Nouveautés de septembre 2014 :  galerie et choix des libraires

Les favoris de Gaëtan Flacelière :

 

Jacques Le Goff, Jean-Claude Schmitt, Dictionnaire raisonné de l'Occident médiéval, Pluriel, broché sous étui, 1238 pages, 25 €. 

Quatre-vingts essais synthétiques mettant en lumière les caractères originaux de la civilisation de l'Europe médiévale, notamment les aspects matériels, sociaux et symboliques.

Extrait : « Le Moyen Âge n’existe pas. Cette période de près de mille ans, qui s’étend de la conquête de la Gaule par Clovis à la fin de la guerre de Cent Ans, est une fabrication, une construction, un mythe, c’est-à-dire un ensemble de représentations et d’images en perpétuel mouvement, largement diffusées dans la société, de génération en génération, en particulier dans le cas de la France par les instituteurs, les « Hussards noirs » de la République, pour donner à la communauté nationale une identité culturelle, sociale et politique forte. Ce mythe, nous avons tenté d’en saisir la trame, de la fin du Moyen Âge traditionnel à la fin du second millénaire. Afin de conserver à cette étude sa cohérence, nous avons privilégié, tout en donnant de larges aperçus européens, voire planétaires, le cas français. La France est probablement en effet le seul pays occidental que sa mémoire médiévale ait aussi profondément et aussi divisé à l’époque contemporaine, sur le plan culturel, politique et religieux, et où le Moyen Âge constitue encore aujourd’hui un excellent révélateur des Passions françaises : on a pu, du reste, le vérifier en 1996 lors des vifs débats sur les origines nationales suscités, en contrepoint du bicentenaire de la Révolution par « l’année Clovis ». p.790.

 

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Yann Le Bohec, La guerre romaine 58 avant J.-C. – 235 après J.-C., Tallandier, coll. L’art de la guerre, broché, 448 pages, 25 €. 

L'auteur traite de la guerre comme le faisaient les Romains de 58 avant J.-C. à 235 après J.-C. C'est par ses armées que Rome façonna son monde, et pour y arriver, elle y mit tous les moyens (combat en rase campagne, milieu urbain, montagne, guerre biologique, empoisonnement, guérilla...).

Extrait : « Il n’était pas toujours facile de faire vivre une famille, car les soldats appartenaient à la plèbe ; ils n’étaient pas riches. Ils le paraissaient aux yeux des Juifs, en général encore plus pauvres qu’eux, par exemple quand l’un d’entre eux achetait un vêtement jugé luxueux. Mais de nombreux reçus figurent parmi les documents privés qui ont été retrouvés en Bretagne, en Egypte et en Lybie ; ils prouvent que les soldats étaient souvent endettés. Seuls les plus malins pouvaient faire des affaires ou s’accorder des plaisirs, tel cet homme de la XIIIe Germina qui acheta une esclave crétoise en 160. Toutefois, les vols et le brigandage des soldats durent parfois être réprimés, notamment pendant des épisodes de guerre civile. A partir du niveau du centurion, les salaires étaient assez élevés pour procurer une certaine aisance, aidée par les revenus familiaux. » p.132.

 

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Yves Modéran, Les Vandales et l'Empire romain, édité par Michel-Yves Perrin, Errance, coll. Civilisations et cultures, broché, 304 pages, 35 €.

L’histoire du peuple vandale, venu d'Europe centrale, qui s'est ensuite établi en Afrique du Nord pour y bâtir une civilisation originale. L'ouvrage tente d’illustrer ce que l'historien Procope déclarait après la reconquête de l'Afrique menée par les troupes de Justinien en 533 : "De tous les peuples que nous connaissons, les Vandales sont le plus délicat".

Extrait : « La chronica Gallica de 452, aux formules toujours trop concises au goût des historiens modernes, résume bien, en parlant d’un « immense désastre », le choc que causa dans tout l’Occident romain l’invasion de l’Afrique du Nord par les Vandales en mai 429. Alors que rien d’irréversible, malgré les malheurs qui s’accumulaient depuis la mort de Constance III en 421, ne semblait encore empêcher de croire à un redressement de l’Empire, le passage du Détroit de Gibraltar par Genséric et sa horde apparut en effet à tous comme un coup fatal. Écrivant une quinzaine d’années après, Salvien le constatait lucidement : en asservissant l’Afrique, les Barbares s’étaient attaqués à « l’âme de l’État » […]. Certes, le prêtre de Marseille songeait d’abord, en écrivant cela, au rôle essentiel de l’Afrique dans l’approvisionnement de Rome ; mais les très nombreux développements qu’il consacre ensuite aux péchés des Africains révèlent clairement l’importance de l’évènement de 429 pour sa démonstration : avec la chute de l’Afrique, c’était l’Empire tout entier qui subissait cette fois le châtiment divin. » p.95.

 

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Les favoris de Mélanie Mougin :

 

Eunape de Sardes, Vies de philosophes et de sophistes, texte établi, traduit et annoté par Richard Goulet, Les Belles Lettres, Collection des Universités de France série grecque, 2 volumes, broché, 1120 pages, 135 €.

Extrait : « Julien qui fréquentait le plus divin des hiérophantes et qui puisait, bouche bée, à la sagesse qui en émanait, fut alors amené rapidement aux pieds de Constance pour régner aux côtés [de l’Empereur] à titre de César […] de sorte que Julien obtient ce qu’il ne désirait pas, mais ce qui lui était imposé. Envoyé comme César en Gaule, non seulement pour qu’il régnât sur les [peuples] de cet endroit, mais [aussi] pour qu’il pérît dans [l’exercice du] pouvoir impérial, contre toute attente, il tint bon, cachant à tous qu’il rendait un culte aux dieux, mais triomphant de tous [ses ennemis] du fait qu’il rendait ce culte aux dieux ; il franchit le Rhin et après avoir capturé et asservi toutes les nations barbares qui habitaient au-delà de ce fleuve, alors que de nombreuses machinations et ruses étaient ourdies contre lui, -ainsi qu’il a été rapporté dans les livres qui le concernent-, il fit appeler de Grèce l’hiérophante et, ayant pratiqué avec lui certains [rites] qu’eux seuls connaissaient, il fut incité à renverser la tyrannie de Constance. » p. 48-49.

 

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Marie Ledentu, Gérard Salamon, Clio et ses disciples. Écrire l'histoire en Grèce et à Rome, précédé d'un entretien avec Jean d'Ormesson de l'Académie française, Les Belles Lettres, coll. Signets, broché, 330 pages, 13.50 €.

Qu'est-ce que le travail d'un historien dans l'Antiquité ? Que recherchaient pour eux-mêmes les auteurs, quel public visaient-ils quels sujets choisissaient-ils, quelles leçons voulaient-ils transmettre ? Autant de questions auxquelles les auteurs de cet ouvrage se proposent de répondre en faisant intervenir les historiens antiques. Une invitation à voyager en compagnie de Clio, Muse de l’Histoire.

Extrait : « À cette époque, Attila, qui assiégeait Aquilée, cité puissante et réellement très populeuse située au bord de la mer au-delà du golfe ionien, bénéficia, dit-on, d’une chance inattendue ainsi qu’on va le voir. Comme ni la force ni aucune autre méthode ne lui avait permis de prendre cette place, Attila avait, raconte-t-on, fini par renoncer à un siège qui lui avait déjà coûté beaucoup de temps, et il avait ordonné à l’ensemble de son armée de faire sans tarder ses préparatifs de retraite afin que toutes les troupes pussent quitter  les lieux dès l’aube du lendemain. Or le jour suivant, tandis que, au lever du soleil, les Barbares qui avaient levé le siège, se mettaient déjà en route, voilà qu’une cigogne mâle qui avait fait son nid sur une tour de l’enceinte de la cité et y nourrissait ses petits abandonna brusquement ce nid en compagnie de ses cigogneaux […]. Attila avait vu ce spectacle. Et comme il  était supérieurement intelligent et toujours perspicace, il ordonna à son armée de demeurer sur place, en ajoutant que jamais l’oiseau et sa nichée n’auraient quitté leur nid s’ils n’avaient eu de bons motifs pour le faire, et que leu départ laissait présager que la cité connaîtrait sous peu un sort funeste. Voilà pourquoi, dit-on, l’armée barbare reprit le siège. »p. 182. Procope de Césarée, La Guerre contre les Vandales, I, 4, 31-35.

 

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Marcel Conche, Essais sur Homère, Puf, coll. Quadrige, broché, 2e édition, 240 pages, 11 €.

Seize études, basées en particulier sur l'Iliade, en vue d’une interprétation  philosophique de l’œuvre d’Homère. L’auteur y aborde de nombreux thèmes : les dieux, les hommes, la guerre... Marcel Conche nous incite alors à relire le poème avec un regard nouveau.

Extrait : « Pourquoi l’âme de Patrocle se plaint-elle du non accomplissement des rites ? Pourquoi aspire-t-elle à devenir une ombre parmi les ombres alors que, pour l’heure, elle est, de celles-ci, repoussée ? L’Odyssée nous montre Achille parvenu chez Hadès et n’y trouvant aucun apaisement, au contraire : il rêve de « revenir au manoir de son père ne fut-ce qu’un instant » (Od.,11.501). C’est qu’il a conscience de son état. Avant l’incinération du corps, l’âme de Patrocle a conscience de son état : elle vit son malheur. Il faut penser que, les portes d’Hadès franchies, elle perdra conscience. Sinon, quel serait cet « apaisement du feu » (Il., 7.410) que l’incinération est censée apporter ? L’âme d’Achille, dans la Nekuia (chant XI) de l’Odyssée, n’est pas apaisée ; l’âme de Patrocle, dans l’Iliade, après que le corps a été brûlé sur le bûcher, est délivrée de sa détresse et parvient au repos. Le fantôme qui est apparu à Achille était sans corps, non sans esprit ; l’ombre de Patrocle, chez Hadès, est sans corps et sans esprit : elle n’a plus souvenir de sa vie sur la terre et ne reconnaît plus les autres, ni ne se reconnaît elle-même. » p.101-102.

 

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