Comme vous pourrez le constater en visitant notre galerie Pinterest, le mois de mai 2014 fut riche en nouveautés de premier ordre, qu’il s’agisse de textes sources grecs et latins, d’essais pointus ou d’ouvrages de vulgarisation, de livres en langue française ou en langue anglaise. Nous avons notamment célébré en ce mois la parution de quatre nouveaux titres de la collection C.U.F. et le second volume de « Commentario », nouvelle collection des Belles Lettres visant  à offrir un accompagnement de lecture des textes classiques de la littérature antique, sous la forme d'un commentaire : les Bucoliques de Virgile.

 

Voir la galerie Pinterest des 51 nouveautés reçues en mai 2014

 

 

Les favoris de Gaëtan Flacelière :

 

 

The Oxford Handbook of Childhood and Education in the Classical World, edited by Judith Evans Grubbs, Edited by Tim Parkin, and With Roslynne Bell, Oxford University Press, coll. Oxford Handbooks in Classics and Ancient History, hardback, 704 pages, 120 €.

 

Présentation de l’éditeur : « The past thirty years have seen an explosion of interest in Greek and Roman social history, particularly studies of women and the family. Until recently these studies did not focus especially on children and childhood, but considered children in the larger context of family continuity and inter-family relationships, or legal issues like legitimacy, adoption and inheritance. Recent publications have examined a variety of aspects related to childhood in ancient Greece and Rome, but until now nothing has attempted to comprehensively survey the state of ancient childhood studies. »

Maxima debetur puero reverentia (a child is owed the utmost respect; Juvenal, Satires, 14.47). In the essays in this handbook we seek to explore the full range of what it meant to be a child and to be educated (or not) in antiquity. We also allow for wide parameters in our definitions of child, and our subject range from before birth to young adults of up to twenty years of age. Such diversity may also be found in the ancient sources, both literary and artistic. What did Juvenal understand by the term puer, for example? At various points throughout this handbook our authors raise the question of terminology, both Greek and Latin, and it should not surprise that a range of meanings, precise or otherwise, emerge […]. While the topos of the “ages of man” has a long history, definitions of childhood herein vary markedly, even within a framework that tends to be based around multiples of seven.” p.6.

 

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Philippe Henne, Le vertige divin. La saga des stylites, Cerf, coll. Histoire du christianisme, broché, 308 pages, 22€.

 

Philippe Henne nous offre les portraits de ces ascètes chrétiens de l'Orient ancien, qui ont disparu avec les croisades. Les stylites vivaient au sommet de colonnes, pouvant atteindre 20 mètres de haut, pour se rapprocher de Dieu. Les fidèles de l'époque venaient solliciter leurs prêches et les princes pouvaient avoir recours à leurs conseils. Ainsi rencontrons-nous rencontrer Siméon l'Ancien, Daniel, Siméon le Jeune, Alypius, Luc le centenaire ou encore Lazare le Galésiote.

 

« Il y a pire encore : des moines d’Égypte condamnèrent la vie sur une colonne comme inacceptable. Selon Évagre le Scholastique, ces Pères du désert envoyèrent une délégation  au stylite syrien avec, pour mission, de lui donner l’ordre de descendre de sa colonne. S’il refusait, cela serait pour eux la preuve que c’était un homme orgueilleux. Mais bien au contraire, Siméon obtempère aussitôt. Les moines égyptiens, édifiés par tant d’humilité, reconnaissent aussitôt l’origine divine de cet appel à vivre seul sur une colonne : « Sois fort et sois un homme : ta station vient de Dieu », s’exclament-ils tout édifiés (Histoire ecclésiastique, I, 13).

Une histoire semblable est rapportée par un autre historien du VIe siècle. Théodore le lecteur raconte que les moines égyptiens envoyèrent une lettre d’excommunication au stylite solitaire. Par la suite, cependant, ils furent informés sur la vie et les mérites de Siméon. Aussi reprirent-ils contact avec lui pour lui exprimer une fraternelle solidarité. Cet épisode d’une aussi violente confrontation entre les moines égyptiens et le stylite syrien n’apparaît pas dans les Vies de Siméon. Quel que soit le fond historique de cette anecdote, celle-ci traduit bien l’hostilité première de bon nombre de croyants, même ascètes, devant cette forme extrême de mortification. » p.89-90.

 

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Giambattista Marino, Adone / Adonis, texte établi par Marzio Pieri, introduit, traduit et annoté par Marie-France Tristan, introduction de Marc Fumaroli, Les Belles Lettres, coll. Bibliothèque italienne, broché, 720 pages, 85 €.

 

L'Adone (L'Adonis) de G.B. Marino, dit le Cavalier Marin (1523- 1625), a été publié à Paris en 1623. Il s'agit d'un long poème mythologique de près de 41 000 vers en décasyllabes répartis en vingt chants de longueur inégale. Il évoque les amours tragiques de Vénus et d'Adonis, jeune et bel éphèbe passionné de chasse, mais aussi jeune héritier du Royaume de Chypre.

 

« III, 16

Au pied de la colline Chloris a ses jardins ; la Déesse d’Amour revient souvent ici pour cueillir les senteurs humides de rosées, et faire des bains tièdes où tremper son pied blanc. Or voilà qu’arrivée par hasard en ces lieux, elle voit le Jeune homme  sur sa couche de fleurs. Mais tandis que vers lui se tourne son regard, Amour cruel, vers elle tourne son dard.

III, 17

Pour calmer cet esprit féroce et courroucé, Vénus sa tendre mère, elle qui le chérit à l’égal de ses yeux, en brandissant l’appât d’un petit globe en or et tout gonflé de vent, de loin l’appelle à soi. Le vagabond ailé, à peine aperçoit-il cette boule dorée, qu’il aspire à l’avoir, pour pouvoir avec elle, en quelque enceinte close, braver Mercure au jeu, et défier Ganymède.

III, 18

Il s’élance aussitôt ; formant un large cercle, agitant ses épaules, il erre et il ondoie. Il sillonne le ciel, et nage dans les airs, tantôt ouvre ses ailes, tantôt les resserre, les ploie et les déploie alternativement, parfois rasant le sol, parfois quittant la terre, désireux de gagner l’espace vide et pur des hautes régions. Enfin rapidement, là où se tient Cypris, il incline son vol, et dirige ses pas.

III, 19

Elle, alors, le rappelle, lui s’enfuit, puis revient, et folâtre autour d’elle en planant à distance. Ô âmes imprudentes, naïves et innocentes, qu’aucune d’entre vous ne se laisse abuser par ces doux artifices. De grâce, fuyez donc ses façons séductrices, ses charmes sont des pièges, et ses jeux des tourments, et toujours, quand il rit, naît un âpre supplice. Ô Dieu, quelle superbe, et quelle cruauté ! » p.98-99.

 

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Les favoris de Mélanie Mougin :

 

 

Strabon, Géographie. Tome XV: Livre XVII, 2e partie (L'Afrique, de l'Atlantique au golfe de Soloum), texte établi et traduit par Benoît Laudenbach, commentaires de Jehan Desanges, Les Belles Lettres, Collection des Universités de France, série grecque, broché, 336 pages, 45 €.

 

Le présent volume constitue le dernier tome de la Géographie de Strabon, dont l’édition est prévue en deux fascicules – le premier sera publié ultérieurement. Ce second fascicule contient donc le chapitre 3 du livre XVII qui vient conclure l’œuvre. Faisant suite aux pays du Nil (Égypte et Éthiopie, XVII 1-2), il s’agit d’une description de la Libye antique, troisième continent connu au Ier s. de notre ère, c’est-à-dire la côte d’Afrique du Nord de l’Atlantique au golfe de Soloum, avec une évocation de l’arrière-pays.

 

Extrait : « 21. Cyrène est une fondation d’habitants de Théra, une île laconienne, que l’on appelait aussi autrefois Kallistè comme l’affirme lui aussi Callimaque :

Kallistè, son nom de jadis, mais par la suite Théra, mère de ma patrie aux beaux chevaux.

Le port des Cyrénéens se trouve à l’opposé de la pointe occidentale de la Crète, Le Front de Bélier, à une distance par mer de <deux> mille stades ; la traversée de fait sous vent de sud-ouest. On raconte que Cyrène est une fondation de Battos – Callimaque prétend que c’est son propre ancêtre. Elle a prospéré grâce à la qualité de son sol : on y élève d’excellents chevaux et on y produit de beaux fruits ; elle a aussi engendré beaucoup d’hommes remarquables, capables de défendre remarquablement leur liberté et de tenir tête énergiquement aux barbares de l’arrière-pays. Autrefois cette ville était donc autonome, mais par la suite les Macédoniens qui s’étaient emparés de l’Égypte, ayant accru leur puissance, attaquèrent les Cyrénéens qui avaient à leur tête Thibron, le meurtrier d’Harpale. Soumis aux rois pendant un certain temps, ils passèrent au pouvoir des Romains et c’est à présent une province réunie à la Crète. Les villes dépendantes de Cyrène sont Apollonia, Barkè, Taukheira, Bérénice et toutes les localités avoisinantes. » p.29-30.

 

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Lucien d’Azay, Keats, Keepsake, Les Belles Lettres, broché, 224 pages, 23,50 €.

 

La mort du poète anglais John Keats en 1821 coïncide avec l’apparition d’un nouveau genre littéraire, le keepsake, qui fut à la mode pendant toute la période romantique. Keepsake vient de to keep (conserver) et [for the] sake [of someone] (pour l’amour de quelqu’un). L’un des charmes du keepsake tenait à sa composition : les caprices des sens et du goût présidaient à l’agencement de ses éléments, si bien qu’on pouvait l’ouvrir au hasard et le parcourir librement comme une encyclopédie.

 

Extrait : « Hypérion, dieu originaire du Soleil, est un dieu parmi d’autres, mais il est surtout pour Keats un personnage : l’occasion d’être un autre ou de déployer un aspect de sa personnalité. Ce proto-Apollon se prête à une métamorphose et à une réflexion sur la condition du poète. Après avoir écrit Endymion, extension lyrique de lui-même, Keats aspire à la dépossession de son propre « moi » ; le poète n’a pas d’identité, répète-t-il ; il s’identifie, par empathie ou sympathie, à d’autres êtres et les incarne à tour de rôle ; c’est un caméléon : il s’absente de lui-même pour devenir le monde. D’où le recours à la grande tradition apollinienne, épique, dramatique et cosmogonique, et à un classicisme objectif, pur et lisse comme la statuaire. Keats songe à un pendant païen du Paradis perdu de Milton : il fouille encore dans la malle mythologique et en tire cette fois un mythe fondateur, le combat des Titans – dieux primitifs, dont le panthéon régnait à l’origine sur l’univers – contre les jeunes dieux olympiens qui les renversent. « La nature d’Hypérion, écrit-il le 23 janvier 1818 à B. R. Haydon, m’amènera à le traiter dans un style plus dépouillé et plus grec – et le cheminement de la passion et de l’entreprise progresseront sans détour. » p 121.

 

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Xénophon et la rhétorique, sous la direction de Pierre Pontier, PUPS, broché, 378 pages, 24 €.

 

Abordant l'ensemble de la production de Xénophon (discours, œuvres historiques, traités équestres, etc.), cette étude analyse plus particulièrement les variations stylistiques et rhétoriques du corpus, ainsi que la réception de l'œuvre dans la Grèce pré-hellénistique et la Rome antique.

 

Extrait : « Par la variété des genres abordés et par son apparente facilité d’abord, l’œuvre de Xénophon a gagné une large postérité mais, par son caractère inclassable, elle a suscité une certaine perplexité de la part des professionnels de la rhétorique, quand bien même ils s’accordaient sur la douceur et la grâce de son style. Qu’il fut un classique particulièrement apprécié au cours du haut-Empire, cela est indéniable, mais quel enseignement pouvait-on retirer du point de vue pratique notamment pour les discours politiques, la question est plus délicate à traiter, comme le souligne Laurent Pernot. Exclu de l’éloquence de combat, Xénophon fut considéré comme un modèle dans le genre encomiastique, ainsi que, de façon plus isolée, comme un modèle d’orateur politique, par Dion de Pruse. On a aussi reconnu sa finesse et son art de la manipulation rhétorique dans le « discours figuré », derrière l’apparente simplicité du verbe. […] Principal représentant du « style simple » chez Pseudo-Aelius Aristide, Xénophon a gagné son surnom d’ « abeille attique » par la plaisir et le charme produits par sa prose. »

 

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Nouveautés de mai 2014 : galerie et choix des libraires
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