Georges Ville, La gladiature en Occident. Extrait.

Georges Ville, La Gladiature en Occident des origines a la mort de Domitien, préface de Paul Veyne, École Française de Rome, coll. Classiques de l'École Française de Rome, broché, 519 pages, 20 €.

 

« En réalité les conditions de vie au ludus devaient varier beaucoup ; les gladiateurs se vendaient cher, et d’autant plus qu’ils étaient plus « beaux » - formosi, comme le confirme la table d’Italica ; on a vu César se préoccuper d’installer ses combattants dans une région particulièrement salubre (Strabon V, 1, 7) ; Épictète, II, 24, 23, ironise sur une grand-prêtre impérial « qui est aux petits soins de ses beaux gladiateurs ». Il est probable que les grands lanistes et les grands munéraires étaient attentifs à la nourriture de leurs hommes ; Galien qui soigna les gladiateurs impériaux de cinq grands-prêtres de Pergame […] s’intéressait particulièrement à leur régime ; curieusement, nous le voyons préconiser la bouillie d’orge quotidienne, qui donne au corps son embonpoint […] ; on pense que l’on devait donner de l’orge aux gladiateurs  pour les engraisser à peu de frais (ainsi G. Lafaye, p. 1581) ; mais, comme pour Galien, peut-être s’agissait-il de diététique et non d’économie. On confondait la graisse et les muscles, comme le font les sociétés où l’on ne mange pas à sa faim.

Ce soin que l’on devait apporter souvent à nourrir les hommes explique qu’on leur servait une cuisine toute faite, et non point des rations qu’ils auraient eu à préparer […].

Le Pseudo-Quintilien, IX, 21, laisse entendre que les gladiateurs étaient sous surveillance : inclusum turpiore custodia ; c’est vrai dans un ludus de condamnés ou de prisonniers – que l’on surveille parfois au point qu’ils ne peuvent se suicider qu’en usant de stratagèmes, mais c’est faux dans un ludus ordinaire.

Nous n’avons rien trouvé, en effet, aux ludi municipaux de Pompéi, qui suppose une telle garde ; de toute manière, les gladiateurs conservaient leurs armes, que l’on a retrouvées dispersées dans les cellae ; il ne faut pas voir le ludus comme une prison ; c’était un lieu très ouvert sur l’extérieur, où des amateurs venaient faire des armes – tels Q. Velocius ou le C. Marcellus dont parle Cicéron, ou encore plusieurs empereurs […]. Il faut supposer que les gladiateurs pouvaient en sortir librement - ne serait-ce que pour les conquêtes féminines innombrables qui leur sont prêtées. » p. 301-303.

 

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Georges Ville, La gladiature en Occident. Extrait.
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