Jeudi 16 avril à 18h30 : Conférence de Vincent Robert sur La petite-fille de la sorcière

 

Jeudi 16 avril à 18h30

 La librairie Guillaume Budé est heureuse de vous inviter à sa nouvelle soirée :

 

Conférence de Vincent Robert

 

La petite-fille de la sorcière

Enquête sur la culture magique des campagnes au temps de George Sand

 

Au XIXe siècle, cela faisait longtemps qu'on ne brûlait plus de sorcières. Les pièces de procès n’existent donc pas. La justice est muette, à part quelques affaires d’escroquerie et de rares faits divers tragiques. Ne comptons pas trop non plus sur les tout premiers folkloristes : ces notables cherchaient surtout dans les mœurs campagnardes des vestiges de cultes ou d’usages antiques et en somme ne s’intéressaient guère aux paysans de leur temps. On a dû procéder autrement et partir de la littérature.


Relire La Petite Fadette, les Dus frays bessous du gascon Jasmin, d’autres œuvres d’écrivains ayant eu une enfance rurale afin d’y repérer ce que Carlo Ginzburg appellerait des traces : traces à demi effacées d’une culture essentiellement orale et très méprisée, indices ténus qu’il faut interpréter à la lumière de ce que les anthropologues et les folkloristes nous ont appris des contes et des croyances.


Il s’agit ainsi de reconstituer les logiques multiples d’un univers culturel très étrange à nos yeux, entre le rêve et le réel, peuplé de sorcières et de loups-garous, de devins et de feux follets. Et, en bon historien, d’inscrire ces croyances dans le temps : comprendre pourquoi, en dépit du mépris des Lumières qui faisait suite à la persécution sanglante des siècles précédents, elles étaient encore si vivantes au début du XIXe siècle ; puis tenter d’évaluer leur recul, ou plutôt les transformations qu’elles connaissaient à cette époque ; enfin apprécier l’enjeu politique qu’elles en vinrent à représenter lorsqu’en 1848 l’instauration du suffrage universel donna à des campagnards encore illettrés et « superstitieux » un poids décisif dans la destinée d’un pays.

 

La conférence sera suivie d'un échange avec le public et d'une séance de dédicaces. 

 

Vincent Robert enseigne l’histoire politique et culturelle du XIXe siècle à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne. Il a notamment publié Le Temps des banquets. Politique et symbolique d’une génération, 1818-1848 (2010) qui a obtenu le prix des Rendez-vous de l’histoire de Blois.

 

 

L'ouvrage : 

 

Vincent Robert, La petite-fille de la sorcière. Enquête sur la culture magique des campagnes au temps de George Sand, Les Belles Lettres, broché, 320 pages, 25 €. A paraître le 13 avril 2015 aux Belles Lettres.

 


Entrée libre. Réservation fortement conseillée au 01 44 39 84 21 ou par courriel : librairie@lesbelleslettres.com

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