Détail de la galerie de Pharsale au Chateau D'ancy-le-Franc.

Détail de la galerie de Pharsale au Chateau D'ancy-le-Franc.

Le 9 août 48 avant J.-C., grâce à sa stratégie militaire et malgré la supériorité en cavalerie de Pompée, César anéantit les troupes pompéiennes lors de la bataille de Pharsale. Les auteurs anciens nous racontent.

 

Extrait 1 : "Les Pompéiens, sans doute, se montrèrent à la hauteur de la situation. Non seulement ils supportèrent la salve des projectiles ennemis, mais ils résistèrent au choc des légions, gardèrent leur formation et, après avoir lancé leurs javelots, tirèrent l’épée. En même temps la cavalerie, à l’aile gauche de Pompée, s’élança tout entière, selon les ordres reçus, et toute la foule des archers se répandit. Notre cavalerie ne résista pas à leur charge, elle fut refoulée et céda un peu de terrain ; la cavalerie pompéienne ne l’en pressa que plus vivement et commença à se déployer par escadrons et à tourner notre ligne par la droite. Lorsque César s’en aperçut, il donna à la quatrième ligne qu’il avait formée avec six cohortes le signal convenu. Ces troupes s’élancèrent aussitôt en avant et firent en colonnes d’attaque une charge si vigoureuse contre les cavaliers de Pompée qu’aucun d’eux ne résista : tous tournèrent bride et non seulement cédèrent du terrain, mais se mirent aussitôt à fuir précipitamment pour gagner les crêtes les plus élevées. Après leur déroute, tous les archers et les frondeurs, qui restaient sans défense ni protection furent massacrés. »

César, Guerre Civile, 3.93 in César, Guerre Civile, Tome II, Livre III, texte établi et traduit par P. Fabre, 3e tirage de la huitième édition revue et corrigée par A. Balland, Les Belles Lettres, coll. C.U.F. série latine, 1936 (3e tirage 2010), broché, 248 pages, 28.40 €.

 

Extrait 2 : « Au moment où cette déroute eut lieu, Pompée, voyant s’élever un nuage de poussière, devina le désastre de sa cavalerie. Il serait difficile de dire quelles réflexions il fit alors, mais il avait tout l’air d’un homme pris de vertige ou de folie, et ne se souvenait même plus qu’il était Pompée le Grand ; il ne dit mot à personne et rentra à pas lents dans son camp. On aurait pu très justement lui appliquer ces vers : 

« Le cœur d’Ajax est envahi par la terreur, que suscite Zeus Père assis dans les hauteurs. Stupéfait, il s’arrête et rejette en arrière son bouclier que recouvrent sept peaux de bœufs. Il tremble en promenant ses regards sur la foule. »

Tel était Pompée lorsqu’il regagna sa tente, où il s’assit et resta muet jusqu’à l’instant où de nombreux ennemis, poursuivant les fuyards, pénétrèrent avec eux à l’intérieur du retranchement. Alors, prononçant cette seule parole : « Quoi ! Jusque dans mon camp ! », sans rien ajouter d’autre, il se leva, mit un vêtement convenant à son présent malheur et sortit à la dérobée. »

Plutarque, Vies, Pompée, 72.1 in Plutarque, Vies, Tome VIII, Sertorius-Eumène. Agésilas-Pompée, texte établi et traduit par R. Flacelière et E. Chambry (avec le concours de M. Juneaux pour les t. I et II), Les Belles Lettres, coll. C.U.F. série grecque, 1973 (2e tirage 2003), broché, 526 pages, 34.50 €.

 

Extrait 3 : « Pour finir, après qu’ils eurent soutenu pendant un très long temps un combat incertain, et que beaucoup, dans les deux camps également, furent tombés ou eurent été blessés, Pompée, dont la majeure partie des troupes était asiatique et sans expérience, fut vaincu, comme cela lui avait été clairement manifesté avant même l’action. En effet la foudre tomba sur son camp, un feu aérien, apparu au-dessus du camp de César, s’abattit sur le sien, des abeilles essaimèrent sur ses enseignes militaires et plusieurs victimes, qui avaient déjà été conduites sur les autels s’échappèrent. Et cette bataille eut un tel retentissement aussi sur le reste de l’humanité qu’en plusieurs lieux, le jour même du combat, on entendit des heurts de troupes et des cliquetis d’armes […]. Ces signes se produisirent ce jour-là même, chacun en son lieu, et, sur le moment, on ne leur ajouta pas foi, comme c’était naturel, mais quand les faits furent connus, on s’en émerveilla. »

Dion Cassius, Histoire Romaine, 41, 61 in Dion Cassius, Histoire Romaine, Livres 40-41, introduction, traduction et notes par M. Rosellini, Les Belles Lettres, coll. La Roue à Livres, 1996 (2e tirage 2004), broché, 208 pages, 21.30 €.

 

Pour en savoir plus :

Lucain, La Guerre civile. La Pharsale. Tome I, Livres I-V, texte établi et traduit par A. Bourgery,  Les Belles Lettres, coll. C.U.F. série latine, 1927 (7e tirage 2013), broché, XXVIII - 340 pages, 55 €.

 

Lucain, La Guerre civile. La Pharsale. Tome II, Livres VI-X, texte établi et traduit par A. Bourgery et M. Ponchont, Les Belles Lettres, coll. C.U.F. série latine, 1930 (7e tirage 2003), broché, 434 pages, 42.60 €.

 

Florus, Œuvres, Tome II, Texte établi et traduit par P. Jal. Les Belles Lettres, coll. C.U.F. série latine, 1968 (2e tirage 2002), broché, 156 pages, 27.40 €.

 

Appien, Les Guerres civiles à Rome, Livre II, traduction de J.-I. Combes-Dounous, introduction, révision et notes de Ph. Torrens. Les Belles Lettres, coll. La Roue à Livres, 1993 (3e tirage2014), broché, XXVIII - 208 pages, 27 €. 

 

 

 

 

 

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