Alexandrie la Divine, extrait.

Alexandrie la Divine, sous la direction de Charles Méla et Frédéric Möri, en collaboration avec Sydney H. Aufrère, Gilles Dorival, Alain Le Boulluec et al., publié par la Fondation Martin Bodmer, la Fondation Gandur, la Fondation Carène et la Biblioteca Medicea Laurenziana, La Baconnière, 2 volumes reliés sous coffret, 1140 pages, 196 €.

Si le qualificatif « divin » est associé à Alexandrie, nous serions bien tentés d’en qualifier aussi l’ouvrage. Car quel chef-d’œuvre ! Plus de 400 photographies noir et blanc d’une grande beauté viennent embellir un texte d’une extrême richesse. De grands spécialistes se sont associés pour nous dévoiler l’histoire de la ville fondée par Alexandre le Grand. Tous les domaines y sont traités (papyrologie, religion, philosophie…) et balayent une large période allant de sa fondation jusqu’à la période arabe et l’ère chrétienne en passant par le monde sémitique et juif entre autres. Une somme exceptionnelle qui ravira autant les spécialistes que les amateurs. On en oublie ses huit kilos qui ne font vraiment pas le poids face à sa grandeur intellectuelle ! A (s’) offrir d’urgence !

« Alexandrie est depuis toujours l’objet de fantasmes : fondée pour devenir la capitale du empire mondial, elle abrita le corps du plus grand des conquérants, qui fit sortir la Grèce  de son cadre géographique et mental pour en faire le ferment d’une civilisation universelle. Cette ville ouverte par vocation était animée à demeure par des communautés juive, égyptienne et grecque, et cultivait, dit-on, tous les savoirs du monde. La passion de la connaissance, quasi encyclopédique, la culture et l’innovation scientifique et technologique, le pluralisme culturel et religieux et l’immense réussite économique de la métropole ont, aujourd’hui plus que jamais, de quoi fasciner les  « citoyens du monde » que nous sommes tous devenus dans les faits. Le célèbre phare symboliserait les ambitions du fondateur, en un lieu qui, portant son nom, a pu incarner durablement un projet, une vision renouvelée de la civilisation, dans laquelle nous pouvons encore nous reconnaître. » p.42

« Au cours de ses conquêtes, Alexandre a fondé de nombreuses Alexandries : vingt-cinq peut-être. Une seule a survécu durablement : Alexandrie d’Égypte, dont la construction a débuté en 331 av. J.-C. Dans l’Antiquité, elle était appelée Alexandrie « près de l’Égypte » ou encore « à côté de l’Égypte ». De fait, comme le dit Plutarque, c’était « une cité grecque », assez largement étrangère à l’Égypte. Elle était pour partie conforme aux principes d’Aristote, pour qui l’accès à la mer est un gage de sécurité et d’abondance, tandis que la possession dune lotte navale est un facteur de poids politique, voire d’hégémonie. Toutefois, ses rues se croisaient à angle droit, en accord avec les règles urbanistiques mises au point par Hippodamos de Millet pour le Pirée, alors qu’Aristote recommandait de réserver le plan quadrillé à certains secteurs urbains seulement et d’adopter partout ailleurs une disposition en chicane ou en quinconce, pour des raisons de sécurité. Peut-être l’adoption u plan hippodamien s’explique-t-elle par l’influence de l’urbanisme de Pella, la capitale de la Macédoine. Une autre différence avec les théories d’Aristote est le gigantisme d’Alexandrie : son rempart était d’une dimension exceptionnelle et sa grand-rue faisait entre 5 et 7 km de long. La situation d’Alexandrie sur la mer avait d’autres avantages, que signalent Diodore de Sicile et Strabon : les vents étésiens donnent un climat tempéré et favorisent la bonne santé. » p.47

 

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