première juridiction maritime internationale, dernier propriétaire d'une mystérieuse carte de Chine de 1620. T. Brook mène l'enquête en mettant la Chine au coeur des interactions internationales.

 

« Le livre que vous vous apprêtez à lire s’intéresse à une autre carte, la carte de Selden, ainsi nommée parce qu’un certain John Selden, juriste anglais, l’a léguée à la Bodleian Library d’Oxford en 1654. Cette carte chinoise, la plus importante des sept derniers siècles, représente la partie u monde que connaissaient les Chinois de ce temps, c’est-à-dire la superficie qui s’étend de l’océan Indien à l’ouest aux îles aux Épices à l’est, et de Java au sud du Japon au nord. Elle existe aujourd’hui encore parce qu’elle est parvenue entre les mains de John Selden, aussi passionné que Johannes Schröner par la sauvegarde du savoir, à la fois anglais et universel, y compris le chinois, bien qu’il fût incapable de lire cette langue. C’est une chance , car à la différence des milliers de planisphères de Walseemüller qui ont été imprimés, la carte de Selden est une pièce unique, dessinée et peinte à la main, la seule de son espèce. » p. 20-21

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Les favoris de Mélanie Mougin :

 

A l’école d’Homère. La culture des orateurs et des sophistes, sous la direction de Sandrine Dubel, Anne-Marie Favreau-Linder et Estelle Oudot, Editions Rue d’Ulm, coll. Etudes de Littérature Ancienne, broché, 295 pages, 19 €.

 

Décline les différentes modalités selon lesquelles l'autorité d'Homère, dans le monde antique, s'exerce ou se voit discutée : d'abord dans la formation rhétorique des élites, puis dans le discours des sophistes et des orateurs. Dans les diverses situations de communication auxquelles l'homme éloquent doit répondre (discours public, banquet, dialogue, etc.), Homère est souvent cité.

 

« L’interprétation rhétorique d’Homère ou – pour donner à la rhétorique le champ qui est le sien dans l’Antiquité – la critique littéraire de ses poèmes nourrit la pratique oratoire de le Première à la Seconde Sophistique et stimule la réflexion des auteurs sur les formes littéraires qu’ils construisent. L’œuvre de Lucien, qui ne cesse de dialoguer avec les classiques et avant tout avec Homère (Histoires vraies, II, 20), offre un exemplaire incomparable de ce mélange intime entre création littéraire et réflexion métalittéraire, dont le sérieux et la validité ne sont jamais assurés ou univoques si bien que le lecteur est lui-même sans cesse invité à interroger aussi bien la vérité des énoncés que la vérité des modèles. A ce titre, elle se révèle d’une modernité littéraire que la démonstration de M. Briand (« L’Homère paradoxal de Lucien. Un dialogue, entre imitation et satire ») rend plus frappante, en en proposant une lecture à la lumière des théories de Gilles Deleuze ou Paul de Man. 

Discuter Homère  comme peut le faire Lucien sur un ton mi- sérieux, mi-plaisant, en moquant au passage les interprétations savantes, c’est aussi rependre l’héritage socratique. » p.14

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Paul Veyne, la vie privée dans l’Empire romain, Seuil, Coll. Points Histoire, broché, 272 pages, 8,30 €.

Pour la première fois, en volume séparé, la contribution de Paul Veyne à l’ Histoire de la vie privée. De la naissance à la mort, comment vivaient les Romains ?

« L’histoire, ce voyage en autrui, doit servir à nous faire sortir de nous, au moins aussi légitimement qu’à nous conforter dans nos limites. Les Romains sont prodigieusement différents de nous et, en matière d’exotisme, n’ont rien à envier aux Amérindiens ou aux Japonais. [...] La “famille” romaine, pour ne parler que d’elle, ressemble si peu à la légende ou à ce que nous appelons une famille… »

 

« La fête et la piété pouvaient coexister  dans les sectes ou dans les confréries parce que le paganisme était une religion de fêtes : le culte n’était pas autre chose que qu’un fête, à laquelle les dieux se plaisaient parce qu’ils y prenaient le même plaisir que les hommes. Les religions ont la vocation de confondre l’émotion du divin et la solennisation ; chaque fidèle y puise l’un ou l’autre de ces biens et profite de la confusion, dont il ne prend pas conscience. Comment décider, dans l’Antiquité, si le port d’une couronne est signe de fête ou de participation à une cérémonie religieuse ? La piété est de s’acquitter des hommages dus aux dieux ; la fête religieuse offre le double plaisir d’être aussi un devoir. La confusion ne se défait que si l’on s’avise de demander au fidèle de confesser ses sentiments, ce que le paganisme ne demandait pas. Pour lui, l’hommage rendu aux dieux solennisait le plaisir ; mais heureux ceux qui, en outre, sentaient mieux que d’autres la présence de la divinité et dont l’âme était émue ! » p.194

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Jean-Noël Robert, Pompéi et la Campanie antique, Les Belles Lettres, coll. Guides Belles Lettres des Civilisations, broché, 352 pages, 19 €.

 

Histoire de la civilisation antique de la Campanie, la région de Pompéi. S'appuyant sur les recherches issues des découvertes archéologiques, l'ouvrage offre un aperçu des modes de vie de ces femmes et hommes de l'Antiquité, d'un point de vue politique, social, économique, religieux, culturel et artistique, en décrivant les loisirs, la vie privée, etc., avant l'éruption du Vésuve en 79.

 

 « L’activité commerciale d’une cité importante comme Pompéi, qui s’appuie d’une part sur un arrière-pays fertile en productions agricoles et d’autre part possède une ouverture sur l’extérieur grâce à un port bien situé, ne pouvait être que florissante. Le nombre de commerces n’a fait que croître, notamment pendant la période romaine, et la gamme de services et de produits offerts par la cité est impressionnante. La « bourgeoisie commerçante » s’est considérablement enrichie au début de notre ère et c’est elle qui domine à Pompéi, reléguant même l’aristocratie locale au second plan, lui laissant tirer ses revenus d’exploitations extra-urbaines. Nombre de familles d’affranchis tiennent souvent les rênes du commerce (comme, par exemple, les Vettii dont la belle demeure en ville est bien connue – cf. La maison pompéienne, chap. 10). Ainsi certains noms célèbres ont-ils la main sur toute la chaîne, de la production à la vente. » p. 132

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